‹ Innocent XIChapitre 167 sur 430 · MGR DE POSNANIE SE SOUMET AU BREF. 4I · texte numérisé non relu

MGR DE POSNANIE SE SOUMET AU BREF. 4I

que le prélat avait fait au Sénat en janvier. Après une consultation entre les deux archevêques, il fut décidé que Martelli présenterait le bref à Mgr de Posnanie ; il le lui remit en effet, mais l'évèque en fut tellement fâché que le nonce a dû lui conseiller de ne pas le lire en ce moment mais plus tard avec réflexion, lui faisant savoir ce que la nonciature devait répondre à N. S., mais après quelques jours on apprit que Monseigneur était parti pour Guri, lieu de sa résidence, peu loin de Varsovie. Les nonces, inquiets, à cause des diétines qui devaient s'ouvrir sous peu, décidèrent que Pallavicino (i) devait aller à Guri sous prétexte d'une politesse à rendre au prélat. En attendant, le doyen de Varsovie vint à la nonciature et remit à Martelli une lettre de l'évèque dans laquelle il déclare vouloir publier le bref avant l'ouverture des diétines et ensuite dans la Diète ; d'oià il en résulterait que ce que N. S. offrait comme un remède à la concorde deviendrait dangereux si on interprétait le bref comme une défense à dire hautement ce qu'on considère nécessaire à la chose publique. Mgr Martelli répondit au doyen que Mgr Pallavicino se rendrait, dans quelques jours, chez l'évèque et que de vive voix ils traiteraient ensembb sur ce sujet ; mais que, en tout cas, il ne convenait pas de publier un bref privé, rédigé avec affection paternelle dans un but bien différent de celui pour lequel on en voudrait faire la publication. En effet, dimanche, Pallavicino s'est rendu à Guri et descendit chez les zoccolanti ; mais en ayant fait informer l'évèque, celui-ci vint le prendre et l'amena au palais ; et s'étant ensemble rendus dans le jardin, le nonce s'efforça de déconseiller la publication du bref l'engageant à parler d'abord avec le roi. . Le résultat en fut que Mgr de Posnanie promit de ne pas publier le bref, et de n'intervenir ni aux diétines ni à la Diète. Il promit si on venait à parler du bref, de ne rien faire sans se mettre d'accord avec le nonce. Il invoqua, pour sa défense, qu'au sénat les sénateurs ont pleine liberté de parole de même que dans les diétines et dans la Diète,

(i) Le 21 décembre, Cybo répond à Pallavicino, le félicitant d'avoir si bien débuté par la correction à Mgr de Posnanie, espérant qu'elle aura un bon résultat, si le prélat maintient ce qu'il a promis. Il ne faut pas croire que N. S. veuille restreindre ou interdire la liberté de parole lorsqu'elle est au bénéfice du royaume ; mais S. B. désire qu'on n'oublie pas le respect envers la personne du roi partout et, spécialement, dans des réunions publiques, car on peut parler librement sans blesser la dévotion au roi. >

Innocent XI — III 27

4i8 l'empire et la Pologne.

qu'ainsi ils peuvent toujours exposer les maux qu'ils voient ; mais que dans le fond on finit par leur supprimer cette liberté (i).

Le même jour, Pallavicino annonce que la Diète est convoquée pour le 14 janvier, et qu'une ambassade moscovite arrivera pour négocier la paix perpétuelle. A la même date, il prie S. Em. de vouloir lui répéter ce que S. S. croit pouvoir donner en secours à la Pologne en outre des 170,000 fl. en ajoutant des détails aussi sur les dîmes. Et, le 15, Cybo répond à Martelli : « le pape a été content d'apprendre que V. S. a réussi à ce que S. M. charge son ambassadeur à Moscou de négocier aussi les préliminaires d'un traité des rapports entre le Saint-Siège et la Moscovie. »

Le 23, il informe Pallavicino qu'on a appris avec bien des regrets la mort du duc de Radzivill à Bologne ; il en fait l'éloge pour sa dévotion au Saint-Siège et au roi, et ordonne au nonce de présenter à S. M. les condoléances de N. S. pour la perte d'un si fidèle officier ; et il l'engage aussi à en présenter à la duchesse. Et, le même jour, il lui ordonne d'insinuer aux héritiers du duc, qu'étant resté débiteur envers la Chambre apostolique, il serait opportun pour tout le monde d'en faire le remboursement avec l'argent qu'il laisse et qui se trouve déposé chez le cardinal légat à Bologne, quoiqu'on ne croit pas qu'il soit suffisant pour combler la dette, car on doit en employer aussi beaucoup pour le rapatriement de la famille. Au Mont de Piété il y a beaucoup d'objets engagés qu'on a ordonné de ne restituer qu'aux héritiers (2).

(i) Le ai décembre, Cybo ajoute à Pallavicino : ceux qui lisent attentivement le bref à Mgr de Posnanie voient qu'il n'y a pas d'atteinte à la liberté de parole dans le Sénat lorsqu'il s'agit de mettre en relief le mal et la nécessité des remèdes. Entre parler de liberté et manquer de respect au roi il y a une différence : c'es-t le manque de respect qui déplaît au roi surtout le trouvant chose peu convenable à la gravité d'un sage et d'un évêque, que du reste N. S. concède bien l'usage de parler librement au Sénat si la chose publique le requiert. ''

(2) Le 24 décembre, Pallavicino conseille à Cybo « d'écrire au cardinal légat à Bologne pour que S. Em. garde le plus d'argent possible du feu duc, prétextant que les héritiers doivent rembourser la Caméra Apostolica ; on

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