‹ Innocent XIChapitre 112 sur 430 · LE PAPE RENOUVELLE SES PLAINTES · texte numérisé non relu

LE PAPE RENOUVELLE SES PLAINTES

condamnés, on a eu une foule de désagréments et qu'en tout cas ce sera l'affaire de l'ambassadeur à Rome. Giustiniani m'a fait dire ensuite par l'abbé que, malgré qu'à la Consulta siègent Zeno, le chev. Micheli, frère de Nicolô et Soranzo, tous unis dans l'opposition, il espère pouvoir faire du bien, surtout durant sa semaine, et que le moment ne pouvait pas être meilleur, car ayant de mauvaises nouvelles de la Hongrie il faut penser à se défendre et on veut même enrôler 5000 hommes ; mais que tout doit se faire avec la participation de S. B., que l'on ne croit pas bien renseignée, tellement que l'on voudrait lui mander un secrétaire pour l'instruire des intentions du Turc et qu'elle sache que, sur tout le territoire ottoman, on travaille à rassembler l'armée que le gr. vizir compte faire passer en Croatie pour arrivera Gratz et à Goritz ; et qu'il y a nécessité d'agir aussi sur mer ».

Et le 17, Cybo lui répond :

Hà V. S. operato prudentemente in seguitare il consiglio del Sig'" Procuratore Grimani, e di cotesti altri Sig^^ bene intenzionati col render publica l'ottima dispositione di N. S^^ par la dichiarazione del nunzio, e par la provisione di qualche chiesa. Il che viene questa sera adempito com'ella vedrà nelle lettere in piano anco più amplamente di quello, che portava l'intenzion data ; in maniera che i buoni sapranno consolarsi in non veder punto defraudata " la fiducia, che hanno havuta nel paterno amore di S. S^^ verso la Rep^^^ q^ quelli che davano un maligno lume alla rettissima mente délia S^â Sua, resteranno confusi di veder cosi vergognosamente smentite le loro imposture. Né lascerà hora di pensar S. S^â anche alla provisione délie altre chiese per sodisfare pienamente aile parti délia sna carità. Hà goduto frà tanto sommamente in sentire l'applicatione del Senato à munirsi contro i vicini pericoli del Turco, ethà dimostrato un parti colar gradimento verso il zelo dimostrato dal Sig'" Andréa Valiero in ordine al cooperare allô stabilimento nella buona intelligenza del Senato con questa san a Sede.

Le 17, Jacobelli explique que, si en 1632, le Sénat cessa d'insister pour que les évêques vénitiens fussent présentés par les cardinaux nationaux, c'est parce qu'on n'obéissait pas aux ordres de veiller à ce que l'on eut à suivre ce système, qui du

reste n'a été appliqué qu'en 1601 (i). Et, le 24, il écrit, que l'annonce des provisions aux églises a été approuvée par tout le monde ; Sanudo a reçu des félicitations de tous côtés ; et pour la place de Primicerio de S* Marc, dont le choix appartient au Doge, on parle de l'abbé Priuli et de Badoero, neveu du card. Basadona.

Le 24, Jacobelli informe Cybo que dans la Consulta Zeno a fait une forte opposition touchant la réponse que l'on proposait d'envoyer à Ottoboni sur la nomination du nonce Cantelmi, avec des remercîments pour la préconisation des églises. Micheli et Zeno ont demandé que l'on fasse des reproches au cardinal, pour avoir supplié et accepté la désignation du nonce sans obtenir d'abord du pape la satisfaction aux prétentions de la République ; ils ont rappelé que dans la lettre du i^r mai on déclarait que l'on recevrait le nonce après avoir obtenu les satisfactions touchant l'abolition des bandi et le bref promis à ce sujet à Barbarigo. Le Savio Soranzo, à son tour, a dit qu'il était inutile d'insister à propos de ceux-ci, car il y a bien des précédents que d'autres bandi sont tombés d'eux-mêmes, mais que l'on devait insister pour le bref et écrire à Ottoboni, que le nonce ne sera pas reçu s'il n'est précédé du bref, autrement il y aura de l'opposition au Sénat. Mais les Savi Giustiniani et Andréa Valiero ont tenté d'écarter cet obstacle en disant que'd'après les lettres de» Barbarigo

(i) Le 3, il avait informé que des militaires de Souda s'étant révoltés parce que le proviseur Benzoni tardait à payer leur solde, le Sénat ordonna à Foscari de s'y rendre et d'instruire un procès contre le proviseur s'il le reconnaissait coupable. Et, le 10, il informe que l'on a reçu un rapport sur la situation dans lequel se trouve Vienne : que la Cour s'est enfuie ; que dans le fait d'armes de Pencel des régiments ont beaucoup souffert et que le prince de Savoie y a été blessé. Le 17, il écrit que le chevalier est mort des suites de ses blessures, mais le 27 il annonce que l'on dément la mort. Le môme jour, il informe qu'un courrier apporte la nouvelle que le gr. Vizir est déjà près de Vienne avec 120.000 soldats ; que dans la ville on a préparé la défense sous le commandement du baron Starcmbcr^avec22,ooo hommes.

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