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INSISTANCE IMPERIALE POUR LA LIGUE

Le II, Lauri rend compte des démarches de l'envoyé de Mantoue, avec la réserve, toutefois, qu'il était impossible de connaître la vérité parmi tant d'intrigues ; mais que, cependant, la marche des troupes dans le Dauphiné était impossible en ce moment à cause des jalousies à propos de Casai, d'autant plus que du côté de la Flandre on est faible ; qu'il y a rupture entre l'Espagne et ses alliés, et que l'Allemagne est menacée par les Turcs (i). Et, le i^'" septembre, il informe que Louvois a demandé à l'ambassadeur de Savoie s'il était vrai qu'en Piémont les grandes pluies d'automne empêchent la cavalerie de marcher, et si le Pô occupe un lit très large et

moindre importance devront saluer. Ici on se montra content de la décision. Et, le même jour,il informe que dans un imprimé publié à Naples on a lu une instruction touchant le salut des navires : on y exclut la Hollande et Venise des prérogatives dites pour les têtes couronnées. Lundi on appela au Collège l'ambassadeur d'Espagne pour lui faire des plaintes, mais il répondit qu'il n'en avait pas de nouvelles et qu'il écrirait à Madrid pour qu'on ne fasse pas de nouveautés. Et il écrit aussi que la République continue à préparer ses troupes, mais veut rester neutre et restaurer ses forteresses, tout en refusant des ligues. On veut même mettre de côté un million pour toute éventualité.

(i) Mais, le 18, il avoue qu'on ne peut pas dire avec certitude pourquoi tant de troupes sont concentrées dans le Dauphiné ; toutefois on croit que c'est pour Casai, voulant d'abord entrer dans le Montferrat, demander Casai au duc et s'il le faut occuper la localité par la force. — Pourtant on dit aussi que d'abord on menacerait Gênes, car son port peut être bien utile à la France. Et, le 5 septembre, Airoldi écrit de Milan que, quoiqu'on ne sache rien touchant les troupes du Dauphiné, on craint l'occupation de Casai ; le résident de Mantoue a dit au gouverneur que les français servent toujours plus son duc pour avoir CasaJ, mais que S. A. se serait mise à la tête de 6000 soldats pour défendre cette ville ; « mais, ajoute Airoldi, je ne vois pas que le résident ait demandé de secours à Milan. S. Exe. doute de la foi du duc, et d'autre part jamais ce résident ne dit la vérité ni ne tient compte de ses dires, car en sortant de l'audience, dans l'antichambre il a déclaré : que si le duc n'est pas assisté par Venise ou l'Espagne, il devra céder à la force ; du reste rien ne ressort du procédé de l'abbé Maurel qui est auprès du duc ».

que par suite des pluies il charrie des arbres qui pourraient renverser les ponts faits pour le passage des troupes (i).

Le 20, Jacobelli annonce que l'ambassadeur impérial s'est rendu au Collège où il présenta un mémorial sur la nécessité pour les princes italiens de s'unir pour s'opposer aux français, et il demanda la délégation de deux sénateurs pour traiter avec lui. On lui répondit que la République n'a pas l'habitude de cette procédure et qu'il pouvait parler, tout en avouant que le Sénat avait fait des délégations pour d'autres ligues, mais après qu'il eût pris la décision d'en conclure. Le résident de Milan a averti aussi le Sénat que son gouvernement l'a chargé de parler de la nécessité d'une ligue. « Mais pour tout ce que je sais, à Venise on ne veut pas en entendre parler, craignant de se mettre mal avec la France ».

Le 27, il écrit : l'ambassadeur impérial a remis au card. Pio les copies des traités que S. Exe. a signés avec le duc de Mantoue, dans lesquels S. A. avait toujours promis de ne pas adhérer à quelque projet que ce soit touchant Casai, se disant même prête à le défendre avec l'épée ; de ces copies on peut voir que l'empereur n'a rien négligé pour engager le duc. Toutefois, craignant toujours l'insistance de la France, l'ambassadeur ordonna à son secrétaire de se rendre à Mantoue pour rappeler au duc ses engagements et, de là, de se rendre ensuite à Milan chez le gouverneur. S. A. l'a congédié aussitôt après l'avoir vu tout en lui disant qu'il ferait savoir directement à l'ambassadeur ses réponses. Mais le lendemain de cette visite le duc souscrivit la vente de la ville de Casai à la France, à la condition que le roi n'y tiendrait que 2000 soldats de garnison et qu'il devrait en faire la restitution si le duc avait une descendance ; que restent en vigueur les raisons de l'impératrice Eléonore et du duc de Lorraine sur Casai ; que

(i) Et, le 16, il avertit qu'on a ordonné d'augmenter de 6000 soldats la garnison de Pignerol car on est inquiet de la santé du duc de Mantoue et aussi des préparatifs de guerre qu'on fait à Milan.

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