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INTRIGUES EN FAVEUR DU DUC DE SAVOIE. 34I

Le 30, Jacobelli écrit : on emploie tous les moyens pour empêcher le départ du duc de Savoie et on a engagé celui qui négocie ici pour Gênes à s'opposer et à écrirepour qu'on veuille s'unir, afin que par des négociations et même de l'argent s'il le faut le départ du duc soit empêché. On sait bien que le trèschrétien uni à la duchesse voudrait occuper Savoie par terre avec des soldats de la Savoie et par mer avec son escadre. Et, le 8 juin, Lauri écrit :

Questo Ambasciatore di Spagna, corne pure l'Inviato, che qui risiede di Portogallo, si sono adombrati délia voce, che corre, che le armi francesi sieno per entrare in Vercelli ; per la quai cosa l'uno, e l'altro di loro ne scrissero (sic) a i loro sovrani coU'ordinario, che parti hieri verso Spagna. L'Ambasciatore hà suggerito di piu di far passar caldi ojffitii in Portogallo per muovere quel principe régnante ad interessarsinelle cose, che riguardano la conservatione del Piemonte (i).

Le 15, il informe qu'Ottoboni a écrit qu'on a résolu que les marchandises arrivées de Venise et destinées en ville ou de passage pour Naples doivent entrer en douane ; et qu'on ne veut pas faire d'exceptions comme par le passé. Il paraît que cela a produit des amertumes auprès de ces messieurs, et qu'on veuille en donner quelque représaille (2).

(i) A la même date, Jacobelli écrit qu'on vient d'expédier à Casai 30.000 doubles, promettant qu'on y enverra jusqu'à 2 millions de lires, équivalant à 570.000 écus romains... on dit aussi que passeront en Italie 4000 suisses avec 5 bataillons d'infanterie française et on ajoute qu'on a traité avec Madame royale pour mettre garnison à Verceil. Et, le 20, il prévient que Foscarini a écrit au Collège que les Français entreront sous peu à Verceil d'accord avec la duchesse. A Paris on dit aussi que le roi suspend la réunion de l'Assemblée du cierge et que les questions avec Rome vont s'gjDlanir.

(2) Mais, le 27, il répond qu'il a averti tout le monde, qu'il n'y a rien de nouveau touchant la douane car on doit y porter tout paquet qui arrive de chaque côté pour la ville et pour Naples. Et il ajoute que de Paris l'ambassadeur a écrit qu'ayant parlé à son collègue du Portugal et au résident de Savoie du bruit que des troupes françaises entrent à Verceil, le résident a répondu de tout ignorer et que ce n'est que d'Estrades qui doit le savoir, et le Portugais trouva qu'il est bien inopportun qu'on cède des places du duc, et il en écrivit à sa Cour pour qu'on défende cela à la duchesse.

Le II juillet, Jacobelli annonce que M'" Berteuil, envoyé de France auprès du duc de Mantoue, après avoir reçu un courrier de Paris s'est rendu chez S. A. pour lui dire que son roi veut faire passer 12,000 soldats à la disposition du duc ; et celui-ci, le soir même, en fit donner avis aux portes du Collège pour l'assurer que cela n'était point contre lui, déclarant n'y avoir donné aucun motif ; mais tout cela augmente les soupçons de ces messieurs tant au sujet des intentions du trèschrétien que de la foi du duc, car on croit qu'il s'agit d'occuper Savone, y employant aussi les soldats qu'on dit être dans l'escadre du Portugal, et le roi aurait en récompense Verceil.

Le 30 août, Airoldi écrit que le marquis Parella qui demeure dans ses fiefs, près de l'Etat de Milan, a fait dire par un exprès de confiance au gouverneur, qu'il a abandonné la Cour de Turin par opposition au départ du duc pour le Portugal ; et que les princes du sang et le duc même sont de cet avis : qu'il tient à sa disposition sur la montagne 3000 hommes qui bougeront selon sa volonté ; que la duchesse lui a envoyé le comte Masini pour qu'il rentre à la Cour, mais qu'il lui a répondu qu'il ne peut pas concourir à l'extermination de sa patrie si le duc partait pour le Portugal. Le marquis voudrait faire quelque chose d'utile à l'Italie s'il avait quelque subside en argent et dit que le Piémont serait avec lui pour enlever le duc des mains de la duchesse. « Je ne vois ici, conclut-il, aucune disposition à prêter l'oreille au marquis ; on me dit qu'il s'adressera aussi à Gênes et à Venise sur la supposition que c'est l'intérêt de l'Italie que le duc ne parte pas » (i).

(i) Et, le même jour, il annonce l'arrivée d'un eertain Cassini, expédié par la population de Masserano pour avertir le gouverneur, que le prince est en train de vendre sa principauté à la France et afin qu'on prenne les mesures nécessaires pour empêcher cette vente ; « après avoir été chez IS. Exe. il vint me voir, d'autant plus qu'il y a une semaine on en a informé V. Em. Il paraît que le prince pour se soustraire à la condarpnation d'indemniser ses sujets, français de sentiments, ayant élevé son fils en France, vient de l'y renvoyer pour négocier le traité. Il me dit que le gouverneur a promis d'écrire à Del Carpio et il ajoute que ces. populations sont de bons

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