LE PAPE INSISTE POUR LA LIGUE. 37I
Gran Ducato. Per la parte de' Moscoviti sono stati nominati et hanno accettato d'esser mediatori l'Imp^'e, il Rè di Danimarca, et l'Elettore di Brandemburgo. Per quella di Polonia si nominano, et hanno pure accettato l'Imp^^, il Rè di Francia, et il Rè di Svezia. Sono anche stati invitati il Rè d'Inghilterra, e li Stati d'Ollanda, ma questi due non si sono ancora dichiarati d'accettar la mediazione. Gl'altri manderanno i loro ministri in Andrusoio con carattere d'ambasciatori.Non si sa pero ancora che la qualità di persone manderanno ; solo il Rè di Svezia hà dichiarato che darà questo carico al suo résidente, che tiene in Moscovia. Tanto m'hà detto il Sig'" Gran Cancelliere di Lituania, et io lo referisco reverentemente à V. E. à finche tutto sia noto alla S^^ di Nostro Sig'"^ Mentre ail' E. V. etc. etc.
Le 23, Cybo, à propos de l'affaire Piccinardi, répond à Martelli : que du moment qu'on a découvert l'origine des différends entre l'empereur et le roi, il est facile de dissiper les ombres et de conclure la ligue. Le point est de constater si ce qu'a écrit Piccinardi sur le manque de bonnes intentions de la Pologne a été une invention. « Mais la lenteur avec laquelle agit la Pologne, malgré la situation et le concours des Moscovites, fait craindre qu'on veuille plutôt paraître qu'agir ». Et à la même date, (i) il lui mande :
Assai strana, ed inaspettata è quà giunta à N. S'"^ la risoluzione presasi costi di rimettere al Sig^ Duca Radzvil la trattazione délia Lega con Cesare, per quando il medesimo Sig"^ Duca fà ritorno à quella Corte, non sapendosi veder per quai ragione il Rè dopo haverne fatte premutissime istanze à Cesare, il quale hà prontamente corrisposto alla M"^-^ Sua, mandandone ampla plenipotenza in persona del suo résidente à cotesta Corte, se ne tolga à questo il comodo se non fosse ad oggetto di procrastinarne fino ad altra campagna la conclusione. Quanto pernicioso al bene, ed alla sicurezza del regno sia per riuscire questo ritardamento, potra ella da se stessa ben congetturarlo, senza che io le ne faccia altre dichiarazioni, dolendo anche alla S^^ Sua non poco, benche délie rette intenzioni del Rè sia pienamente persuasa S. B^,che nell' animo di quel, i quali dice S. M^à, che sinistramente interp:etano le operazioni sue,possa rimaner per gli effetti autenticata l'opinion, che ns han formata e dal Sig'" Iddio auguro etc. (i).
(i) Et, le même jour, il ajoute :
I mesi passât! fù scritto aile Corti di Vienna, di Francia, di Spagna e di
Le 27, Martelli se justifie auprès de Cybo à propos des termes dont il s'est servi en parlant à S. M., carie roi, dans sa perspicacité, est le premier à connaître les causes et les intérêts de ceux qui s'opposent à l'accord de la Pologne avec
Portogallo, corne à quelle che tengono, ô soglion tener quà ambasciatore, che N. Sï'e non voleva ammetter nell' avvenire alcun, che venisse di nuovo à questa Corte con tal carattere, se non deponesse anticipatamente al suo ingresso ogni pretensione di quartiere.
Il Ministro Apco résidente in Venetia con occasione di trattar col Sigi" Duca Radzvil, entrô opportunamente corne da se i giorni passati in questo particolare, et avverti il Sigr Duca in forma di amichevol ricordo, che desse sopra di ciô gli ordini necessarii alla sua famiglia, acciocchè in vece di portare à S. Stà niateria di consolatione com'era l'intento suo, e del suo Rè, non la portasse d'amarezza, essendo i quartieri un'occasione continova di disgusti trà S. S^^ e gli ambasciatori per l'incomniodo, e lo sconcerto, che portano al governo di Roma, et all'amministratione délia giustitia, onde erano da ogni huomo savio, e discrcto sommamente detestati. E sortô il Sigr Du-:^a à farsi honore in questa opportunità, toccando à lui d'essere il primo à dare il buon esempio, col quale anche potrà molto obligar S. S^-î già che egli non puô havere in contrario alcuno di quel rispetti (che pur son frivoli, e di niun momento) che forse haverebbono i nuovi ambasciatori degli altri Rè, atteso il lungo possesso, nel quai si trovano i presenti dell' abuso de' quartieri : e per venire egli à Roma con titolo d'ambasciatore straordinario per farvi brève dimora, e con fine di rendere ubbidienza à S. Stà in nome dcl Rè, e del regno, e di recarie argomenti di sodisfatione, cd atti di rispetto per obligarla tanto più ad assistere colla sua paterna generosità aile ocorrenze délia Polonia tanto urgenti.
Potere il Sigr Duca darsi per non inteso délia dichiaratione già fatta aile suddette Corti ; poiche in Polonia non si era trasmessa tal notitia per non esser qui da mezo secolo in quà ambasciatore Polacco ; onde potea come per impulso di propria generosità, e per desiderio d'incontrar le sodisfationi délia Sti Sua, di moto proprio, e non perche fosse informato di detta dichiaratione farsi intendere quanto prima ch'egli non voleva in patto alcuno pratticar l'abuso de quartieri per tutto il tempo che si tratterrebbe in Roma.
Parve al Sig^ Duca ragionevole la proposta è mostrô d'inclinarvi : ma disse di voîerne prima havere il placet dal suo Rè. Per tanto hô giudicato cspedientc d'informar V. S. lU"'' * di quanto passa, accioche stia costî attenta, e dandoselc apertura possa consigliar le medesime cosc, e levare ogni scrupolo. E quando vedesse stare il Rè dubbioso avvertir S. Mt^ che N. S^e è risolutis^imo di eseguire la dichiaratione già fatta, che perô tornerebbe conto al Sigr Duca di non portarsi quà, quando venisse con pensieri divers! etc.
l'empereur ; « du reste, écrit-il, dans cette audience j'ai fait ressortir combien il était pernicieux d'avoir plus de confiance dans les Turcs plutôt que dans l'empereur. Et V. Em. aura lu que le roi avoue la nécessité de la guerre et de l'union avec les Moscovites, et comme au contraire on n'a pu conclure même la ligue défensive proposée par lui, il a fini par dire que ce n'est pas en son pouvoir de faire ce qu'il estime le meilleur et le plus utile pour la République, lorsqu'il y a de l'opposition. Ici, on rencontre toujours les mêmes difficultés dans les négociations ; elles sont la conséquence de la forme du gouvernement, où chacun peut empêcher une délibération, quelle qu'elle soit ; il y a en outre des difficultés qui dérivent des intérêts de puissances étrangères, qui jouent ici un grand rôle. La paix de Nimègue, source de tant de jalousies, et les ambitions déçues existant toujours, finit par empêcher les ligues et les bonnes résolutions contre l'ennemi commun, tout autant qu'une guerre vive. J'ai toujours soutenu que les obstacles à la conclusion de la ligue défensive seraient même plus forts pour la ligue avec les Moscovites. Dieu veuille que je n'aie pas été prophète, car d'après ce que j'ai pu comprendre ici on n'est pas content que les Moscovites se soient acheminés vers la Pologne, car tandis qu'eux veulent la conclusion d'un accord, les Polonais tâchent de le retarder et de gagner du temps. Ainsi, à Varsovie, on a résolu d'envoyer un ambassadeur à Moscou, et cette mission sera superflue (i) du moment que le grand duc a fait savoir que ses plénipotentiaires sont munis de tous les pouvoirs nécessaires. On tient fréquemment des Conseils ; on m'a dit qu'on veut demander aux Moscovites un subside pécuniaire, mais que le roi s'y est opposé parce que déjà le gr. Conseil en avait écarté l'idée. Nous verrons ce qu'on décidera, car cette
(i) Et, à ce sujet, Cybo, le 4 mai, écrit à Martelli qu'il trouve étrange l'idée de S. M. d'envoyer une nouvelle plénipotence à son ambassadeur en Moscovie en outre de celle qu'il tient déjà, du moment que les Moscovites viennent à Varsovie pour la ratification de ce qu'on a conclu ; « cela n'est pas compris des amis du bien et de la sûreté du royaume ; il faut mettre fin à toute longueur et décider la guerre ».
374 l'empire et la Pologne.
année la Pologne ne peut pas bouger et il faut voir si les Moscovites voudront attendre à l'année prochaine, ou si plutôt ils ne feront pas la paix avec les Turcs. La façon dont on procède ici laisse toujours douter de la sincérité, car le roi a toujours l'excuse que le Conseil ne veut pas ; toutefois les choses sont à un tel point que difficilement la Pologne peut se dérober. N. S. a déjà dit le chiffre des subsides qu'il donnera ; les Moscovites sont prêts à s'unir aux Polonais ; l'empereur était disposé à la ligue défensive et même le roi avait des assurances de la neutralité de la France ; par conséquent les Polonais pourront voir qu'ils n'auront dû leur perte qu'à eux-mêmes ».
Le 30, Cybo écrit à Martelli :
Pare, che il Rè non habbia mancato al suo debito m procurât l'unione coll' Imp'"^, e la rottura col Turco. Et hanno V. S. lll"^^ par cotesta parte, e Mons'" Buonvisi per l'altra operato tanto al medesimo fine, che ogn' altra diligenza puo giudicarsi soverchia, e riuscir forse molesta, se non sospetta. Onde è ben necessario di tener viva la pratica, ma par conveniente di caminar con mo!ta cautela (i).
Le 3 avril, Martelli (2) répond à Bonvisi : qu'il apprécie les motifs qui le conseillent à surseoir aux démarches à faire pour
(i)' Et, le même jour, il ajoute : je vois d'après la copie de la lettre de V S. à Bonvisi, que le roi a l'idée de transmettre au duc de Radzivvill les pleins pouvoirs pour traiter avec l'empereur ; S. S. regrette que l'on perde du temps alors que, comme je l'ai déjà écrit, il faut que l'entrée en campagne ait lieu de suite, du moment que les Turcs sont mal armés et qu'ils sont toujours en guerre avec les Moscovites »
(2) A la même date, il écrit à Cybo :« Je n'ai pas cessé d'insister pour que le roi ordonne au gr. Trésorier à Paris d'obtenir du très-chrétien l'assurance de la neutralité que demande l'empereur, et déjà S. M. m'a fait écrire par son secrétaire que le marquis de Vitry se rendait à la Cour impériale avec les instructions de donner à l'empereur l'assurance que le roi de France ne lui donnerait pas d'inquiétudes. » Et, le 24, il ajoute que le roi ayant demandé à l'ambassadeur de France de lui faire voir les lettres de Vitry avec les instructions, l'ambassadeur s'excusa en disant que c'était une affaire entre Vitry et lui pour tâcher de rendre service à la Pologne, mais il avoua que le marquis n'avait aucun ordre de son roi ».