‹ Innocent XIChapitre 172 sur 430 · CONSEILS DE BONVISI AU PALATIN · texte numérisé non relu

CONSEILS DE BONVISI AU PALATIN

ce qui est véritablement utile à la religion de ce qui est passion particulière, car tout se couvre du même manteau ».

Le 22, Bonvisi écrit encore à Cybo : « c'est avec regret que j'ai quitté Edembourg avec la Cour, car s'il est vrai que durant quelques semaines la Diète sera occupée à formuler toutes les demandes, et qu'il faudra du temps pour que les réponses des révoltés arrivent, toutefois la présence de S. M. aurait raffermi les esprits ; l'aide de Mgr de Vienne et aussi de l'ambassadeur d'Espagne qui, par ses belles manières sait gagner le monde, auraient pu exercer une bonne influence ; moi aussi, dans les conversations, je me suis efforcé de dire des choses que les commissaires césariens ne pouvaient pas dire. La fatalité a voulu que les affaires les plus importantes doivent venir après les divertissements. J'ai dit, toutefois, à l'empereur qu'il est nécessaire de penser sérieusement à l'accommodement, sans offenser Dieu, en adhérant aux prétentions des hérétiques, car si des révoltés restent debout, ils attireraient la guerre des Turcs et cela rendrait les princes allemands craintifs, car la plaie hongroise restant ouverte S. M. serait entraînée à les abandonner si les Turcs bougeaient, et, par conséquent, il faut accorder des satisfactions de manière à avoir l'union dans les questions religieuses, les catholiques fidèles étant en majorité. Je ne suis pas parti avec la Cour, mais je suis resté, écrit-il, un jour de plus à Edembourg ayant appris qu'il y avait désaccord entre Mggs. de Strygonie et de Colocza à propos de certains droits ; que le clergé était aussi divisé, et que quelques magnats étaient bien tièdes au sujet de la religion ; j'espère avoir réussi à mettre d'accord l'archevêque et l'évêque. J'ai parlé longuement au Palatin, lui laissant comprendre que sa charge ne serait pas d'utilité, mais d'ignominie s'il consentait aux trois points : diplôme, restitution des églises et tribut ; qu'il devait faire son possible pour que les catholiques soient unis, et je l'ai persuadé d'écrire à Tokoli, en outre de ce que lui avait dit l'empereur,que s'il le forçait à présenter des propositions ignominieuses, cela lui ôterait tout crédit auprès de S. M. et du royau-

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me, rendant aussi lui, le Palatin, impuissant à l'aider dans ses demandes personnelles et enfin qu'il devait se désister de ses demandes et qu'il serait aidé. J'ai fait aussi observer que la paix conclue entre les Moscovites et les Turcs rendrait les révoltés plus entreprenants par l'espoir des secours, et je l'ai conseillé de pousser la Diète à placer aux fontières des présides hongrois capables de pouvoir résister aux incursions des révoltés et des Turcs. Le comte approuva tout et promit de faire son possible pour la religion, mais mon absence me fait craindre, car ces nations n'agissent que si on les stimule contmuellement. Ne voulant pas ennuyer l'empereur sachant qu'il veut s'amuser, j'attends Mgr de Vienne avec lequel je suis d'accord ; car c'est l'habitude, qu'après lui avoir parlé d'un sujet, il appuie mes dires à son tour auprès de l'empereur ; s'il n'y avait pas ceux qui aiment le mal, on ferait davantage ». Et, le 13 juillet,il écrit : l'empereur restera tout le mois à Neustadt, quoique sa présence à Edembourg serait nécessaire, du fait que les résidents des princes hérétiques d'Allemagne et l'envoyé de Hollande s'y rendent fréquemment afin de stimuler les fauteurs de leurs sectes, les confirmant dans leur résistance pour obtenir des concessions. « J'ai déjà fait, dit-il, des remontrances contre cette tolérance, et on me répond qu'il est impossible de l'empêcher, que la ville d'Edembourg est laissée à l'exercice de leur culte, que du reste il ne résultait pas que les ministres fassent ces démarches. Toutefois, à présent on en a la preuve, car l'envoyé de Hollande s'est installé tout près du palais et il n'aurait pas fait cela si l'empereur résidait en ville ; quelques-uns de ces ministres se moquent, lorsque je déclare que la sûreté publique doit avoir pour base la défense de la véritable religion ; ils me répondent que trop de subtilités peut faire courir le risque de perdre un royaume menacé par les Turcs, les Transylvains et les révoltés étant aidés par des cathpliques. Si j'étais à Edembourg je montrerais aux Hongrois leurs véritables intérêts ; mais je crains, qu'en attendant, les affaires prennent mauvaise tournure ; car dans l'audience il m'a paru que S. M. commence à se douter de mouvements des Turcs et des Transylvains, et du changement

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