LE PAPE REFUSE LA BULLE DE LA CROISADE
langue lorsque V. S. m'a écrit, avoir dit à la reine-mère qu'elles étaient pour César ; de même les démarches que V. S. me dit avoir faites en faveur des catholiques et de la religion en Angleterre, devaient s'entendre en faveur de la reine qu'on tente d'accuser par de faux témoignages, afin qu'au moins les formes judiciaires soient gardées et que la reine puisse se défendre » (i). Le i^^ février (2), Mellini répète qu'on s'oppose toujours à la libre exaction des dîmes en Italie ; on demande l'exequatur royal et une partie des revenus... On voudrait aider la Pologne mais l'argent manque; on espère que peut-être par les pressantes instances de l'envoyé polonais, on finira par accorder quelque subside (3).
Le 4, Cybo lui écrit : « L'ambassadeur del Carpio a supplié le pape au nom du roi de vouloir renouveler la bulle de la Croisade ainsi que d'autres grâces, S. S. a répondu qu'elle
(i) Le 29 février, Mellini répond pour sa défense : S. Em., en lisant son rapport en clair, au sujet des dîmes, verra qu'il n'y a pas eu d'équivoque, en disant : qu'elles doivent servir pour la Pologne, mais que si cette nation ne faisait pas la guerre, les revenus des dîmes pourraient servir à l'empereur, s'il se décidait à la déclarer aux Turcs en Hongrie, ou si ceux-ci voulaient l'attaquer. « J'avoue, ajoute-t-il, d'avoir pris équivoque touchant les catholiques en Angleterre, en ne parlant pas du procès de la reine, j'ai fait erreur en lisant le chiffre prenant le 13 pour le 15; mais je présenterai un mémoire ».
{2) Le 24 janvier, Mellini avait recommandé à Cybo le P. G. des Clercs réguliers, ministres des Infirmes, lequel rentre à Rome. Il en fait beaucoup d'éloges, car, avec l'assistance du P. Giovanni Battista de Napies, provincial, il a remis la discipline parmi ses religieux, punissant les méchants et élevant les bons. Et, le même jour, il ajoute que le marquis de la Fuente, remplace le duc de Giovinazzo comme ambassadeur d'Espagne en France.
{3) Dans un Avis de Madrid du 7 on lit : aujourd'hui a eu lieu la fête du Toros avec une grande somptuosité et des acteurs pas habituels. Ont paru comme Toreadores : le duc de Mcdina Sidonia, et le marquis de Camarasa. Grands d'Espagne ; Don Félix de Cordôba, fils du duc de Sesa, le comte de Rivadabia frère du marquis, D. Fernando de Cea et D. Cristobal Moscoso, avec une suite de plus de 400 valets de pied.
Innocent XL — HL .
voyait des difficultés à adhérer à la demande, soit parce que l'expérience a montré que l'argent a été employé à tout autre usage que celui pour lequel il avait été accordé, soit parce que le Siège Apostolique ne voit pas que l'Espagne lui fasse les concessions qui ne sont pas des grâces, mais des obligations de pure justice. Entre autres, S. S. cita : la punition du Président du Conseil royal ; l'humiliation de supplier pour qu'on demande l'absolution des censures que celui-ci et ses complices ont encourues ; le remède au tribunal de la force, qui est devenu tellement téméraire qu'il n'est plus possible de l'ignorer davantage ; l'exaction des dîmes pour la Pologne ; la réparation des offenses à l'Immunité ecclésiastique à l'égard du chev. Cusani à Milan ; l'affaire des capucins et de révêque de Solmona à Naples, et enfin les corrections nécessaires à la bulle aurea de l'investiture du royaume de Naples, qu'on n'a pas pu obtenir afin d'atténuer les dommages qui en viennent au Siège Apostolique et selon les autres bulles, au point que N. S. se trouvait presque forcé de refuser le tribut de la Haquenée, quoiqu'il l'ait laissé courir en considération de la jeunesse du roi. S. S. ajouta aussi le fait des Quartiers ; l'ambassadeur d'Espagne étant celui qui en a le plus abusé. Et le pape conclut que S. M. connaissant toutes ces circonstances, ne pourra faire autrement que de justifier la répugnance du Siège apostolique à renouveler la Bulle de la croisade. « V. S. Illme, écrit Cybo, doit parler dans les termes ci-dessus afin que la justice royale et la rectitude de S. M. fassent donner des ordres pouvant satisfaire S. S. et la délivre du remords de conscience qui la retient, quoique bien disposée, à concéder la grâce au roi. Pour ce qui concerne le tribunal de la force, V. S. doit se borner à des généralités, parce que si, d'une part, le temps ne semble pas mûr pour en demander l'abolition, de l'autre on ne veut pas avoir l'air de l'approuver, en demandant des modifications ; toutefois, et comme d'elle-même, dans les conversations, V. S. pourra observer qu'il est nécessaire d'y faire des réformes pour empêcher les plaintes du pape ; elle pourra aussi citer des auteurs qui en approuvent l'usage, mais à