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ENCORE LA QUESTION DU CEREMONIAL

des graves préoccupations de l'empereur de se voir refuser les dîmes, accusant presque S. B. de ne pas vouloir l'assister, de sorte que l'on sera obligé de s'accorder avec la France. « Je lui ai répondu : qu'il se trompait, que ce furent les Espagnols qui refusèrent l'exaction des dîmes. Mais Monseigneur répliqua qu'il n'entendait pas parler du passé mais du présent, car si on n'aide pas l'empereur tout va péricliter ».

Le 4 octobre, Bonvisi répond : V. Em. dit bien que le différend avec Neubourg aurait changé d'aspect s'il disait la vérité ; mais les mensonges ont les jambes courtes et du reste le maréchal de la Cour, sur mon invitation, écrit tout le contraire « et j'envoie à V. Em. les lettres précédentes ; je crois que S.A. serait bien mortifiée si elle savait que sa parole inspire moins de confiance que la mienne, qui suis né pauvre gentilhomme mais qui ai toujours été véridique et honoré. V. Em. juge bien en m'ordonnant de ne plus m'occuper de cette affaire » (i).

Le 17, Cybo lui envoie la circulaire suivante aux nonces :

Ancorchè non si trovi escmpio he siano statc inviate le fascie per il primogenito del Delfino di Francia, ô d'altro Principe dcstinato à regnar doppo il padre, tra quel monarchi, che sono in possesso di questo honore, e che diverse ragioni di momento in ordine al ceremoniale dissuadessero questa missione ; Contuttociô la S^à di N. S. hà voluto, che prevaglia ad

(i) Le même jour, il mande qu'à présent, il fera voirie bref contenant la désapprobation de S. S. et sa défense de faire des visites à la reine, dans le cas oii elle ne promettrait pas un traitement convenable. « Je doute qu'on change, écrit-il, car on est tenace dans les engagements pris ». Et le 11, il ajoute : « j'ai fait voir à l'impératrice Eléonore le bref dans l'espoir qu'elle aurait conseillé à sa fille de faire acte de réparation avant son départ ; mais S. M. dit que les archiduchesses avaient toujours eu ce système et qu'elles prétendaient invoquer des précédents. J'ai répondu que cela n'était pas exact et que l'archiduchesse Anna m'invitait à m'asseoir, faisant de même pour l'ambassadeur d'Espagne bien qu'elle n'usât pas de ce cérémonial visà-vis de sa sœur l'archiduchesse Marie Annai Je crois que pour le moment je ne ferai plus de visites ».

ogn' altro rispetto, la brama che porta di fare ogni dimostrazione possibile di onore e di stima verso la real Casa in persona di S. M. Xmà, dove se ne présenta l'occasione, e dove giudica di poterlo fare senza carico délia coscienza. Hà perô fatto significare al Sr ambasciator di Francia, et al S^ Cardinale d'Estrees d'esscr pronta ad inviar cola Nunzio straordinario con le fasce ; giachè per parte di S. M. è stata data intentione, che quella Nunziatura verra reintegrata nelle sue antiche, e giuste prérogative, che per lo passato alcuno ha tentato di dimimire, di che ho voluto dar conto ail' E. V. per sua notitia.

Le 24, Cybo répond qu'à la suite de la déclaration du maréchal, N. S. s'est persuadé que toutes les raisons étaient en faveur de V. Em. dans les différends avec Neubourg. On n'a pas voulu répondre pour ne pas augmenter les amertumes ; et V. Em. pourra faire de même. Elle a très-bien fait de remettre le bref à la reine (i). Le 12 décembre, il lui écrit, approuvant l'idée de faire visite à l'archiduchesse Maria- Antonia lorsqu'elle se trouve avec le petit archiduc, car comme celui-ci passe avant sa sœur et que, pour son âge tendre, il n'y a pas de cérémonial, ainsi toute question cesse ; « du reste V. Em. pourra mieux juger étant sur les lieux. »

La situation politique en Europe devenait toujours plus orageuse, surtout celle de l'empire, dont l'existence était menacée. Dans les négociations d'ordre général, on comprend mieux la nature des rapports existant entre le pape et l'empereur, et apparaissent l'habileté diplomatique et l'activité du cardinal Bonvisi (2).

(i) Et, le 15 novembre, Bonvisi lui avoue que s'il n'avait pas les déclarations du maréchal de la Cour, il serait exposé à bien des calomnies, d'autant plus qu'à présent ne voyant plus la reine, duchesse de Lorraine, il rencontrera les ires de l'impératrice Eléonore, comme les a encourues l'ambassadeur d'Espagne.

(2) Voir les chapitres IX et suivants.

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