LE SÉNAT ACCEPTE LE NONCE
on ne peut pas savoirs! c'est S. B. ou V. Em. qui a promis ce bret, et que Mgr Favoriti seul a traité cette affaire avec le cardinal Barbarigo. Ils ont ajouté que même le bruit courut que Favoriti avait promis de persuader le pape à envoyer le bref, si le Sénat se contentait du brouillon remis à Barbarigo, mais il a été impossible de convaincre Soranzo, de sorte que Giustiniani a fini par dire : nous nous disputerons au Sénat. Giustiniani et Valiero espèrent avoir le temps de décider le Sénat à nommer un ambassadeur ; Valiero se réserve de proposer dans sa semaine Zoilo, mais compte sur la réponse d'Ottoboni donnant l'assurance que ce prélat passera à une autre église. « On me dit que les Inquisiteurs d'Etat ont écrit à Rome pour avoir des informations sur la personne et les principes de Mgr Cantelmi, et aussi sur les personnes qu'il amène (i). Et, le même jour, il ajoute que dans la nuit il a reçu l'avis de la teneur de la lettre à Ottoboni. On charge S. Em. de remercier pour les excellentes nominations des évêques, et en des termes qui engagent presque le Sénat à recevoir le nonce, car la lettre porte l'agrément de la nomination de Mgr Cantelmi ; on a fait de cette façon pour tranquilliser Soranzo, qui ne voulait pas la mention, : destiné à notre République. Nicolo Cornaro a dit ensuite qu'il est nécessaire de correspondre aux grâces de S. S. par des marques de respect filial ; qu'il faut inaugurer une politique de bonne intelligence avec Rome, car si les Turcs sont battus il sera nécessaire de se liguer avec l'empereur ; que si au contraire les Turcs sont victorieux il faudra quand même recourir au pape. Cornaro se réserve d'en parler à propos de Zoilo. Le chev. Micheli a proposé de ne plus demander le bref, mais que dans les lettres de créance du nonce il y eut les expressions que l'on prétend avoir été promises à Barbarigo ; mais Giusti-
(i) Mais, le 31, Cybo écrit que dans l'attente des résolutions de ces messieurs S. S. agrée beaucoup les efforts des Savi Giustiniani et Andréa Valiero et d'autres bien intentionnés, afin qu'une décision meilleure triomphe au Sénat.
niani déclara ne vouloir rien ajouter dans les lettres, et les adversaires gardèrent le silence (i).
Le 7 août, Jacobelli annonce :
Questa sera deve proporsi la parte di aggregar nuovamente dodici famiglie alla nobiltà par far danari con conditione debbano pagare
effettivi -^ ducati, e -^ in crediti, e questa si crede passera, perché
nella Consulta non vi è stata oppositione, corne si è penetrato vi sia stata circa l'altra parte di creare altri dodici procuratori, alla quale si è opposto il Savio di Terra ferma Mozenigo (sic), con il discorso, che in questo modo si levano dal corpo délia nobiltà tutte le famiglie benestanti, e denarose, le quali potrebbero spendere nei regimenti, et ambasciate, et poco utile si ricava, mentre se seguirà, corne è verisimile, nelle famiglie di nobiltà vecchia, non pagarebbono che -^ ducati per qualsivoglia, à distintione délie case nuove, quali hanno pagato in tempo délia guerra -^. Si pensa anche di erigere un reddito vitalitio di tre per cento con la sopravivenza nel frutto, come quello eresse in Roma il Sig^ Card^ Azzolino per la S. Casa di Loreto, e mi si dice che il governo già habbia permesso à chi l'ha'raccordato di stampare la forma per publicarla, et invitarvi le persone, dovendo ascendere à ~ ducati.
È stato ancora raccordato alla Consulta dal Sig'" Pietro Valiero, che almeno si doverebbe stringere qualche coUegatione con li Croati, et altri confinanti somministrando alli medesimi danaro per tenerU in fede,
e si discorreva che si pensasse mandare à Croati -^ zecchini per
via del Générale di Dalmatia, ma da altra parte sento che nella Consulta sia affatto caduto questo proietto, come à caduta l'insinuatione fatta dal Sig^ Ambasciatore dell' Imp""^ al quale sono state date belle parole, come accennai, e meglio si degnerà vedere dalla risposta medesima che si fece al Sig*" Ambasciatore, quale mi honoro comunicarmi domenica, se bene questi SS*^' dicono che la risposta non è
(i) Le 7 août, Cybo répond qu'il serait convenable que ces messieurs accordassent l'installation de Zoilo, surtout maintenant que l'on a reconnu non fondées les exceptions : qu'il fût ressortissant de Crémone et exjésuite. Comme un examen précède les préconisations, cet examen ne peut se faire pour le seul Polcenigo, du moment que le P. Bianchi et l'archiprêtre des Schiavoni ont décliné leur nomination.