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LANDO ENVOYE EN MISSION A ROME

Le 2 octobre, Cybo écrit :

Il Sig^ Cardinal Ottoboni fii hieri da N. S'"^ ne porto altro negotio che una lettera délia Republica di complimento per la liberatione di Vienna S. Stà parlo bensi délie cose di Ferrara con quel sentimento, che richiede un' insolenza, e temerità tale,etuna invasione cosi iniqua, et ingiusta, eseguita nel tempo istesso che Vienna si trovava nelle maggiori pressure, et agonizzante, in vece di somministrar aiuti per la liberatione di quella tanto importante piazza, come la Rep<^^ era tenuta di fare per più titoli ; et essendosi S. S^^ lasciato à bastanza intendere col Card'^, non occorre, ch'ella parli, ô faccia altro se non rappresentare seconde le occasioni, e con le forme accenate di sopra i giusti sentimenti délia S^à Sua.

Nostro Sig^^ hà somministrati all'Imp''^ et al Rè di Polonia (i) tutti gli aiuti possibili senza entrar in lega. L'istesso fecero i suoi predecessori nelle occorrenze, e guerra di Candia, et il medesimo farà S. S^^^ n^ll'avvenire quando si continovi dall'Impi'e, e Rè di Polonia la guerra col Turco.Potrà ella valersi di queste notitie, quando di nuovo le venga di questa materia.

Le 13 novembre, Jacobelli informe que de Constantinople on annonce (2) l'arrivée de Capello porteur de l'argent et que l'on a remboursé les marchands qui l'avaient prêté ; mais que le Bailo Donati voulant rentrer avec les navires qui avaient amené Capello, celui-ci a répondu de ne pouvoir l'accorder sans la permission de la Porte, promettant que dans quinze jours on aurait la réponse, mais 20 jours s'écoulèrent sans qu'elle vint ; il semblait même que l'on voulait attendre l'arrivée du nouveau Bailo. Donati est parti seul, car sa famille se trouve déjà ici au lazaret. Au départ des navires de Constantinople on préparait des fêtes, dans la persuasion que les

(i) Et le 9 octobre, il répond : on a écrit à Bonvisi pour qu'il engage l'empereur à permettre au Ban de la Croatie de prendre Canissa, mais on n'a pas grand espoir, car dans l'attente de la décision de la Cour, en cessera l'opportunité.

(2) Dès le 31 août, il avait annoncé l'arrivée de lettres publiques du secrétaire Sartorio informant que le Bailo Donati avait déposé les insignes et le costume de représentant et demandé de pouvoir partir.

Turcs s'empareraient de Vienne, mais au contraire, dans la soirée, arriva la nouvelle de leur déroute. Il règne une tristesse générale et on a défendu de parler de Vienne ; personne ne veut s'enrôler parmi les jannissaires (i). Le 20, il explique que l'on a été mécontent de la lettre d'Ottoboni, parce que le cardinal, rapportant la conversation qu'il a eue avec S. S., écrit que le pape s'est plaint du retard mis à l'installation de l'évêque de Crema et a ajouté : ces messieurs ne doivent pas compter que les évêques vénitiens doivent être préconisés uniquement par des cardinaux nationaux ; que si quelque Pontife a laissé faire de ces préconisations à ses neveux ou à des cardinaux protecteurs, ce fut par exception ; ce sont les cardinaux qui doivent les faire à tour de rôle. L'observation du pape a déplu à Valiero (2).

Le i^"" janvier 1684, Jacobelli annonce que dans le Pregadi de vendredi, Lando a fait demande de la licence pour venir à Rome ; il y arrivera par Florence, mais voyageant incognito pour ne pas perdre de temps (3).

(i) he 6, il avait annoncé l'arrivée de Mgr Cosmi de Spalatro ; voyant qu'il y a probabilité de convertir des Turcs qui se trouvent à la frontière, le prélat est venu pour s'entendre avec l'institut des cathécumènes J il espère recueillir des secours du public sans devoir en demander à l'Etat.

(2) Et, le 2 janvier 1684,11 ajoute que le gr. Vizir avait donné le passeport à Donati pour partir, mais ayant appris les mouvements des Morlacques, il aurait voulu que la République les désavouât.

(3) A la fin de l'année était arrivé un incident : des ressortissantS'vénétiens s'étaient fait justice eux-mêmes, saisissant à main armée du bétail de sujets du pape. Le 2 octobre, Jacobelli inFormc Cybo qu'il n'y a encore rien de positif au sujet de l'incident d'Ariano et du bétail saisi ; que le card. Delfino lui a écrit que le gouvernement le considère comme un acte privé et qu'il serait opportun qu'Ottoboni en écrive en termes énergiques au Sénat, afin que l'on ne s'endorme pas. Le 9, Cybo lui répond : « Il n'est pas nécessaire que V. S. parle de cet incident, car le pape s'en occupera avec Ottoboni. Le 20 novembre, Jacobelli écrit : « on dit que cet incident est aplani : les intéressés s'étant mis d'accord. Le magistrat délie acque s'est présenté au Collège et a annoncé l'arrivée d'un envoyé de Ferrare avec la proposition d'un arrangement,; il en a donné communication à S. Sérénité pour avoir des ordres, et le Sénat a répondu au magistrat de conclure et

GUvSTlNiANl NOUVEAU DOGE. 305

Le 15, il informe que le Doge Luigi Contarini est mort après douze ans de fonctions ; il fut un homme de vie exemplaire et tout au service de sa patrie. Le 22, il dit que la veille on lui a fait des funérailles à S. Giov. et Protasio, et que demain matin commenceront les réunions des Conseils pour en constituer un des 41 membres pour l'élection du Doge ; le 25, que la plus grande partie des suffrages y sont pour le chev. Giustiniani, frère de Mgr de Bergame et très-aimé du peuple. Et, le 29, il en annonce l'élection et que le jour suivant a eu lieu le couronnement ; hier à S^ Marc a été célébrée la messe solennelle. Ses parents l'ont déjà pressé ,de nommer, dans le cas de vacance, un de ses neveux Primicerio de S*^ Marc, tandis que ceux qui ont voté pour son élection recommandent l'abbé Sagredo, mais le nouveau Doge répondit que Badoero avait été nommé par son prédécesseur et qu'il n'avait aucune intention d'en nommer un autre. Le chev. Marcantonio Giustiniani est âgé de 67 ans (i).

Le 29 avril, Jacobelli écrit que durant le banquet donné par le Doge à la noblesse, arriva de Vienne le gentilhomme de Contarini avec la ratification de la Ligue ; on a bu à la santé de l'empereur et du roi de Pologne. Avant de la publier il y aura un service divin, d'accord avec le P. Marco d'Aviano

d'en référer. J'ignore quelles sont les conditions, écrit Jacobelli, je sais seulement qu2 le magistrat a expédié un courrier au cardinal légat pour qu'il ratifie le traité ; c'est un capucin, venu à Venise avec le consentement du cardinal de Ferrare qui a été l'intermédiaire ». Le 27, Cybo lui répond que l'on n'a aucune idée sur l'arrangement, et l'on se demande avec quel mandat a pu agir le capucin ; les personnes intéressées dans cette affaire ne pouvant rien conclure sans la permission de S. S, Le pape a parlé de cet incident à Ottoboni.

(i) Le 18 mars, il mande qu'on a nommé le Proveditore Fr. Morosini capitaine général, avec les mêmes attributions qu'il avait durant la guerre de Candie : c'est celui qui a le plus d'expérience et il est très-aimé des milices.

Innocent XI — III. -^ ao

avec communion générale ; toutefois on est discord sur la manière de proclamer la Ligue (i).Et,le même jour, il informe qu'on a été très-content du bref expédié par Lando touchant les subsides ; on dit que les revenus des évêchés et des abbayes peuvent produire jusqu'à 40,000 ducats ; en attendant, on demande des informations (2).

. Le 13 mai, il écrit que l'on s'occupe du départ de Morosini qui va à Varsovie ; en outre de 40 personnes en livrée de velours cramoisi et galons d'or, il y aura, pour l'accompagner, 16 pages gentilhommes vénitiens dont cinq du patriciat de Venise et les autres de terre-ferme (3).

(i) Le 22, il avait annojicé l'arrivée, avec une felouque de Spalatro, du comte S. Marsili, bolonais, qui s'étant rendu à Vienne au commencement de la guerre et envoyé comme ingénieur dans les fortifications, fut pris et emmené comme esclave par les Turcs. Durant 10 mois il endura toute sorte de sévices, fut vendu plusieurs fois et enfin put payer sa rançon moyennant yoozecchini.

(2) Le 13 février, Cybo lui répond : «parmi les plaintes qu'on a rapportées que N. S. aurait faites à Lando, on a oublié celle visant le transport du sel par le territoire de Mantoue et cela contre les dispositions du concordat ; si donc les réponses de Lando à ces plaintes ont satisfait le Sénat, elles n'ont pas eu le même accueil auprès du pape ». Le 8 avril, il annonce que N. S. pour aider l'expédition de la République, a ordonné à ses galères, conjointement aves celles de Malte et de Toscane, de s'unir aux galères vénitiennes. S. S. concède aussi à la République les revenus des évêchés et des abbayes vacantes du domaine vénitien, ainsi que les dîmes sur le clergé. « On transmettra à V. S. la bulle relative ». Mais, le 15, il ajoute qu'à la suite de la demande de l'envoyé vénitien N. S. a accordé, en place des dîmes, comme le fît Pie V, 100.000 écus d'or sur les revenus ecclésiastiques, par conséquent on retire la bulle. Le pape a permis aussi au marquis Tassari de lever des recrues dans l'Etat pontifical pour son régiment et il a fait la grâce au capitaine Pandolfini, que le card. Légat à Bologne avait mis en prison parce que sans permission il enrôlait du monde. Mais, le 22, il avertit qu'on a remis à Lando le bref pour les 100,000 écus. Reste également ferme la concession des levenus des sièges vacants.

(3) Et, le 20, il ajoute que le Sénat a voté 5000 ducats de bonne monnaie (qui font 6000 vénitiens) pour les cadeaux en Pologne : au roi un habillement de brocart d'or, saprarizzo, de la valeur de 1500 duc. ; deux de brocart de 2000 pour le prince, une robe de 500 avec dentelles, de la valeur de 1500

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