‹ Innocent XIChapitre 145 sur 430 · INCIDENT DE CÉRÉMONIAL · texte numérisé non relu

INCIDENT DE CÉRÉMONIAL

places à la table royale, car la reine voulait donner la prééminence à son père, le marquis d'Arquien, et à ses sœurs, la duchesse de Radzivill l'ayant sur moi et sur l'ambassadeur de France. « J'ai protesté, tout en l'admettant pour la duchesse, sœur du roi, selon les instructions de V. Em. et de N. S., qui lui reconnut le titre d'Altesse lorsqu'elle vint à Rome ; en conséquence, moi et l'ambassadeur nous nous sommes abstenus de prendre part aux banquets. S. Exe. a l'ordre de se régler d'après moi. »

Le 10, Bonvisi assure Cybo qu'il ne laisse aucune occasion de faciliter la ligue défensive avec la Pologne, « Mais V. Em. aura compris, tant de la part de Martelli que de l'évêque de Kiovia, que l'empêchement vient de plusieurs sénateurs ; que ce roi, malgré sa bonne volonté, a été obligé de dire qu'il ne peut pas imposer sa volonté à la République. Il admet bien l'utilité de la ligue, mais la nation est tellement jalouse de ses propres droits, qu'elle ne veut pas reconnaître au roi une autorité plus étendue. Je crains bien qu'ici, ayant éprouvé une désillusion, l'on ne veuille toujours pas traiter avec la Pologne, et que les pouvoirs de ses envoyés n'aient point de valeur, ainsi qu'il est arrivé pour le duc de Radzivill ; s'il revient à Vienne quelle confiance pourra-t-il inspirer ? L'évêque de Kiovia a déclaré que le gr. Chancelier du royaume refusera de

de fêtes les jours défendus ; que Mgr de Kiovia niait même qu'il y eût des exemples ; mais que sur les instances de l'évêque de Posnanie et pour ne pas le fâcher, S. M. avait fini pardonner son adhésion bien qu'elle s'ennuie beaucoup aux banquets... « J'ai dit, en cette audience, au roi que, comme les envoyés moscovites approchaient de Varsovie, il fallait faire dire des prières afin que Dieu inspirât de bons conseils, et S. M, me répondit qu'il en parlerait aux évêques ; et il est bien nécessaire de recourir à Dieu au milieu de tant d'opinions différentes». Le 6 avril, Cybo loue les résolutions du nonce touchant le cérémonial à l'occasion du mariage de Gembicki et en d'autres occasions à propos des places à la table royale. Et, le 13, il lui fait part de l'approbation du pape de n'avoir pas participé au banquet nuptial le premier jour du carême ; et à présent qu'il a reçu des renseignements plus détaillés, il le loue d'avoir tenu haut le décor et le prestige de sa représentance.

366 l'empire et la Pologne.

mettre sa signature et le grand sceau sur la plénipotence ; on y mettra le petit sceau avec la signature du vice-Chancelier ; celui-ci est bien le beau-frère du roi, mais le gr. Chancelier, dans son refus, a l'approbation de beaucoup de monde. Par conséquent, ici, peut-être refusera-t-on de s'obliger à une ligue qui n'aura pas d'effet, mais serait une déclaration désobligeante envers les Turcs ; et pour ces considérations ils décidèrent de faire négocier la ligue directement en Pologne par le résident césarien ; et si je donnais d'autres conseils on pourrait m'accuser d'y mettre trop de passion. »

Le 13, Martelli envoie à Cybo trois lettres: dans la première il annonce que le père de la reine n'a pu obtenir du très-chrétien d'autre charge que celle de capitaine de la Garde du duc d'Orléans ; la nomination comme duc et pair de France lui a été refusée, de manière qu'il ne serait pas possible d'obtenir ici la préséance sur les ambassadeurs... Il transmet aussi la copie d'une lettre de la reine au cardinal Vidoni, protecteur de la Pologne, afin qu'il appuie ses instances auprès de N. S. en faveur du marquis d'Arquien (i).

(i) Copia literarum Ser^ae Reginae Poloniae. Dat. Varsaviae die 8 Martii 1680 ad D. Cardinalem Vidonum.

Maria Casimira Dei gratia Regina Poloniae, Magna Dux Lithuaniae, Russiae, Prussiae, Masoviae, Samogitiae, Livoniae, Kyioviae, Volhijniae, Podoliae, Podlachiae, Smolensciae, Seneriae, Czernichoviaeque. Illi"o et Reyn^o Dno Petro Sac. Rom. Ecclesiae Cardinali Vidono Regni nostri Protectori salutem, et omnis felicitatis incrementum.

lUme et Revme Imposait patrius hanc legem amor lUmo Marchioni d'Arquien, genitori nostro charissimo, ut reiicta patria, quâ humanis rébus nullum dulcius nomen, inRegnum nostrum transiret, in quod omnia vitae illius solatia, in nobis liberis suis, sors non iniqua transcripsit. Quem adeo insignem affectum aemula pietas nostra, cum omnibus officiis percolere in voto habeat, tum potissimum in id incumbit, ne honoris in Regno hoc, cui Reginam progenuit, unquam indigeat. Et quidem non alicui curae nostrae, sed soli amori, in nos, ac reverentiae datum id certatim, ut omne^ ante procerum Regni curules honori eius designaretur statio. Filium quoque nostrum, cui secundusa Maiestatibus nostris semper debetur locus, summovere plaçait ne quidquam prius sancta parentis suspiceremus facie, utque viciniorem nobis habere, illiusque propiore adspectu frui liceret. Obest pio huic voto

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