‹ Innocent XIChapitre 129 sur 430 · DUC DE MANTOUE AVOUE VENTE CASAL · texte numérisé non relu

DUC DE MANTOUE AVOUE VENTE CASAL

le duc actuel reste maître de la ville et de la forteresse de Casai ; et enfin, qu'au cas de restitution, le roi n'aurait aucun droit d'être remboursé des améliorations faites. Hier est arrivé l'envoyé du duc de Mantoue ; il exposa à l'ambassadeur les motifs qui ont obligé son maître à souscrire au traité. Tout se réduit à la crainte d'une invasion des troupes françaises, tandis que celles impériales se trouvent loin ; et par conséquent,pour éviter un plus grand malheur, il a cédé la ville qui est un bien allodial de sa Maison. Cet envoyé se réservait d'en donner communication au Collège, mais l'ambassadeur le déconseilla, fit ressortir l'invraisemblance des prétextes en rappelant le contenu des lettres du duc, qui montrent comment ce prince a toujours agi avec hypocrisie.

Le i^^ octobre,Airoldi aussi écrit qu'à Milan on n'admet pas la vérité de ce que dit le duc. Et, le 4, Jacobelli informe que le matin est arrivé de Milan un avis aux ambassadeurs impérial et espagnol que, le dernier jour de septembre, 800 dragons français sont entrés dans Casai et que le jour suivant de l'infanterie devait aussi y arriver et on n'en sait pas davantage. « Ici on croit que S. A. ne recevra que 20,000 doubles et le comte Délia Torre est de cet avis, mais quelqu'un dit que S. A. a des cedole pour 100,000 doubles>^ (i). Et, le 25, il ajoute que le duc vint à Venise pour dire à l'ambassadeur impérial qu'il regrette d'avoir précipité sa résolution, mais qu'il y a été forcé et qu'à l'avenir il voulait suivre ses conseils, priant S. Ex. de ne pas l'abandonner.

(i) Le 17, Tanara informe Cybo qu'on dit que la guerre est imminente avec la France, quç le très-chrétien veut, le 4 novembre, entrer en possession d'Alost et des terres avoisinantes de Gand, si on ne lui offre pas un équivalent. De Madrid est arrivé l'ordre de ne pas céder Alost, cette ville étant considérée le centre des possessions et sa perte pourrait entraver tout le commerce ; toutefois ni les forteresses ni l'armée ne se trouvent dans un état qui permette d'espérer de vaincre en guerre. Depuis qu'Argentina s'est rendue à la France, les Hollandais sont plus difficiles pour s'unir à l'Espagne et défendre la Flandre, tandis qu'il ne manque pas de personnes qui, par désir de tranquillité, écoutent les offres de la France et refusent la ligue avec l'Angleterre.

Le 3 novembre, Lauri mande qu'à Paris le bruit circule que le pape a été très affligé de l'entrée des français à Casai ; et que, en conséquence, Rome s'arrange avec Venise (i). «J'ai donné un démenti... » On dit aussi que l'évêque d'Argentma, en recevant le roi à la porte de la cathédrale, lui donna le pastoral que S. M. lui rendit aussitôt ; quelqu'un prétend que cet usage est en vigueur en Allemagne comme reste des anciennes investitures. Et, le 24, il écrit encore :

Nel tempo, che il Rè era à Metz portatosi un giorno à veder gli esercitii de bombardieri, che tirarono molti colpi di bombe, e di carcasse, sento che il Maresciallo di Crequy dicesse à S. M^à che tali bombe operarebbono à maraviglia nella città di Genova (2), particolarmente per chè ha le strade strette, e che il Rè l'avvertisse con dire,non vedete che è qui vicino l'ambasciatore di Venetia ? (3)

Et le 8 décembre, Lauri ajoute :

Mi vien asserito, che il Sig'" Cardinal d'Estrees habbia scritto quà che qualche ministro Austriaco habbia proposto à N. Sig^^ di far una

(i) Le 26, Cybo lui répond : « c'est l'œuvre d'un désœuvré de dire que S. S. a donné des marques de regret pour ce qui est arrivé à Casai. » Et, le 20 décembre, il informe Bonvisi à Vienne, que le card. Pio a remis au pape une lettre de l'impératrice Eléonore, priant N. S. d'intervenir en faveur de ses intérêts à Mantoue et à Montferrat, mais S. S. a répondu à S. Em. avec des expressions de gratitude, plutôt que de se charger de ces demandes, en considération des temps et de la situation du Saint-Siège.

(2) Le 28, Lauri annonce que Croissy parlant de la déclamation de guerre contre les Algériens, a dit que ceux-ci sont poussés par l'argent et les intrigues des Génois... L'ambassadeur de Venise ayant complimenté le roi de l'acquisition de Casai et de la ville de Strasbourg, et ajouté que son collègue de France à Venise avait déclaré au Collège que ces conquêtes ne servaient qu'à consolider la paix en Europe, S. M, lui répondit, qu'ayant Casai, on empêche les ligues qu'on voudrait faire contre la France. Il y a, conclut Lauri, ceux qui croient que la guerre s'approche en Italie et particulièrement à Gênes, si les choses en Flandre et en Allemagne n'obligent pas à une diversion.

(3) Le 29, Jacobelli écrit qu'à Venise chaque jour on étudie quelque moyen de faire de l'argent pour enrôler du monde ; en outre des 200Q fantassins, on a proposé au Pregadi de créer un dépôt sur le sel au 4 0/0, mais le Doge s'y est opposé, disant que d'abord il faut s'assurer s'il y aura qui déboursera l'argent ; on a écrit à Gênes.

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