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LE ROI DE POLOGNE ECRIT AU DOGE

Mocenigo, Savio de terre-ferme ; le Savio Emo l'a bien rédargué. Un des Savi proposa l'envoi d'an secrétaire à Rome, mais Soranzo lui opposa de fortes raisons et la proposition fut exclue. Au dernier moment Giovanni Lando se présenta au tribunal et demanda la parole, qui lui fut octroyée ; il dit qu'en justice et conscience le Sénat devait donner une preuve de respect envers S. S. ; que, du moment que la proposition de l'envoi d'un secrétaire à Rome avait été écartée, on devait recevoir le nonce non seulement à cause du respect que le Sénat devait au Saint Siège, mais encore parce que le moment est venu de négocier, car l'on ne pouvait se fier que fort peu aux cardinaux nationaux, qui se laissent guider par leurs intérêts personnels plutôt que par ceux de l'Etat. Soranzo fit opposition sous le prétexte que Lando n'avait pas voix dans l'assemblée générale, mais Giustiniani déclara qu'il faisait sienne la proposition et celle-ci fut adoptée à la presque unanimité (i).

Le 4 septembre, Jacobelli annonce :

La BoUa del Giubileo publicata in questa citti ha dato motivo di gran devotione a tutto questo popolo ; mentre nel termine prescritto delli quindici giorni vi è stato concorso continuo di Processione, non solo di Religiosi, Schole pie, suffragii, che di tutte le parochie délia madesima città, quali oltre la speciosa pompa di torcie, e candelle [sic] si sono portate in numéro grande de nobili, e di tutte le altre genti con molta essemplarità, e devotione a visitare le tre chiese destinat3 da Mons. Patriarcha. In dette Procession! si sono veduti molti huomini, et moite donne a piedi nudi, e Batt'iti in buon numéro, si che ognuno è restato edificato di tanta pietà, ne in altri Giubilei mai

(i) Le 4 septembre, Cybo avertit qu'Ottoboni a participé à S. S. que le nonce sera reçu avec des marques de respect. Il lui semble étrange qu'il en fût autrement après avoir déjà accordé la nomination du nonce et la provision aux deux églises. Et, le 11, il ajoute que N. S. est content de la décision du Sénat ; et qu'il loue beaucoup la part prise par Lando et Giustiniani, pour persuader le Sénat. «Le pape veut que V.S. participe à l'un et à l'autre qu'ici on les a en haute estime pour leur action de justice et en même temps d'utilité pour leur patrie ».

più è stata veduta tanta frequenza di popolo con distintione di tanti atti di penitenza (i).

Le 27, Jacobelli informe que Pietro Valiero a parlé au Sénat durant une heure pour le décider à envoyer un ambassadeur extraordinaire à Rome, afin de négocier la ligue, s'appuyant sur le fait qu'il a été trouvé une lettre du Gr. Seigneur au gr. Vizir dans laquelle, à la suite de la défaite de l'armée, il l'engageait à occuper la Croatie et le Frioul. Et Valiero, touchant la question du Quartier, a dit que l'ambassadeur pourra s'engager envers S. S. de faire lui-même la police du Franco. Toutefois Morosini, le Savio de la semaine, objecta que l'envoi d'un ambassadeur était superflu, du moment que le nonce devait arriver sous peu ; qu'en tout cas il fallait bien réfléchir et attendre le cours des événements ; que l'on pourrait ensuite envoyer un ambassadeur extraordinaire à l'empereur et faire des démarches auprès du roi de Pologne (2).

(ij Le 20, il mande que dans le rapport au comte délia Torre sur la délivrance de Vienne, il est dit que les Polonais ont trouvé dans le logement du gr. Vizir deux millions, mais que les allemands ont eu bien peu, car ils avaient l'ordre de ne rien toucher sous peine de mort.

(2) Copia di lettera Scritta dal Re di Polonia al Doge di Venezia.

Serenissimo Principe, e fratello carissimo.

Son più che certo, che la Serenità Vostra essendo cosî zelante del bene del christianesimo sarà anco per godere dell'avviso, che le porgo, délia segnalatissima vittoria concessadal Signor Iddio con otto hore di continuo coiTibattimento, contro un essercito di i8o mila combattenti, essendomi riuscito nel medemo spatio di tempo liberare dall'Assedio Vienna, con infinité de' captivi, distrugger la maggior parte di quel barbari, rendermi padrone del Cannone, e délie piià principali bandiere con le proprie del Gran Signore, suoi cavalli, addobbi, et tende. In somma doppo una sanguinosissima battaglia di 8 hore continue con la fuga del Gran Visire, il resto deU'essercitQ restô in nostro potere e tutto il suo campo, che si estendeva piià di una legha da questo paese. Troppo havrei da significare, se volessi partecipare de successima, perché mi accingo a prosequire il resto dell'inimico fuggitivo, solo le confermo la mia dispositione alla Serenità Vostra per nuove prove délia mia fraterna corrispondenza ; gli anguro dal Signore Iddio le contentezze. Vienna 14 Settembre 1683.

Affmo fratello Gio. Re di Polonia,

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