QUESTION DU CÉRÉMONIAL
tions du roi aux ambassadeurs moscovites, avec tout le monde -il a loué S. M. de ses propositions généreuses... De la France on n'a pas de nouvelles et ici on regrette que rien ne se soit conclu avec les Moscovites l'année dernière à Grodna, car des Avis annoncent qu'ils ont signé la trêve avec les Turcs. Le ii, Bonvisi écrit à Cybo que se prolongeant la longue maladie de Martelli, qui l'empêche de renseigner Rome, il annonce à S. Em. d'avoir reçu de Constantinople une lettre
pour rien dans le cas dont il est question Hans la dépêche du 14. d"^ touchant le cérémonial du duc de Radziwill ici. Et, le 14, il ajoute : lorsque, il y a deux ans, le duc vint à Rome avec la duchesse, il prétendit au titre d'Altesse, mais S. S. ne l'accorda qu'à sa femme comme sœur du roi, et traita le duc à la troisième personne, d'autant plus qu'il se trouvait incognito. A son voyage à Vienne le duc avait soulevé la même question, mais les ministres et les ambassadeurs s'étant ralliés à l'avis de Mgr Bonvisi comme le plus haut en dignité et en autorité, ils traitèrent le duc de la même façon qu'à Rome. A présent, le duc y étant venu comme ambassadeur, le Palais lui a continué le même traitement qui a été suivi par cinq ou six cardinaux ; les ambassadeurs des rois ont pris ombrage de cette nouveauté et déclarèrent qu'ils ne voulaient pas la suivre, que si toutefois le sacré Collège l'adoptait ils la suivraient ; ainsi ils se sont abstenus de prendre part à l'audience solennelle, mais à l'entrée à Rome de l'ambassadeur ils envoyèrent des carrosses, à l'exception de l'ambassadeur de France. A la suite des déclarations des ministres, le sacré Collège, craignant des discussions, s'adressa au pape afin cjue le Palais eût à intervenir et à persuader le duc à se contenter du titre d'Excellence, et S. S. n'a pas manqué de le persuader à y adhérer alin qu'à toute éventualité il ne fut privé de tous les^ honneurs. Le duc se déclara prêt à obéir aux ordres du pape pourvu que S. S. lui fît communiquer sa volonté par une lettre de Cybo ; mais S. S. refusa d'ordonner telle démarche, plus rigoureuse que la parole, envers un personnage de cette qualité qui a si bien mérité de l'Eglise. Le duc aurait fini par consentir, mais ayant appris que quelque cardinal, avec trop de véhémence, avait fait des démarches contre lui, il n'a pas été possible de le persuader à consentir à la demande du pape. Le duc, par un de ses gentilhommes, a remis les lettres du roi aux cardinaux auxquels il n'avait pas encore fait visite, s'excusant de son court séjour. Ce qui précède, conclut Cybo, est la vérité sur ce qui s'est passé à Rome. Aussi en informe-t-il le nonce pour sa gouverne. Et, le même jour, il lui écrit aussi : V. S. doit continuer à veiller sur les nouveautés introduites à cette Cour à l'égard des conjomts de la Maison royale, au préjudice de sa représentance.
4o6 l'empire et la Pologne.
qui assure que les Turcs sont affaiblis et qu'ils n'oht pas passé le Danube ; les ministres n'ont pas l'habitude d'user de civilités, lorsqu'ils sont forts, ainsi l'envoyé qu'on avait expédié en France pour sonder les résolutions du très-chrétien, n'est pas encore de retour. Et, le 25, il ajoute qu'en Pologne il est difficile de vaincre l'opposition du gr. chancelier, car celui-ci est non seulement le beau-frère du roi mais aussi de Béthunes, avec lequel il a plus d'intimité. Il est probable qu'ici on s'arrange avec les Turcs du moment que les •Moscovites n'aident pas, car on craint que les Turcs se retournent contre.
Le 28, Martelli écrit : « au commencement de la semaine ayant appris que la signature de l'acte de la limitation des frontières de la Murafa à la suite de la paix de Zarovno était imminente, selon les ordres de V. Em j'ai rédigé la protestation qui a été enregistrée non seulement dans ma la chancellerie, mais aussi dans celle de l'évêque de Posnanie, et je crois qu'elle a été aussi admise dans la chancellerie royale (i).
Le 4 septembre, Martelli écrit :
Arrivô qui domenica primo del corrente Mons*" Vescovo di Beauvais ambasciatore di Francia, il quale mi disse, che deve tratlenersi per poco tempo e che aspetta in brève il Sig^ Marchese di Vitrij, che restera in luogodel Sig"" Marchese di Béthunes. Il predetto Mons'" Vescovo tanto nella visita ch'io gli feci, quanto poi nel restituirmela, sempre egîi stesso è entrato à parlarmi délia guerra contro il Turco, s'è espresso largamente di tenere dal suo Rè commission! in tutto conformi al gusto, et al desiderio di Nostro Sig'"^ (2) in ordine alla guerra sud-
(i) Le 19 octobre, Cybo lui répond qu'en plus de la copie de la protestation, il a reçu aussi l'instrument de l'enregistrement à la chancellerie royale, et ill'assure de la reconnaissance de N. S.
(2) Le 12 octobre, Cybo lui répond :
Si è consolato sommamente N. Si"e, udendo quel che hà riferito à V. S. Illma Monsr Vescovo di Boves cio è che le commissioni date^li (sic) dal Rè Xmo sono in tutto conformi al gusto, et al desiderio di S. B., il che essendo non puô S. S'a non attenderne ben presto qualche rilevante frutto in sollievo, e beneiicio di cotesto Regno. Brama vS. Bn« di veder tali le operazioni di lui, che siano prove manifeste del suo zelo per un'impresa di utile al Chri-