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LIGUE ENTRE CESAR ET LA POLOGNE

seconde, que Mgr de Chiovia est venu, chargé par le roi, l'informer que le duc de Radzivill (i) tient l'ordre par lettre, de se rendre à Vienne à son retour de Rome, et d'y négocier avec le marquis de Vitry, pour que le roi de France donne l'assurance à l'empereur de ne pas troubler l'empire au cas de la conclusion d'une ligue offensive de la Pologne avec César. En attendant, le résident impérial ici recevra la plénipotence pour traiter avec le gr. Conseil au sujet de la défensive. « Et ce ministre m'a dit qu'il envoyait un exprès à ce sujet à Prague où réside la Cour » (2).

Le 6, Cybo écrit à Martelli :

In buona opportunità V. S. l\\^^ farà col Rè, e con i personaggi più riguardevoli, cadere il discorso sopra i Moscoviti, e corne per facetia, ma per dare una séria ammonitione ricorderà ciô che dissero l'anno passato in Vienna à Mons^" Buonvisi gli ambasciatori Moscoviti in proposito dalla guerra di Polonia, cioè che cotesta natione hà forze bastanti per se medesima di opporsi alla potenza Turchesca e di vincere; ma

n'ait pas consenti à ce que son neveu l'électeur épouse la seconde fille du duc d'Orléans, croyant plus convenable le parti de l'archiduchesse fille de l'empereur, on redoute que l'influence de sa sœur décide l'électeur à épouser en août la française, aussitôt qu'il sortira de minorité. On est fâché aussi de ce que les français exigent par les armes les contributions des villes, des campagnes de la Brisgovie, et aussi des dix villes libres de l'Alsace. En présence de cette situation les ministres ne trouvent pas possible de s'unir contre les Turcs et, par conséquent, ils ne veulent pas de ligues offensives, tandis que la Pologne ne se contente pas de la défensive.

(i) Le duc de Radzivill se trouvait en Italie en route pour Rome, mais il avait été arrêté aux frontières, la République de Venise ne voulant pas lui accorder libre passage à cause de la peste. Et, à ce sujet, il y a eu des remontrances de la Pologne au pape. Entre autres, le 3, Martelli répondait à Cybo qu'il avait donné des explications à cet égard selon les instructions de S. Em.

(2) Le 6, Cybo lui écrivait : que quant aux subsides que le pape a décidé de donner à la Pologne, il s'en remet à ce qu'il a mandé au duc ; et il est superflu d'envoyer un courrier extraordinaire pour répéter le contenu de la lettre au duc.

che i Sig^^ Polacchi si danno troppo bel tempo, e spendono profusamente nelle loro private delitie (i).

Le lo, Martelli annonce que l'envoyé césarien a reçu la plénipotence pour la ligue défensive. Et, à la même date, il écrit qu'il n'a pas encore pu aller chez LL. MM. qui viennent de rentrer à Varsovie, « mais qu'ayant reçu les évéques membres du gr. Conseil, ils lui ont demandé quels subsides donnera le pape. Je leur ai répondu que N. S. avait donné l'ordre aux nonces de mettre ensemble le plus possible de sommes ; mais qu'avec celles-ci et les subsides directs du pape on ne pouvait espérer faire la guerre. Toutefois j'ai ajouté que l'on voit que Dieu veut aider la Pologne si elle montre la ferme volonté d'aller coi^tre les Turcs, et que César est prêt également à l'aider. On ne sait encore rien des idées des membres du gr. Conseil ». Et, le 24,il informe qu'il a eu l'audience et qu'il a dit à S. M. que, quoique le moment ne soit pas propice pour l'offensive, il se réjouissait que le résident césarien avait reçu les pouvoirs pour la défensive. « Le roi m'a répondu qu'il en reconnaissait la nécessité, mais que les sénateurs n'avaient pas une idée claire ni de la défensive ni de l'offensive, car ils disent qu'il est possible de conclure la première sans préjudice de la seconde (2). S. M. montra aussi un grand désir

(i) Et, le 7 février, le nonce lui répond que bien souvent il a répété ce que les Moscovites ont dit au sujet des grandes dépenses des Polonais en banquets et autres fêtes ; « et que même il en parla à S. M. à Javarowna, en se promenant dans le jardin, tout en plaisantant, selon le chiffre de V. Em. Et le roi, qui pour lui même est ami de la frugalité comme bien d'autres grands personnages, blâma ces habitudes dépensières en ces moments de besoins, et me répondit que ce sont des mœurs anciennes de la nation et qu'il n'est pas aisé de les corriger ».

(2) Le 24 février, Cybo approuve que, suivant les instructions de N. S. il ait insinué au roi de faire la ligue défensive avec César contre les Turcs. Et, le même jour, il écrit : x le pape a appris avec regret les déclarations du roi qui, tout en se disant disposé à conclure la ligue, s'empresse de mettre en relief les idées des sénateurs qui, peut-être, ne la veulent pas, justifiant leur opinion en ce qu'ils ne comprennent pas les conséquences qu'entraîne chacune des ligues trouvant mdifférente l'une ou l'autre. Or, la première,

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