MASCARADE DU MARQUIS DE BÉTHUNES
Dans la seconde il écrit : S. M. se montre disposée à l'union avec les Moscovites, désirant toutefois que l'empereur entrât dans la ligue, ayant la conviction que la paix ne sera pas troublée, malgré les avis qui arrivent ici sur les probabilités de la guerre à propos de Casai ; « j'ai mis en évidence en parlant au roi les peines de N. S. pour arranger ces ligues ; mais qu'ici on manque de résolution et que l'on veut gagner du temps » (i).
nostro lUn^us Sedis Apostolicae Nuntius, praeiudiciosum id suae authoritati ducens sed non crudo inusitatoque exemple id agere voluimus, volumusque Ill'na Ducissa Radzivilia soror germana Serenissimr coniugis nostri, indulgentia paterna Sanctissimi obtinuit, ut loco praefato lUmum Nuncium anteiret. Quod itaque dispendium Illmi Nuntii subitura authoritas, dum avus nepotis sui locum occupabit. Idemque parens noster, oui, ipso nostri intuitu, et legis naturalis favore locus id debetur, omnes antecedat non aegre itaque sanctissimum crediderimus huic assensurum, si Illustritas vestra eidem nostro nomine supplicare dignabitur ; cuius erga nos benevolentissimi alïectus tôt argumenta id certo eventurum spondet. Qua in re Illmus Dux Radivilius legatus Regni nostri extraordmarius conferet cum Illustritate vestra. Quidquid vero boni affectus hoc in passu praestiterit nobis, gratitudine nostra regia rependere non intermittemus. Optime intérim lUustritatem vestram valere cupimus, et felicitatis omnis exoptamus incrementum.
(i) Et il ajoute aussi qu'au banquet nuptial du premier dimanche de carême à la Cour, a paru une mascarade de l'ambassadeur de France avec des cavaliers amis polonais. On a dit que S. Exe. et d'autres étaient costumés avec des robes rouges à larges manches et des barrettes comme celles des cardinaux. On a dit que c'était le costume officiel des conseillers du Parlement en France, mais à Varsovie beaucoup ont cru que l'on a voulu se costumer en cardinal. « Il m'a paru convenable de ne pas en parler, s'agissant de l'ambassadeur de France et ne pouvant en prévoir les conséquences ». Mais, le 13 avril, Cybo l'avertissait qu'à Rome on parlait de cette mascarade comme d'une dérision de l'Ordre cardinalice. « Si cela avait eu lieu, écrit-il, en Angleterre, en Hollande ou dans un autre pays hérétique on le croirait, mais non en Pologne avec un roi catholique si pieux. V. S. aurait dû en informer. S. S. m'a ordonné d'en écrire à V. S. et que, si le fait est vrai, de dire au roi que le pape l'a bien regretté ». Et dans une autre lettre Cybo ajoute : « J'ai écrit en chiffre sur le silence de V. S. touchant la mascarade afin de ne pas l'exposer à la haine qui pourrait re-
368 l'empire et la Pologne.
Et, dans la troisième, il informe que le résident césarien l'a averti que l'ambassadeur de France a envoyé l'abbé de Reveran, son gentilhomme, en Transylvanie pour obtenir que le prince aide les rebelles hongrois à faire une diversion au cas d'une guerre entre l'empereur et la France ; qu'un autre ministre est parti pour la Suède, chargé d'une mission analogue auprès de ce roi. On craint aussi que Reveran ait agi pour que le Transylvain conseille aux Turcs- de ne pas troubler la Pologne. On fait courir le bruit de la conclusion d'une ligue entre l'empereur et le pape pour la défense de l'Italie contre la France, et de cette nouvelle se prévalent les adversaires de la ligue avec la Pologne. Un sénateur aurait dit au roi, parlant des ligues et aussi de celle avec les Moscovites, qu'il. faut agir loyalement (i).
Le i6, Cybo écrit à Martelli : « si les délibérations de la Cour, sur la manière de traiter avec le résident césarien la ligue défensive, et, avec les Moscovites, l'union des armes, sont conformes à celles du gr.- Conseil, on pourra dire que tout est l'effet de l'intervention divine, à l'avantage commun
tomber sur elle ». Et, le 29 mai, Martelli lui répond : qu'aux remontrances qu'il a faites au roi à ce sujet, S. M. se montra indignée contre ceux qui ont écrit de telles faussetés à Rome, car seul l'ambassadeur avec deux amis de même taille, afin de n'être pas reconnu, portaient le costume des Conseillers du Parlement, mais les autres de la mascarade avaient d'autres costumes et l'on n'a pas eu l'idée d'offenser les cardinaux! « Toutefois j'ai répondu qu'à Varsovie on en parlait. »
(i) Le 31, Bonvisi écrit à Martelli : « on doit bien louer le sénateur qui a persuadé ses collègues et le roi de Pologne de négocier avec bonne foi ; les temps sont passés où avec l'astuce on trompait les princes ; même à présent les défiances sont tellement fortes qu'on ne réussit pas à faire croire ce qui est vrai. L'empereur et les Moscovites ont à leur disposition bien des forces, mais la Pologne, qui a besoin de tout le monde, si elle n'agit pas avec sincérité sera abandonnée de tous. Ici on connaît très-bien .ses envois par le Transylvain aux rebelles et, par le même intern:)édiaire, ses rapports avec les Turcs. Si on ne détruit pas les méfiances, le roi peut bien dire qu'il est étranger à tout, mais on sait le rôle qu'il joue dans les intrigues, car la Pologne est le chemin par où tout passe.