‹ Innocent XIChapitre 138 sur 430 · LE PAPE CONSEILLE LA DEFENSIVE · texte numérisé non relu

LE PAPE CONSEILLE LA DEFENSIVE

nance de la ligue, en conseillant de l'accepter pour le moment. La reine m'a répété les mêmes choses que le roi ; et les ayant dites aussi à l'envoyé impérial, il répondit de n'avoir que des instructions pour la défensive ».

Le même jour, il informe que l'envoyé polonais, qui est allé en Angleterre demander des secours pour faire la guerre, aurait conclu, comme on suppose, un accord avec les hérétiques ; « l'ayant appris, écrit-il, j'en ai fait avertir les évêques, me trouvant souffrant, et tous le réprouvèrent ; aussitôt rétabli j'en ai parlé au roi, qui m'a répondu qu'il ne s'agissait que d'une conversation et non de traité ; toutefois, ne me fiant pas à la déclaration que l'on n'en ferait pas le sujet d'une discussion au gr. Conseil, j'ai rédigé une protestation, afin que mon silence ne fût pas interprêté comme un consentement ; mais le roi n'a pas voulu en permettre l'enregistrement dans les chancelleries, pour ne point amoindrir la renommée de son ablégat, et disant qu'il n'avait pris aucun accord. On croit que l'on avait promis un subside de guerre de 40.000 ungheri et, que l'on aurait encaissé la somme, sans cependant faire droit aux prétentions des hérétiques de voir amplifiés leurs privilèges déjà accordés par les rois ; toutefois je ne renonce pas à pousser les évêques à s'y opposer si l'on veut en parler en Conseil (i).

(i) Mais, le 2 mars, Cybo lui répond :

E detestabilissimo, s'è vero, il patto, che si presuppone fatto in Inghilterra dairinviato polacco,inpregiudizio énorme délia Religione Cattolica, e perô con biasimo immenso dell'auLore, e délia nazione. Ov' anche il fattto medesimo non fosse vero, per provocar li reclami, e i piià solenni protesti di V. S. lUmabastava senz'alcun dubbio la voce divulgatane, la quai non permetteva, ch'ella tacesse, à finche il suo silenzio non fosse interpretato sinistramente, e dannato anche da N. S^e Hà perciô udito volontieri S. B«, che V. S. IlHa col dovuto zelo habbia biasimata la predetta convenzione, di cui mi ha comunicato il tenore, e ciô mediante una publica protesta, pur mandatami in copia, e di cui dovrà restar eterna memoria in cotesta Cancellaria. Sua Santità perô si persuade, che havra poi ella insistito, perche assolutamente venga riprovata, a dal Rè, e dal gran Consiglio, come ogni ragione strettamente richiede ; E le augure da, etc. etc.

352 l'empire et la POLOGNE.

Le i^'" février, de Scheveschet, Bonvisi répond à Morsztyn, envoyé à Paris, que s'il ne va pas à Prague pourtant il a travaillé par lettre en faveur de la Pologne ; et en négociant par écrit, tout reste plus positif. Il a obtenu non seulement ce qu'a demandé Radzivill, l'envoi des pouvoirs au résident césarien en Pologne pour la ligue défensive, mais il a préparé aussi le terrain pour l'offensive. Sur les trois points traités : la sûreté de l'empire, l'union avec les Moscovites, et l'aide d'autres princes à la Pologne pour la rendre plus forte, les deux derniers paraissent déjà arrêtés, car les Moscovites entrent dans l'union mais sans donner d'argent et le roi et la République en sont contents, et quant aux aides, « V. Exe , écrit-il, connaît déjà que le pape a été le premier à donner l'exemple en envoyant 500 mille flor. à Radzivill par l'intermédiaire de l'internonce de Venise, et ce pour servir à une guerre offensive. N. S. ne pouvait pas être plus généreux; V. Em., durant son séjour à Rome, aura pu se convaincre de la mauvaise situation du Trésor pontifical. Il reste toutefois le premier point : rassurer l'empereur. V. Exe. me dit que le très-chrétien ne consentira à ne pas troubler le commerce avec le Levant que moyennant un avantage considérable pour la Pologne et d'en retirer de la gloire pour lui-même. En cela on relève la prudence de S. M., qui ne voulant pas exposer la Pologne amie, attend qu'elle soit aidée par des secours efficaces, et je suis sûr que S. M. fera des choses dignes de sa magnificence » (i).

Et, le 6, Cybo informe Lauri que l'Angleterre aussi a offe .le grosse somme à la Pologne pour guerroyer contre les Turcs ; quoique très lointaine elle a compris les malheurs qui pourraient arriver à l'Europe ; « V. S. doit faire réfléchir à cela le cardinal d'Estrées ».

(i) A la même date, Lauri mande à Cybo que l'ambassadeur polonais est venu le voir; qu'il lui a exprimé la reconnaissance de son roi et de la République pour le secours du pape ; qu'ayant sollicité le très-chrétien de lui dire positivement ce que S. M. fera, sur l'exemple de S. S., le roi lui répondit que jamais il ne conseillerait à la Pologne de déclarer la guerre

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