INCIDENTS A LA DIÈTE
Le 29, Cybo lui répond qu'il lui enverra des instructions au sujet de ce que disent les ambassadeurs de France à Varsovie, contre la ligue ; mais en attendant il l'engage à gagner des aides en faveur de la Pologne afin qu'elle se décide à entreprendre la guerre et à se rendre capable de la soutenir.
Le 2 avril (i), Pallavicini écrit encore que la situation semble s'améliorer : « le notaire ne parle plus à la Diète et le gr. chancelier cesse maintenant son opposition, ne voulant se mettre contre tout le monde. Toutefois on a voulu savoir jusqu'où peuvent aller les secours des princes : Mgr de Posnanie, le palatin de Cracovie et le général champêtre de Lithuanie avec des nonces vinrent chez moi et je leur ai dit que S. S. avait mis, pour le moment où la Pologne entrerait en campagne, 500.000 11. à sa disposition ajoutant que N. S. travaille pour lui faire donner les dîmes de l'Italie et d'autres aides dans l'avenir ; les députés sont partis très-contents Mgr de Vamia avec les deux palatins de Trochi et Leceovia :
rence dura quelques heures. Toute son opposition se basait sur l'opinion que la Diète devait d'abord connaître sur quels subsides on pouvait compter et durant toute la guerre ; mais j'ai répondu qu'il ne s'agissait pas de la faire de suite, mais seulement de la préparer ; du moment que les Turcs s'avancent il y a bien le prétexte à se défendre ; que du reste la question des sub" sides n'avait pas une importance absolue ; l'entretien de 4000 hussards, autant de dragons, 20,000 chevaux et 8000 fantassins n'exige que 20 millions de florins et la Pologne peut bien donner cette somme ; qu'en outre c n peut compter aussi sur l'affection paternelle de N. S. Le notaire sembla se convaincre. De l'évêché je me suis rendu chez le Palatin de Lublin et ensuite chez le gr. chancelier du royaume, mais celui-ci me sembla encore hésitant. A la séance de la Diète, le notaire reprit son discours et parla de notre conversation; sa manière de dire et sa condition, plus que la force des raisons, firent impression sur quelques membres, mais toute décision fut renvoyée au lendemain. Le lundi, la partie semblait gagnée, mais si le notaire se tut, le gr. chancelier, qui jusque là était resté silencieux, prit la parole et se découvrit ; en attendant on a donné l'ordre de suspendre le départ des courriers pour Moscou ».
(i) A la même date, Martelli annonce à Cybo son départ définitif, ajoutant que les Vénitiens, tenant fermés les passages en Italie, il est obligé de prendre la voie du septentrion.
allèrent chez les ambassadeurs de France, ceux-ci s'excusèrent, comme à l'ordinaire, d'être obligés d'en venir aux particularités, alléguant le dommage que subiraient les français qui habitent ou font le commerce au Levant, donnant toutefois aux députés des phrases générales. Aucun évêque n'est allé chez l'envoyé de Brandebourg, mais on sait qu'il a dit que l'électeur s'en tient aux accords de la dernière paix, qui l'obligent à donner 2500 soldats. Avec le césarien se sont trouvés dans l'antichambre de la reine, Mgr de Leceovia et deux Palatins ; ils ne lui ont pas demandé de préciser les subsides, mais si César avait tâché de détourner les forces des Turcs ; toutefois le résident répondit qu'il n'avait des instructions que touchant la ligue défensive, tout en se disant prêt à en écrire à la Cour si la République le voulait. Après que ces députés eurent fait leurs rapports au Sénat, il a été décidé de conclure l'union avec les Moscovites, même s'ils • n'acceptent pas la diminution de 10,000 chevaux qu'ils demandent pour combattre les Tartares : il a été décidé aussi que pour la guerre il suffit d'une armée de 60,000 h. dont : 36,000 du royaume, 12,000 Lithuaniens, 2500 du Brandebourg, 6000 cosaques et 4000 de la milice qu'on appelle des esclaves. De cette armée il faut enlever 10,000 chevaux pour les Moscovites, mais par contre 20,000 de ceux-ci doivent aller avec les Polonais ; on a la certitude que le nombre des guerriers s'augmentera parce que la noblesse qui va sous les armes apporte d'autre monde et il y a aussi bien des gens qui grossissent une armée sans charger le Trésor public. Ces détails doivent bien plaire à N. S. On ne peut pas, cependant assurer qu'ils ne subissent des variations ; et la plus considérable sera touchant les contributions car chacun veut s'y dérober ; peut-être que les Diétines s'y refuseront ; et aussi la Diète peut se rompre ; on voit combien il est difficile d'amener au port le navire ». (i)
(i) Le 9, il continue : on n'a pas fait grand chose pendant ces jours saints qui sont dédiés aux exercices de piété. Ici, c'est l'habitude que le Seigneur reste dans le sépulcre du vendredi au samedi à minuit ; le roi