‹ Innocent XIChapitre 173 sur 430 · LA QUESTION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA QUESTION RELIGIEUSE

de Tokoli ; j'ai engagé S. M. à retourner à Edembourg immédiatement ». Et le nonce conclut : « en attendant, je me recommande à Dieu pour qu'il m'assiste en cette dangereuse affaire » (i).

Le 20, de Neustadt, Bonvisi écrit à Cybo : « les ministres césariens sont persuadés que les troubles en Hongrie ne peuvent cesser que si on ne satisfait les hérétiques. Je comprends leurs grandes inquiétudes, et je tâche prudemment de m'opposer. Je voudrais savoir comment je dois me contenir afin de ne pas faire erreur en prenant l'un des deux chemins : celui de la rigueur qui peut être inutile ou l'autre de la connivence, vu la nécessité du moment et la perspective de plus grands malheurs envisagés par les canonistes et qui leur ont servi de base dans les instructions du card. Ginetti, reportées par Pallavicino et Carafa et auxquelles adhèrent ces théologiens » (2),

(i) Le 30, il annonce que le comte Kônisegg est venu par ordre de S. M. l'engager à écrire pour les dîmes. L'empereur, craignant une invasion, voudrait mettre certaines places en état de défense, autrement il y aurait danger de perdre des localités importantes, car si on réussissait à mettre en défense la frontière, les Turcs pourraient entrer plus difficilement. «A cette communication j'ai répondu que j'en écrirais à N. S., qui pourtant avait concédé les dîmes à la Pologne pour la guerre vive. J'ai ajouté que, ayant appris par un sénateur polonais que son roi avait demandé au pape un emprunt d'argent pour fortifier des places de frontière, et que si S, S. le lui concède elle n'agira peut-être pas différemment avec l'empereur, car les dangers de la Hongrie sont plus mortels pour l'Italie que ceux de la Pologne, en raison du plus grand voisinage. Et assurant de nouveau Kônisegg que j'écrirai, comme l'a demandé S. M., j'ai fait observer que de son côté l'empereur devait aussi montrer sa reconnaissance filiale envers N. S. pour tant de grâces, en rendant justice à S. S. spécialement pour V arrachement du bref. Et S. Exe. répliqua qu'on ne pouvait pas la refuser et qu'il y pourvoirait. Cette semaine, conclut-il, je ne me suis pas rendu à l'audience pour voir ce qu'ont fait ceux qui sont d'accord avec moi et s'ils ont donné quelque poussée. »

(2) Le même jour, il annonce qu'un abbé polonais, cistercien, vient de passer parvienne, se rendant en Italie pour dégager plusieurs objets laissés en gage par le décédé duc de Radzivill ; il porte avec lui l'argent nécessaire. On a découvert la peste dans des localités de la Hongrie à 5 lieues d' Edembourg, et on ignore quand la Cour y retournera,^

Le 27 (i), il annonce qu'ayant communiqué à S. M. les félicitations du pape pour la nomination du Palatin ; constatant qu'il a été élu a l'unanimité, l'empereur répondit que lui aussi

(i) Et, à la même date, il ajoute :

Martedî giorno délia Madalena per solennirzare il nome deirimperatrice régnante, doppo essersi tenuta cappella in palazzo, intervenne al pranzo anche l'Impératrice Eleonora, e dopoi queste MM. servite dalli ambasciatori e da infinito numéro di nobiltà Alemanna, et Ungara, si portorno al bellissimo giardino del Conte di Hoyos distance poco più d'un' hora di camino, et in nobilissimo teatro, parte boscareccio, e parte ornato di pitture, et arazzi, fù cominciata una sinfonia d'8o istrumenti, che servi d'introduzione all'operetta in Iode deirimperatrice, con bizzarra inventione del poeta, c con musica perfetta, accompagnata dà numerose comparse, si divertirno poi le MM. loro passeggiando per i gran viali del giardino, mentre in una loggia coperta, dal padrone del giardino si prépara va una spaziosa tavola per la cena, con nobili trionfi, et abondanza di vivande, e confetture, e doppo che le persone Cesaree hebbero cenato si ritirorno in una parte délia loggia, per dar comodità aile Dame, e Cavalieri di mangiar ancor essi, e si ritornô à Naistat verso la mezza notte.

Giovedî andô l'Impératrice Eleonora à Manersdorff suo luogo in Ungaria, et il giorno seguente vi andorno l'Imperatore, e l'Impératrice per far il giorno di S. Anna nell'Eremo de PP. Carmelitani Scalzi, e vi si rappresentô poi un'operetta in musica, e domani devono fare una caccia, e la sera le MM. regnanti torneranno à Naistat, e l'Impératrice Eleonora anderà à Vienna.

Sono stati dichiarati consiglieri di Stato il Marchese Ermanno di Baden présidente di Guerra, il General Capeliers Vicepresidente dell'istesso Consiglio, et il Conte Abele Présidente délia Caméra, et hanno pigliato possesso di questa nuova dignità.

Si suppuone che S. M. con lutta la Corte ritornerà fra 10 giorni à Edemburgo, per proseguire i trattati délia Dieta, havendosi migliori nuove di quel luogo 5 leghe lontano, nel quale erano seguiti alcuni casi di peste, che non proseguivano per le diligenze fatte in separare le persone toccate dal maie, ch'erano poche, e dà alcuni giorni in quà non ci è seguito altro.

Anche dalla Stiria si hebbero giovedî migliori nuove, essendosi del tutto estinta la contagionc in sette villaggi, e negl'altri nove, ch'erano toccati, guarivanogl'infetti, et altri non s'ammalavano, ond' in brève si spera la totale liberazione di quella provincia, perché si vede ch'il maie è stato introdotto con robbc portate, ô col disotterramento di quel cadavere, ma non si propaga, perché non ci è l'influenza cattiva. ^ La peste di Stiria è penetrata ancora nella Croatia.

LE PAPE s'oppose A DES NOUVEAUTÉS. 437

avait conçu des espérances, mais que celles-ci s'évanouissent parce que les hérétiques ne le reconnaissent pas du moment qu'ils n'ont pas pris part à l'élection ; ils demandent toujours les résolutions touchant la religion que l'on pensait réserver pour la fin de la Diète, dans l'espoir de réunir un congrès de religion pour discuter les moyens à mettre en pratique. * J'ai mis en garde S. M. pour qu'en ce cas elle n'accorde pas à cette députation la faculté de conclure, car on perdrait l'avantage que donne la majorité des voix de la Diète au complet, et j'espère que tout cela n'a été que le sujet d'ime simple conversation. Il est vrai toutefois que, si nous avons l'avantage du nombre, il y a le malheur qu'entraîne l'obstination des révoltés qui déclarent vouloir vivre plutôt sous les Turcs, du moment qu'ils ne peuvent avoir la tranquillité de la propre conscience et une liberté complète de l'exercice de leur culte. Ces ministres sont d'avis que les Hongrois se contenteraient d'avoir seulement la restitution des églises qu'ils ont bâties et dotées à leurs frais. La majorité est d'avis que l'on fasse ces concessions, craignant que le refus puisse provoquer les Turcs à intervenir en faveur des révoltés, et que l'on soit peut-être obligé plus tard à de plus grandes concessions, pour ne pas perdre le royaume. J'écoute tout le monde, conclut Bonvisi, et je ne réponds à personne, espérant toujours recevoir quelque lumière de V. Em. ; et en vérité je vois que la prolongation de la Diète sera préjudiciable aux affaires religieuses et politiques, car elle ne peut que les faire empirer plutôt que les améliorer » (i).

(i)Et, le 3 août, il ajoute : les ministres sont aussi d'opinion qu'il faut hâter un accommodement avec les Hongrois même touchant la religion, poussés par la crainte des princes allemands, lesquels voyant qu'ils ne peuvent pas compter sur l'assistance de l'empereur, prendront un autre parti qui sera préjudiciable à l'autorité césarienne ; p, ex. les maisons de Brunswick et de Hesse offrent leur secours au prince Palatin, s'accordant ainsi avec les hérétiques et s'imposant à l'empereur. On a tenu à ce sujet un Conseil d'Etat avec l'intervention des chanceliers des pays héréditaires ; le Conseil dura cinq heures et on décida l'appel sous les armes de 12,000 soldats. Et, le même jour, il ajoute :

Insieme con le lettere délia Segretario di Stato delli 12 del passato, hô

438 LA DIÈTE A ÉDEMBOURG.

Le 9 août, Cybo mande à Bonvisi : « si dans la Diète de Hongrie il s'agit de faire des nouveautés touchant la religion, V. S. doit s'y opposer afin que son silence ne soit pas plus tard interprété comme un consentement de N. S., mais elle doit user de prudence et de circonspection comme il convient à sa représentance ; et V. S. informera de tout ».

Le 17, Bonvisi lui déclare que la voix de Mgr de Segna ne pouvait rien changer parce que les catholiques se trouvaient en grande majorité, toutefois le clergé s'étant uni pour refuser aux hérétiques toute satisfaction, il est à craindre que la Diète ne finisse par se dissoudre ; ce qui amènera une grande confusion. « On aurait voulu que je m'interposasse auprès des ecclésiastiques pour quelque combinaison, mais j'ai répondu que je devais plutôt encourager leur zèle et insister pour que l'on représente cet état de choses à N. S., n'ayant pas faculté d'arbitrer ; et je supplie V.Em.de vouloir m'indiquer ce que je dois empêcher comme positivement préjudiciable, car ces ministres croient qu'il suffit de ne rien céder des biens ecclésiastiques repris aux hérétiques, tout en leur laissant les fondations qu'ils ont instituées et les temples qu'ils ont bâtis même s'ils ont été affectés ensuite au culte catholique ; toutefois, on voudrait tenter de ne pas renoncer à ceux-ci si c'est possible, en leur laissant la liberté de conscience bien souvent promise, avec la permission d'édifier quelques nouveaux temples à leurs frais ; on ajoute même que si j'avais, dès le commencement, accordé cela, la Diète serait déjà finie, tandis qu'à présent il y a les jalousies et on ne peut pas prévoir où l'on ira. La conscience très délicate de S. M., conclut le nonce,

ricevuto con l'istessa data quella délia S* Congregazione del S. Offizio, alla quale rispondo con piego à parte, et hô stimato bene il diffondermi in ragguagliare i discorsi, che si fanno, conoscendo, che la mia contradizione non arresterà il corso délie negoziazioni, perché stimano trof^po pericoloso il tirarsi addosso la guerra del Turco,e S. M. è chiamata al Reno,dairistanze di quasi tutto l'Imperio. L'infalibil prudenza di N. S^e distinguera se cntri il caso di quella nécessita, con la quale pensano di scusarsi, e se sia bene ch'io protesti, ô mi assenti, in caso che non ci fosse modo di resistere, et à V. Em. ecc.

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