INTRIGUES CONTRE LA HONGRIE
l'envoi d'an ambassadeur à Varsovie. « Il est certain, écrit-il, que la réussite de cette mission est bien problématique ; toutefois, vu les difficultés soulevées pour la ligue défensive et la proposition de la reine, il faudrait aider cette Cour qui demande de l'appui. Nous avons l'ordre de tâcher d'établir de bons rapports entre les deux Cours, et il ne me paraît pas que l'ambassadeur de France puisse prendre ombrage des démarches de V. S. Illme, du moment qu'il voit que je travaille ouvertement pour cette ligue. Il sera difficile à un ambassadeur de réussir, car nous ne voyons pas l'intérieur des cœurs pour juger de leur sincérité; du reste, le résident n'a fait qu'exprimer un désir de la reine. J'ai toujours travaillé pour que le roi et la reine eussent confiance dans le résident césarien ; du reste il m'a dit que depuis un mois il est très-bien reçu et a eu de longues audiences. Il est vrai pourtant que l'on dit qu'il s'agirait de créer prince de l'empire le père de la reine avec une large pension ; quoique le résident se montre satisfait des déclarations et des serments du roi de vouloir à tout prix de bons rapports avec l'empereur, pourtant il est inquiet à propos de la mission de l'abbé Reveran en Transylvanie, ou en Hongrie, d'autant plus qu'il est porteur de 10,000 ungheri et qu'il a un carrosse pour en faire cadeau. Le ministre français, Acachia, devait aussi se rendre en Transylvanie mais le roi ne lui accorda pas le passeport et lui défendit le passage sur ses biens de Stry, ainsi que l'a fait la duchesse de Radzivill pour ses domaines. Toutefois, le résident ayant vu que dans la grande Pologne les français font des enrôlements pour la Hongrie, j'en ai parlé au roi et S. M. m'a répondu qu'elle avait donné des ordres pour contrôler cette nouvelle et fait faire des remontrances à Lubomirsky par sa cousine, la Palatine de Cracovie, en le menaçant de sa disgrâce et d'avoir contre lui la Diète. Et le roi ajouta qu'à la suite des communications de la Palatine, Lubomirsky s'était présenté et lui avait promis de ne pas faire d'enrôlements ; qu'à ce propos, il fit observer à Lubomirsky qu'il avait déjà donné sa parole à l'empereur d'empêcher ces enrôlements, citant même le refus opposé à Acachia. Piccinardi^ dans sa lettre, écrivait
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qu'Acachia devait aller en Transylvanie avec 10,000 ungheri ; ces deux assertions se sont réalisées, il faut prier Dieu que le reste ne se vérifie pas. S. M. a dit aussi que l'ambassadeur de France l'a assurée que son roi ne s'oppose plus à la ligue défensive ; la crainte de déplaire au très-chrétien était le véritable obstacle... Je ne peux pas empêcher le retour de Radzivill à Vienne, comme N. S. m'écrit, parce qu'ici on veut le contenter, d'autant plus que le duc est bien critique par des sénateurs à cause que ses ambassades sont très-coûteuses ; mais le roi, qui aime beaucoup sa sœur, défend son beaufrère ».(i) Et, le 6, Cybo, à son tour, répond à Bonvisi :
Non credo chi si potasse errare, significando aU'Imp^^ j^ dichiaratione fatta dalla Regina di Polonia del desiderarsi in quella Corte un ambasciatore di S. M*^^ Cesarea per stringer maggiormente l'unione fra le due nationi ; poiche la detta dichiaratione non si contraverte ; ne in riferirla ail' Imp^"^ era necessario d'accompagnarla con l'attestatione d'una sincera intentione in che la fece, lasciando che S. M^^ Cesarea ne formi essa il giuditio, et prenda le sue misure. Questa volta mi pare che Mons^ Martelli l'habbia veramente assottigliata troppo. E se si volesse ogni volta penetrare i fini intimi délie propositioni, che si fanno dalle parti, e le quali stà à carico del mediatore di comimicare hora all'una, et hora all'altra poco frutto potrebbe sperarsi dalle médiation!.
Il fatto stà che mentre si va di proposte in risposte, di difficoltà in difficoltà, passa la stagione, e la congiuntura propitia all'impresa, et un' altr'anno il Turco si troverà in buona difesa, et in stato d'invadere esso chi hora tratta d'invaderlo. Nel rimanente V. S. 111"^^ si è tanto adoperata, et con tanta efficacia, et assiduità per il passato affine di conciliar queste leghe, e di levar le ombre, che non par necessario, anzi né pure espediente l'inoltrarvisi di vantaggio, bastando, di tener vivo il trattato, e mostrandosi pronto ad ogni assistenza, dove lo richieda il bisogno.
Le 8, Martelli annonce à Cybo qu'il s'est rendu à l'audience du roi et l'a informé que N. S. (2), en outre des 100,000 fl. de b.
(i) Le 26 avril, Martelli transmet à Cybo une lettre de Mgr de Kiovia, qui assure que Radzivill doit se conformer aux volontés du pape.
(2) Le 2 mars, Cybo l'avait engagé à persuader au roi de conclure la ligue