SUITE DES FETES
délia Villa si formô un' altra volta à ricevere un complimento in brève orazione, et alla chiesa dell' Almudena smontô, e dentro di essa ricevettc l'acqua benedetta dal S^" Cardinal Portocarrero, e vi si cantô il Te Deum. Rimontata a cavallo prosegui verso Palazzo, dove smontô nel cortile, nel quale scendono gli ambasciatori di cappella. Ivi fu incontrata dal Rè, e dalla Regina madré presala per la mano la condusse nell' appartamento, andando il Rè avanti seguitato dalle due Régine, stando la régnante à mano dritta ; non si fece per quella notte altra funzione, fuorchè d'alcuni fuochi di mano. La mattina seguente vi fia cappella reale, ove intervenne la Regina al suo solito luogo, e vi concorse moltitudine di gente, et i Grandi, e la nobiltàcon gale mutate, havendone molti di essi nove diverse, per cambiarla tutti i giorni délia novena di questo gran festeggio. In cappella fu cantanto il Te Deum in rendimcnto di grazic, con bellissima, et piena musica. Aile 3 dopô il mezzo giorno si portarono le M. M. regnanti alla chiesa d'Aroccia con grande accompagnamento per Tistesso camino dell' entrata, che rimase parato tutto quel giorno, e nel medesimo cocchio scoperto, con cui era com parso il Rè colla Regina madré il giorno avanti. Vi si cantô pure il Te Deum coU' istessa musica, e ritornarono per la strada d'Aroccia, la quale pur subito fù adobbata in tutte le case, corne l'altra dell'entrata ; ne questa fù meno vistosa, perche ritornate le M. M. loro di notte fù illuminata da per tutto con due torcie per qualunque finestra, e balcone, che fù cosa degna da esser veduta, massime nela piazza maggiore che essendo per se stessa formata in figura di grandissimo teatro in quadro, teneva in cinque ordini di balconi continuati su Tistessa simetria sopra 2/m torcie ardenti. Questo giorno che fù favorito da una purissima serenità si terminô coir incendio d'un castello di fochi nella Piazza reale, essendo stato l'altro abbattuto da un vento gagliardo, che si levô la notte précédente.
Pre tre giorni si sono fatte luminarie e fochi. Lunedî il Rè fu aile cacce del pardo, e la Regina non uscî. Martedi le M. M. loro ricevettero il complimento de gli ambasciatori, e di tutfa la corte sopra l'entrata, et il dopo pranso (sic) visitarono la Regina madré, la quale è stata complimentata sul medesimo proposito da publici rappresentanti, e da gli altri ministri e SSri. Questa mattina nella quale le M. M. regnanti si sono portate ai divertimenti délia Sarzuela. Domani à notte si rappresenterà una comedia in musica in Palazzo, Sono determinati parimente giuochi di Canne, e corse di mascare, nelle quali vuol pur correre il Rè, ma non si sa il giorno preciso. La festa dei tori perô si dice dcstinata per li 6 del futuro.
Madama Colonna uscî dal convento di S. Domenico il Reale poco prima che seguisse l'entrata délia Regina, e si porto in casa del S^ Marchese de de los Balbazes, dove tuttavia si trattiene.
Le 17, Mellini répète qu'il a toujours insisté pour le payement des traites du vin de Naples pour le sacré Collège, mais
don Pietro Aragon a fini par lui avouer que, dans le Conseil d'Italie, on a décidé de répondre, par ordre de S. M., que la concession ou le refus de ces traites n'est qu'une simple grâce de la part du roi, et non un droit des cardinaux ; et que par conséquent, il devait modérer ses insistances parce que rien n'était arriéré, tout dépendant du bon vouloir de S. M. qui se réglait selon le mérite des sujets et la marche des affaires. « Je fus très étonné, écrit-il, d'apprendre une telle résolution, et j'ai répondu que je ne comprenais pas comment on niait des droits du sacré Collège en se heurtant contre les cardinaux, mais D. Pietro répliqua que non seulement on ne veut pas considérer cette grâce comme perpétuelle, mais seulement comme éventuelle et que S. M. peut l'accorder une année et la refuser à la suivante. Après ces déclarations, conclut le nonce, je demande à V. Em., cela afin de continuer mes démarches, de savoir si le sacré Collège peut prétendre à ces grâces par un droit positif. Toutefois j'ai été informé secrètement que les traites seront payées et qu'on a déjà expédié l'ordre au v. roi. »
Le même jour, il annonce qu'il a présenté à Portocarrero la lettre transmise par S. Em. au sujet de ce qu'a fait le cardinal pour le soutien des prérogatives du sacré Collège. L'archevêque en fut content, se proclama très obéissant aux cardinaux ses collègues, et déclara qu'en toute circonstance on peut être sûr de sa fidélité envers le sacré Collège (i).
(i) Le 7, Cybo avait écrit à Mellini :
Rivcdendosi col Sigr Card. Portocarrero, gli dira che S, Sta sente quanto conviene il torto, che à S. Em^a rien fatto da cotesto ambasciatore in Francia, negando tuttavia di visitarla ; ma che non giungono nuove à S. Sta ne devono giungere ail' Em^a sua quest' incontri, mentre hà potuto veder, quando si trovava in Roma, corne veniva trattato da questo Sig^". Duca d'Estrees il Sigr Card^ Altieri, et i Cardinali sue créature in faccia dcl Papa, che tanto, e si lungamente si era adoprato per rimediarvi : ma scmpre mvano. Non potersi perô negare che il trattamento troppo libérale usatosi per i tempi passati da Sigri Cardinali Spagnuoli coi Grandi di Spagna, e con D. Gio. è stata la vera origine del maie che hora si piange ;
l'argent confisqué aux juifs. 47
Le 21, Cybo avait répondu à Mellini que c'est une excellente idée d'obliger les ministres à s'expliquer sur l'emploi de l'argent confisqué aux juifs de Majorque, car les ministres ayant toujours affirmé qu'il était destiné autant que possible à l'armement des navires pour la défense de cette île, il est nécessaire de faire des investigations ou que l'on n'en donne plus, et surtout que maintenant on met en avant la question de l'Inquisition. « V. S. doit tâcher de s'informer et de faire en sorte que l'argent soit dépensé pour cette œuvre contre l'ennemi commun, tel étant l'intérêt du Saint Office et de toute la chrétienté » (i). Le 28 mars, Mellini informe que
havendo gli altri di là preso esempio, ô proteste. Haver parimenta S. Emza vcduto corne fu trattato in Parigi il cadavere del Nunzio Varese, del quale affronte perô non cssersi mai havuta sodisfationc alcuna per quante doglianze de S. Si-^ne habbia faite. In oltre esser noto à S. Em^a più che ad ogn' altro quante ne habbia dissimulate, et inghiottite la Spagna medesima in questi ultimi tempi dalla prospéra fortuna délia Francia. Che non lascerà con tutto ciô S. Stî di pensar corne deve, di preservare indenne nel caso occorrente la dignità di S. Em^a^ il cui giusto sentimento è un nuovo testimonio del suo gran zelo per le prérogative del Cardinalato, e S. Be le ne dà copiose lodi.
Et, à la même date, il ajoute :
Rincontrandosi col Sigr Marchesc di Villars, e facendo cadere il discorso sopra la Nunziatura di Francia, hoggi vacante, ch'egli addusse per mot'vo degli ordini havuti dal Rè poco favorcvoli alla visita del Sigr Cardinale Portccarrero; gli dira per modo di discorso, e corne da se, che il Rè di Francia poco si cura d'havere il Nunzio in Parigi, poichè se se ne curasse, havrebbe operato che à quest' hora S. Stà havesse riportate le dovute sodisfationi dell' affronte indegnissimo fatto già al cadavere del Nunzio Varese dair Arcivescovo di Parigi, délie quali ne puf si parla.
Et, le 15 février, Mellini lui répond qu'il a dit à Villars, comme de son propre mouvement, que si son roi veut un nonce à Paris, il doit donner des satisfactions sur l'incident du cadavre du nonce Varese ; mais le marquis ne lui répondit pas et changea de conversation.
(i) Mais le 17, Mellini écrivait qu'en persiste à ne pas vouloir se déclarer pour un concours avec les armes centre les Turcs, ni à faire des démarches auprès des autres Cours à cet égard, si , avant tout, en n'a connaissance des noms des princes qui y concourent, du plan de l'entreprise et des forces qu'en peut
48 INNOCENT XI ET l'ESPAGNE.
ayant appris que l'Inquisiteur avait consenti à permettre que 800 pièces des effets confisqués aux juifs fussent affectés au service du roi, il en parla à Médina montrant la nécessité de l'armement des 60 galères et l'exhortant à ne pas éparpiller l'argent de la Croisade. S. Exe. lui avoua qu'on n'avait pris d'engagement que pour l'armée de mer.
Le 21, Cybo lui observe qu'il a toujours écrit que les dîmes en Italie devaient servir pour la Pologne (i). « J'espère, écrit-il, que ce n'a été qu'une erreur de plume et non de
réunir. « J'ai fait observer entre autres choses, écrit-il, que dans une entreprise de ce genre on ne doit pas chercher les intérêts particuliers des princes, mais ceux de la chrétienté. Toutefois il me paraît que, malgré leurs déclarations, on tâche de faire des armements de terre et de mer pour la sûreté des possessions italiennes ; on a acheté des vaisseaux de manière que les navires armés soient au nombre de 26, et ayant appris que trois se trouvaient à Naples, on leur a envoyé l'ordre de rejoindre l'escadre des galères ; à Majorque aussi on a ordonné d'armer ceux qui s'y trouvent ; et pour cela, on a commencé à employer l'argent de la Croisade qui était disponible après la mort de D. Juan. A Majorque, on a sorti à cet effet 150 mille pièces d'effets qu'on avait confisqués aux juifs ; et à cette occasion j'ai eu l'explication de l'énigme que me présentaient quelques phrases obscures d'un billet de D. Pietro sur ce sujet, et touchant l'emploi des effets confisqués par l'Inquisition. Le roi prétend en être mis en possession, pour le motif que S.M.paye de son propre argent les frais de toutes les Inquisitions de l'Espagne ', et cela afin de couvrir ces dépenses. On avait décidé d'employer tout l'argent dans la construction des navires majorquains, mais p?.rce qu'il y avait des dettes envers l'inquisition locale, Mgr l'Inquisiteur s'y opposa jusqu'à ce que celles-ci fussent soldées. A présent qu'on a tout réglé on dispose des effets. On a aussi ordonné le recrutement de 4000 espagnols à Milan, ainsi que celui des régiments, surtout l'allemand, en en créant un nouveau. » Et, le même jour, 'il répond qu'à ses remontrances pour l'armement des 60 galères dans la Méditerranée, on lui fit observer qu'on a donné des ordres, mais qu'il faut du temps, et que les revenus des Croisades sont déjà engagés.
(i) Le 7, il lui conseillait de saisir l'occasion de la généreuse disposition du Portugal envers la Pologne pour exciter dans le même but la piété de cette Cour. «V. S. pourra ajouter ce que j'ai écrit : que lorsqu'on accordera l'exaction des dîmes il sera trop tard. Du reste on doit voir ce que fait N. S. malgré la mauvaise situation du Trésor. »