‹ Innocent XIChapitre 175 sur 430 · LA SITUATION S^AMÉLIORE · texte numérisé non relu

LA SITUATION S^AMÉLIORE

pratique ce que j'ai dit en divisant les matières ; séparant dans les travaux de la Diète ce qui touche l'organisation du royaume de l'accommodement avec les rebelles, voulant affaiblir ceuxci et provoquer la division parmi eux ». Le même jour il ajoute :

Molto strepitosa fù la sessione di hiermattina con grandi invettive contro il Clero, perche volasse perdere la Nobiltà, et il Regno coll' oppositione, che faceva aile sodisfationi delli eretici, i quali pigliano animo dal vedere che ancora i Cattolici vogliono l'aggiustamento à qualsivoglia partito, e quasi tutti i ministri di S. M^à Cesarea s'inclinano, e l'ambasciatore di Spagna, se bene favorisée gli ecclesiastici, sollecita l'aggiustamento, conoscendo che in altra forma si perderà la Fiandra, e Casale e con esso lo Stato di Milano. Il Palatino, benche zelante, riesce debole, e per le piccature che à coll' Arcivescovo di Strigonia, non fà tutto quelle che potrebbe, e l'Arcivescovo per la vecchiaia hà perduto gran parte del vigore. Sono dunque quasi solo k résistera, et ho proposti i partiti, che V. E. vedrà nella lettera in piano, per divertire il colpo, che sovrasta ; e î'Imp'"^ et il Vescovo di Vienna gli hanno approvati, ma altri giudicano, che non ci sia tempo da tentare altro mezo, che quello di un sollecito aggiustamento à qualsivoglia partito.

Le 31, il écrit :

Gl'eretici fecero il sabbato délia passata ^ettimana grande strepito per le loro sodisfazioni, et il lunedi seguente si astennero di comparire alla sessione, e porsero un longo memoriale à S. M^^i (i), supplicandola con gran sommissione di volerli sodisfare con Tintera osservanza del suo regio diploma, e li fù risposto col mezzo del Palatino, che si sarebbe procurato di fare per loro tutto il possibile, ma che intanto ordinatamente procedessero alla discussione délie materie publiche ; et essendosi fatto, e deliberatosi di provedere alla difesa del Regno, giache

(i) Gravamina publica per Regnicolas Hongariae proponenda : Palatinalis et Banalis authoritas. — Militaris nativi auctio. — Contributionis sublatio. — Offitiorum nativis distributio. — Camerae Hungariae reformatio. — Militaris extranei superflui eductio. — Bonorum fiscalium restitutio. — Religionis accomodatio. — Amnistia generalis. — Dieta suo modo proxime publicanda. — lustitiae administratio — Fideiussorum, et reversalium relaxatio. — Actorum modernorum Dietalium privatorum in Capitulo sub sygillo conservatio.

Gravaminum Croatiae publicorum planatio. — Contra Turcas defensio.

444 LA DIETE A EDEMBOURG.

S. Mti si è compiacciuta di levare la contribuzione impostasi doppo la ribellione, senza pero specificarsi il quanto, ne il modo ; onde finalmente si è arrivato al punto de li pretesi gravami, che adesso si discutono. Si procura inlanto d'intrepidire la loro forte unione, accib che non pregiudichi alli afFari publici, rappresentando à i deputati de' sette comitati verso la Transilvania, che essi non hanno alcuna cosa da pretendere, perché possedono tutto quello, che in altri tempi li è stato promesso, senza alcuna innovazione, restando piii tosto gravati quei pochi Cattolici, che stanno mescolati frà di loro. Che nelli altri Comitati non si puol' far' violenza à i nobili, che promiscuamente hanno l'arbitrio di regolare le cose à loro modo : e circa le città libère si procurera di darli una compétente sodisfazzione. Hanno stimato alcuni di questi ministri, che questa sia la strada più facile, perche quel poco che si scapitasse in queste parti vicine, dove si è fatta la riforma,si ricupererebbe in brève, perche quattro in tutto sono i Magnatieretici,compreso il Teckely, trè de' quali sono decrepiti, e due senza figliuoli, et i loro béni ricadono alla Caméra, et uno, che ne hà, è délia famiglia Colonitz, e restano i figliuoli sotto la tutela di Mons^^ Vescovo di Naistat, che è il loro piii stretto parente, che si promette di convertirli, stante la loro buona disposizione ; e molti sperano che il Teckely farà l'istesso, se si aggiusterà, perché è ambizioso, et aspira à gran comandi, et al matrimonio délia Principessa Ragczzi Cattolica ; onde sapendo, che i comandi non li haverà, se non si con verte, e che similmente per questa causa li sarà difficultato l'ottenere la desiderata sposa, credono, che col tempo cambierà la sua religione, per la quale non si è mai riscaldato ; E pero dicono, che non tollerare présentement© qualche cosa ne i Comitati vicini, si ridurranno frà poco tempo totalmente Cattolici : e che non scapitandosi ne i lontani piii di quello, che fin' hora si è fatto, si promuoverà col tempo la Religione Cattolica con la suavità, e col profitto, che da molti anni in quà si è fatto in quasi tutti i Magnati, che tirano poi i proprii sudditi alla Religione, ch' essi professano. Ridotta poi la nobiltà, et i Comitati, esser' facile di regolare le città libère, deboli in se stesse, onde più si guadagnerà con la dolcezza, che col rigore, che getterebbe tutti nelle mani del Turco, e faciliterebbe il disegno, che mostrano di havere quei barbari di erigere li sette Comitati in un Principato per darlo à godere al Teckely, e che per ciô bisogna pacificare il Regno, per toglierli questa speranza, fondatasopra i presenti disturbi, poiche quando egli veda il Regno pacificato, conoscerà, esser impossibile la sopradetta dismembrazione, che riusci tanto dannosa à tutto il Regno, quando si fece à favore di Betlem Gabor

l'alliance avec les hérétiques. 445

Prencipe di Transilvania, e ne godé poi il Ragozzi fino alla morte, e pero perdendo il Teckely questa speranza abbraccierà gl'abbondanti partiti, che se li fanno col mezzo accennato à V. Emza ecc. ecc.

Le 7 septembre, Bonvisi (i) écrit : qu'il serait à désirer que cette Cour mette en pratique la maxime : qu'il faut s'occuper des intérêts politiques après ceux de la religion ; car, si les miracles obtenus jadis par cette Maison ne se répètent pas, au moins les fléaux de la guerre et de la peste seraient diminués ; mais on a tellement peur des Français pour l'Italie, l'Allemagne et la Flandre, et des Turcs dans la Hongrie, que toutes mes exhortations à se rapporter à la Providence divine bien plus quà l'aide trompeuse des protestants, ne suflisent pas. On s'excuse en disant que l'union avec les protestants est une action réprouvable lorsqu'il s'agit d'une guerre offensive, mais non s'il s'agit d'une guerre défensive ; ainsi ils répètent que négligeant l'Angleterre, pour vouloir aider les religieux catholiques anglais, il arriverait comme jadis aux Espagnols qui, refusant une ligue avec Cromwel, subirent le guet-apens de la Flandre et la perte de la Jamaïque. Il vaudrait mieux que ces catholiques ne se mêlent pas des affaires politiques, prenant un parti plutôt qu'un autre. Et à propos de l'évêque de

(i) Le 31 août, il annonçait que l'envoyé de la Hollande avait remis aux députés hérétiques une lettre cachetée, mais que ceux-ci l'ont remise à l'empereur. Dans cet écrit, les Etats généraux recommandent leurs intérêts, engagent les dépuiés à ne pas être trop rigoureux mais à se contenter de ce qui est possible pour les besoins de tout l'empire, afin que S. M. puisse arranger cette affaire. On a trouvé la note bien discrète et S. M. l'a fait restituer aux députés des hérétiques, lesquels cependant veulent la liberté de conscience, le libre exercice avec la restitution des églises qu'ils ont bâties, insistant aussi pour qu'on leur rende les 93 catholiques que jadis on leur avait consignées. Il paraît toutefois qu'ils ^abandonneraient cette dernière demande, s'ils obtenaient les premières, quoique les princes allemands les poussent à exiger l'exécution entière du diplôme juré jadis par S. M. Ces princes espèrent peut-être que, si l'empereur est occupé en Hongrie, il leur sera aisé de tenter tout ce qu'ils voudront contre les biens ecclésiastiques d'Allemagne, en en faisant les visées spéciales des électeurs de Saxe et de Brandebourg ; de manière que les catholiques connaissant leurs désirs, souhaitent l'accommodement de l'empereur avec la Hongrie.

44^ LA DIÈTE A ÉDEMBOURG.

Kildarience (i) on maintient la même réponse, ajoutant qu'il a été complice dans la conspiration de Nadasti et de Serino, étant confesseur du premier ; on a promis toutefois de l'aider en Flandre. « Je ne manquerai pas d'insister en faveur de ces réfugiés anglais, toutefois il faut qu'ils se conduisent avec prudence. » Et, le même jour, il ajoute que les vivres commencent à manquer ; et voyant trop de discussions à la Diète, on a résolu de choisir les sujets à traiter, en réduisant les principaux à 12, réservant pour une autre Diète les sujets particuliers. En attendant que Schwarzemberg, les chanceliers de Bohême et d'Autriche préparent la matière pour les réunions de la Diète, l'empereur est parti pour Ebersdorff, à la chasse, mais il retournera dans une semaine (2).

Le 14, Bonvisi informe de Vienne que dans la brève audience qu'il a eue de l'empereur, avant son départ d'Edembourg, S. M. lui annonça qu'elle avait lu avec attention le bref (3) qu'il lui avait communiqué en grand secret. « L'empereur m'a dit, écrit-il, qu'il avait trouvé que le Pontife s'était montré vraiment lui-même dans ce bref ; il loua l'œuvre de S. S. dans une

(i) Dans la chronologie des évêques de Kildare, aux archives du Vatican on trouve que le 8 février 1694, à la suite de la mort d'un nommé Weslii, est nommé évêque Joannes Dempsii. (Voir aussi dans la II partie ce qui touche l'Angleterre dans le chapitre de la défense de la foi.)

(2) Le 14, Bonvisi, devenu cardinal, raconte que jeudi il est arrivé un incident qui a fait rire toute la Cour : « Le marquis de Falses, ancien ambassadeur d'Espagne, est venu me faire une visite, mais voyant que je ne lui donnais pas la main, il s'en alla, disant qu'il ne pouvait pas traiter avec moi parce qu'on doit donner la main aux Grands, et que, lui, l'avait eue du cardinal Moncada ; j'ai répondu que j'étais renseigné sur le mal fondé de la prétention des Grands à Madrid vis-à-vis des cardinaux nationaux, car elle a été totalement abolie par Portocarrero et qu'il n'y avait ni prince, ni Grand, ni ambassadeur qui eût eu la main sur un cardinal ; toutefois le marquis persistant dans sa prétention, je l'ai laissé partir. Plus tard vint le marquis de Borgomainero, ambassadeur catholique, qui m'exposa ses regrets et m'assura qu'il en écrirait au roi. » /

(3) C'était le bref pour l'électeur de Bavière au sujet de son projet de mariage avec la Saxonne. (Voir dans la Ile Partie, le chapitre de la défense de la foi).

l'accord se fait a la diète. 447

matière aussi grave et se montra bien reconnaissant du passage le concernant à propos des dangers des Turcs ; S. M. loua aussi les démarches de N. S. au sujet du projet du mariage, mais celui-ci ne s'étant pas conclu, elle croit qu'il n'y a plus de danger à craindre. Quant à moi, à ce sujet, je ne peux donner de nouvelles à V. Em., à cause de l'absence du ministre de l'électeur de Bavière. S. M. ajouta qu'elle rentrera à Edembourg mercredi; je m'y trouverai, n'étant ici que pour me préparer au cas où l'on me donnerait la barrette à Edembourg, dans le but de la faire voir aux hongrois. L'ambassadeur d'Espagne est venu me faire visite et m'a dit que les dangers au sujet de Casale augmentent ; que S. M. avait offert au duc de Mantoue de lui envoyer 3.000 soldats du Tyrol pour renforcer la place, afin qu'il n'ait pas le prétexte de la cédera cause de sa faiblesse à la défendre ».

Et, le même jour, il répond à Cybo :

Havevo già registata nell' Archivio dalla Nunziatura la Protesta di Monsig"" Patriarca Bevilacqua, dalla quala V. E. mi hà mandate copia, et à similitudina di quasta ragolarô la mia, quando il bisogno lo richieda. Spero tuttavia che le raie continue contradizioni ridurranno le sodisfazioni, (cha la nécessita obligherà di dara à greratici), à tal modarazione, cha potro mostrarmena non informato, avanti il fatto, e se doppo havarna ragguagliato V. E. stimarà cha convanga protastare, non solo credo che non dispiacerà à S. M., ma che più tosto ne haverà gusto' poichè la protesta passata dal Clero, hanno adesso somministrato il pratasto di corraggare la concassioni dal Diploma giurato dà S. M. la quala essando piana di piatà, e di zelo, haverà gusto di potar col fondamanto dalla protesta operar con piii frutto in tempi magliori. Et à V. E. ace. ace.

Le 28, Bonvisi informe que depuis hier matin il a l'espoir de voir bien clore la Diète, et qu'on finisse par le couronnement de l'impératrice et du petit archiduc. Les magnats se sont calmés pour ce qui regarde le refus de S. M. touchant la restitution des biens aux fils des révoltés qui ont été décapités et qui sont unis de parenté avec les familles principales du royaume ; l'empereur a répondu que sur cet argument il n'entend pas qu'on puisse discuter, tout étant prescrit par la loi, ayant agi justement co.ntre des crimes énormes — mais, par contre, les

44^ LA DIÈTE A ÉDEMBOURG.

magnats savent que S. M. veut, après la clôture de la Diète, faire agir sa clémence habituelle, accordant quelques faveurs à ce sujet. L'empereur n'accepte pas non plus qu'on lui impose aucune loi touchant un accommodement avec les Turcs, bien que de cet accord dépende la pacification des révoltés, qui déclarent ne pouvoir se soumettre sans la permission de la Porte ; or, S. M. se réserve de négocier avec les Turcs par Caprara à Constantinople. On croit pouvoir se contenter aussi de ce genre de déclarations au sujet de la religion, se fiant à S. M. : Les hérétiques s'étaient enorgueillis, au commencement, des succès obtenus par les rebelles au delà de la Theiss, avec la prise de Boszormeny et maintenant celle de Callo (sic) ; mais ensuite ils se sont aperçus que cela, au contraire, nuit à leurs intérêts, car si d'abord on était disposé à leur faire des concessions pour les gagner, ce motif cesse du moment qu'ils ont déclaré ne pouvoir s'accommoder sans le concours des Turcs, ce qui fait qu'il n'y a aucun profit à faire des concessions aux hérétiques. Toutefois, la majorité des ministres est d'opinion qu'il faut concéder quelque chose à ceux-ci, afin de ne pas trop exaspérer ces populations et aussi de les détourner d'aider sous main les rebelles, leur laissant au moins l'espérance d'une amélioration de leur sort. « Je compte, dans l'audience de ce soir, engager l'empereur à agir à ce sujet avec zèle et vigueur d'âme, l'expérience m'ayant appris que, dans les articles principaux, la manière impérative a mieux servi que la courtoisie dont on a fait preuve jusqu'à présent. Je réserve par d'autres lettres d'envoyer à V.Em. des nouvelles plus positives, car cette nation est bien instable, spécialement ceux qui appartiennent au troisième ou quatrième ordre et ont moins à attendre de la clémence césarienne, comme le clergé et les magnats ». (i)

(i) A la même date, dans une feuille à part, il informe que la prise de Boszormeny a eu lieu sans résistance, par le mauvais vouloir du préside car on n'avait jamais payé les Aiduchi hérétiques, et les -200 allemands étaient créanciers de leur solde ; tous se sont enrôlés de suite chez les rebelles. Ce fait a donné lieu à de fortes discussions entre le Président de la guerre et celui de la Caméra. Le premier demande qu'il y, ait une caisse

BONVISI DECONSEILLE DES CONCESSIONS. 449

Le 31, il écrit encore : « J'ai toujours considéré comme un devoir de mon ministère de m'opposer aux satisfactions qu'on voudrait donner aux hérétiques ; d'agir de manière à ce que les rapports avec ceux-ci ne puissent pas être interprétés comme conséquence du consentement tacite de N. S. ; j'ai inspiré ces maximes au clergé, afin qu'il proteste toujours et se ménage une voie pour défaire ce qu'on aurait concédé par nécessité. Si nous n'avions pas le clergé et quelques magnats catholiques, entre autres le prince Palatin, on ne pourrait pas faire de l'opposition au diplôme accordé sous serment par S. M. et qui concède beaucoup aux hérétiques. x\ux ministres qui s'appuient sur ce diplôme, je réponds qu'il n'est pas valide, car il est en contradiction avec tant d'autres serments prononcés en faveur du catholicisme. Et j'ai fait aussi cette observation à l'empereur, qui m'a avoué se trouver embarrassé par cette contradiction dans ses serments. Toutefois, il sera impossible de ne pas donner quelque satisfaction aux hérétiques, afin de pacifier le royaume ; bon nombre de membres du clergé le reconnaissent, mais, de mon côté, je ne ferai rien, sachant qu'ils protesteront toujours. Je ne vois pas la nécessité d'expédier des courriers à Rome, car il ne s'agit pas de points de foi, mais seulement de transiger suivant le diplôme, concédant des satisfactions où on a enlevé les églises aux hérétiques, situées dans des localités avoisinantes, car dans les lointaines tout se trouve à leur avantage, et ce serait nous plutôt qui aurions le plus besoin de satisfactions. On ne pourra pas nier la liberté de conscience qui a été mise en

spéciale pour la guerre indépendante de celle de la Caméra, afin que, par des résistances hors de propos à payer les soldats, on ne donne l'occasion à quelque soulèvement militaire ; par contre le président de la Caméra proteste et menace de démissionner plutôt que de consentir à une séparation des caisses. Cette discorde affaiblit beaucoup le parti de l'évêque de Vienne et du maréchal de Cour, car leurs adversaires en profitent en exagérant le différend. Et le nonce ajoute que l'union des Turcs aux Transylvains a fait voir la ferme intention des premiers d'envahir la Hongrie et, pour ne pas se découvrir, ils ont fait agir le canon transylvain. On attend toujours des nouvelles de Casai.

Innocent XI — III 29

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pratique plusieurs fois et encore présentement à Edembourg avec le libre exercice ; par conséquent, je ne prévois pas que cela causera de grands préjudices ; cependant je leur ferai de l'opposition, quoique ceux-ci ne peuvent pas avoir une grande importance si l'on considère la situation créée par la force des armes ; mais en tout cas les hérétiques auront des avantages en comparaison de l'état où ils se trouvaient avant la rébellion ; et pour obtenir la pacification S. M. doit abandonner quelque chose. Du reste, S. M. a mis en pratique mes conseils : à présent elle négocie séparément avec la Diète, préparant les instructions pour Constantinople à donner au comte Albert Caprara, qu'on veut envoyer négocier avec Tokoli ; on réunit de l'argent pour enrôler la milice hongroise afin d'affaiblir Tokoli ». Le 5 octobre, il annonce que dans la dernière audience il a dit à l'empereur qu'il n'était pas opportun de suivre ceux qui conseillent la largesse dans les concessions aux hérétiques, dans l'espoir de gagner ainsi les rebelles et considérant que toute concession est chose juste quand on évite un grand mal et provoque un grand bien. Mais à présent que l'on a la certitude que les rebelles n'ont plus la liberté de leur volonté et sont esclaves des Turcs, ce n'est plus le cas de conseiller de prostituer la religion, quand on n'a plus l'espoir d'obtenir aucun bien. « Mes considérations ont fait de l'effet sur l'empereur ; et les ayant répétées aux ministres, ils ne nient pas que tout sera inutile auprès des révoltés actuels, mais ils craignent que d'autres hongrois se révoltent et s'unissent aux anciens rebelles, facilitant ainsi aux Turcs la conquête de tout le royaume. Tous mes efforts pour leur faire changer d'avis à cet égard n'ont pas réussi, caria crainte n'est pas sans fondement, voyant la rage dont les hérétiques ont été saisis après la lecture de la réponse de S. M. à leurs propositions, trouvant qu'à chaque demande on a donné quelque satisfaction et seulement, pour ce qui touche la religion, l'empereur déclare qu'il décidera après la clôture de la Diète. Sans doute, les députés hérétiques ne sont pas des personnages d'autorité, ni en situation de parler résolument, mais ils sont protégés par des magnats catholiques qui

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