INTRIGUES A LA COUR IMPERIALE
celle-ci doit être maintenue même au cas de la conclusion de l'offensive. J'ai ajouté que N. S. ne pouvait pas comprendre pourquoi le §r. Conseil n'avait pas décidé la défensive, d'autant plus que, dans la dernière audience, S. M. m'en avait laissé espérer la conclusion immédiate. Après moi, c'est le résident qui parla et dit que jamais l'empereur ne se déciderait pour l'offensive si d'abord on ne faisait pas la défensive ; ajoutant que celle-ci ne doit dépendre que de César et du roi. L'évêque nous répondit que les négociations devaient continuer ici et que lui aussi était du même avis. J'ai répété que cet appendice laissait supposer qu'on attendait une réponse, tandis qu'on devait agir vite pour la défense devant les préparatifs des Turcs, ainsi qu'on peut le voir par les lettres du cosaque Chmielnicki... J'ignore le résultat de notre conversation ».
Le 2i,Bonvisi écrit : « les intrigues à la Cour de Prague sont à l'excès : il y a qui croit que le prince Montecuccoli est peu sûr, mais je n'en ai pas une connaissance positive ; d'autres voient leur crédit diminué surtout ceux qui ont conseillé la dernière paix et à terminer la guerre. Il faut avoir de la prudence en conseillant la ligue offensive, car les circonstances ne la permettant pas, on serait assuré de lancer l'emper,eur dans une guerre dangereuse, et on prétend que les Polonais refusent la défensive dans l'espoir d'y engager l'empereur et que le roi de Pologne, en offrant son action, avoue qu'il ne peut vaincre les obstacles des siens ; en attendant en Pologne on mûrit la ruine de la Hongrie. En vérité la contradiction entre les paroles et les faits y est bien grande » (i).
(i) Et, à la même date, il répond à MartelH : que lorsqu'il a appris l'opposition du gr. Conseil contre la défensive, et sachant de qui celui-ci dépend, il a compris de suite d'oià venait l'opposition ; mais du moment que N. S. informe que l'on répète clairement qu'on a changé d'avis, le gr. Conseil pourra signer la plcnipotence, dissipant les soupçons qu'on veuille faire un traité pour l'invalider de suite. Ce parti est tellement fort que le roi ne peut pas le contrecarrer, et la reine demande l'aide d'un ambassadeur césarien, par conséquent on peut craindre que ce parti pourra ensuite combattre la ligue si on l'a faite, et l'empereur ne sera jamais sûr d'être aidé. « Je ne pouvais pas conseiller l'envoi d'un ambassadeur pour la
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Le 22, Lauri écrit de Paris à Cybo : l'ambassadeur de Pologne a renouvelé au roi la demande des secours si la République entre en guerre ; S. M. les lui a promis mais en termes vagues ; d'où le gr. Trésorier compte répéter au roi ses instances.
Le 24 Martelli répond à Cybo :
Le ragioni per le quali, come V. E. m'hà suggerito col suo spaccio de' 9 marzo, devono i Vescovi e gl'ecclesiastici di questo regno esser piia de' gl'altri solleciti e pronti alla guerra contro il Turco, et à contribuire le loro facoltà ; furono considerate e proposte fino nella Dieta di Grodna particolarmente da Vescovi délia Russia, et in specie da quello di Premislia, che sono i più vicini al pericolo, e si repetono spesso nei discorsi che si fanno sopra la materia. Ben è vero esservi alcuni i quali pare che poco curino le cose publiche, e l'Arc^ di Gnesna non è mai fin hora comparso in Varsavia doppo la venuta del Rè (i) valendosi del pretesto che non haveva ancora havuto il pallio, e di quello délie sue indisposizioni, con che si tiene lontano da ogni sorte d'applicazione, benche senta contro di se le querele délia Corte, e di alcuni altri Vescovi per questa sua ritiratezza. Quelli stessi che si mostrano alieni dalla guerra e alla Lega anco defensiva coU' Imperatore non lasciano di confessare l'estremo pericolo in cui si
raison donnée par la reine de contrecarrer le parti d'opposition, car j'aurais dû le faire par écrit et S. S. ne veut pas que je mette plume sur papier, et de voix je ne le peux pas ; j'ai toutefois insinué de s'unir aux Moscovites mais on ne m'a pas encore répondu. On comprend d'autre part que le résident césarien ne veuille pas prendre sur soi-même la responsabilité ; on ignore ce qu'il écrit et s'il semble qu'on promette beaucoup en empêchant qu'Achaia ne passe en Transylvanie et en Hongrie pour encourager le prince et les rebelles ; le résident finira par voir qu'on se moque de lui du moment qu'ils ont permis le passage à l'abbé Reveran avec 10,000 ungheri ; et il est vraisemblable que l'empereur comprendra qu'on a refusé le passage d'Achaia parce que Piccinardi l'a prévu, et il n'y a eu qu'échange de personne : Reveran au lieu d'Achaia. Toutefois nous devons travailler pour le maintien de la bonne correspondance entre les princes. »
.(i) Toutefois, le 22 mai, il répond qu'il fera la communication à Mgr de Leccoria, qui cette année n'a jamais paru à Varsovie; de même l'archevêque de Gnesen, lequel, à l'étonnement de tout le monde vit retiré et se soustrait à toute affaire, à l'exception de celles qui lui sont utiles n'ayant d'autre préoccupation que d'accumuler des richesses.
l'empereur veut toujours la défensive. 385
trova il Regno, ma dicono che il far le leghe tanto offensive quanto défensive sarebbe un provocare il Turco per accelerarsi la morte, se bene si risponde et il Rè lo propose ultimamente nel suo voto, che l'andar procrastinando torrà poi col tempo il modo di resistere e di difendersi. I più zelanti pero non cessano di parlare e d'insinuare l'urgenza di prepararsi. Nella maggior Polonia che è più lontana dal pericolo si fanno forti quelli che disuadono la guerra, e le leghe, si che si prevedono le dificoltà le quali hora s'incontreranno nelle negoziazioni con gl'ambasciatori di Moscovia, perche molti osteranno alla Lega offensiva con i soli Moscoviti, quando non vi concorra anco per terzo l'Imp'"^, e questo non pu'i concorrervi senza la sicurezza richiesta dalla Francia, délia quale paiono lontane le speranze secondo gl' avvisi che capitano da più parti. Nondimeno non si omettono le diligenze per isvegliare la Nobiltà nei Palatinati, e far loro conoscere il pericolo ; et à questo fine alcune settimane sono Mons"" Vesc^ di Kijovia con partecipazione et approvazione del Rè publico aile stampe benche non sotto suo nome la scrittura che V. E. riceverà in questo piego in lingua Polacca con la traduzione, che io ne ho poi fatta lare in lingua Latina, la quale servira anco per far comprendere costi i disordini del Regno, e quaato sarebbero valide le forze di esso, se si potesse introdurre il buon ordine, e se la Polonia si sapesse liberare dair impedimenti e dalle partialità nelle quali la tengono involta gl' interessi dei paesi stranieri. Et ail' Em. V. (i) ecc.
Le 29, Bonvisi félicite Martelli de lui avoir appris qu'il y a de meilleures dispositions pour les négociations. « On voit, écrit-il, que le gr. chancelier ou n'a pas la liberté d'action ou ne veut pas s'en servir, gardant toujours une grande réserve. Le roi travaille avec vigueur et prudence, et cela devrait lui faire gagner la vénération ; mais chez les princes électifs on craint plus la vertu que le vice, celui-ci excluant la succession que l'on craint ; Bonvisi iiiaintient qu'il faut d'abord conclure la ligue défensive pour passer ensuite à l'offensive ; que l'empereur fera facilement ce passage aussitôt qu'il sera rassuré ; du reste, le roi dit très bien que si les Polonais voulaient se
(i)Le27, Cybo lui répond : « le pape regrette d'apprendre que V. S. souffre de la goutte aussi souvent ; mais en entendant qu'il y a amélioration, il fait des vœux pour sa guérison, »
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déclarer pour la guerre il trouverait facilement de l'argent moyennant le concours des nobles, car il y a de grandes fortunes parmi les particuliers ; la République est pauvre parce que les charges ne pèsent que sur les pauvres, et ceux-ci seraient même disposés à les tolérer si on imposait aussi les riches. Il est certain qu'aucun Etat n'est moins grevé de contributions que la Pologne, et personne ne veut faire de plus grands efforts car, cessant le besoin, manque l'imposition ; les Polonais font comme celui qui, pouvant vivre avec sa propre industrie, demande l'aumône, et pour ne pas perdre quelque chose perd tout ». Mais, le i^^ mai, Martelli informe Cybo que voyant que Morsztyn n'écrit plus de Paris, est parti en courrier un familier de la maison de la reine, avec la lettre du roi pour le très-chétien ; on assure qu'on a changé en quelque partie le texte de manière à ne pas entraver les négociations pour la défensive ; depuis le 17 avril on n'a plus tenu de conférences. « J'en ai parlé à Mgr de Kiovia, qui m'a\oua que le gr. chancelier maintient son opposition ; et il me paraît qu'on tâche de tirer à la longue les négociations ; on prévoit qu'on tiendra le même système avec les Moscovites, d'autant plus que le résident polonais à Constantinople a écrit qu'ils y tiennent vives les négociations pour la paix avec les Turcs, et ici on veut savoir ce qu'y aura fait l'ablégat près des Ottomans.
Le 4, Cybo lui répond ;
Opportunamente insinué V. S. 111"^» il pansiero di sscolarizzare alcuni béni ecclesiastici per sussidio délia guerra Turchesca, onde tanto piu si tolga il pretesto di non far la guerra per non havere ogni assistenza dal Papa ; Ma vedendosi il Rè cosi freddo, e rimesso in abbracciar simili partiti, si ha gran fondamento anche per cio di temere che non ci sia una gran voglia di rompere col Turco. Contuttocio conviene à S. S^^, et à ministri apostolici di premer fino all'ultimo in questo affare, qualunque sia per esserne l'evento.
Si attende quà di giorno in giorno il Duca Radzvil, dal quale si caveranno lumi piii certi di quanto si possa sperare.
Poteva Mons"" Buonvisi lasciar, che fosse costà spedito un'ambasciatore Cesareoper le ragioni che V. S. lU'^i gli addusse. E l'assicuro che S. S^^ è intieramente sodisfatta délia condotta de lei in questo gravissimo aftare.