LES NÉGOCIATIONS AVEC LES MOSCOVITES
qu'ils voulaient écrire à Moscou contre eux. Et les Moscovites effrayés avouèrent que le czar désirait conclure la paix, mais qu'il ne fallait pas pour cela suspendre l'union ; ils ajoutèrent qu'ils auraient juré si on leur en avait fait la demande quand les accords ont été fixés, mais pas à présent, car ayant tout écrit au czar,ils n'avaient autre chose à faire qu'à attendre les ordres. Dans le fond, écrit-il, les Moscovites ont raison ; mais il peut se faire que, ayant relâchés les gardes auprès d'eux, ils ont pu entendre les discours du peuple, qui sont de nature à donner des soupçons aux ambassadeurs ; on croit aussi que le ministre du Brandebourg peut avoir eu de l'influence car l'électeur voit de mauvais œil que la Pologne soit aidée. Il n'y a donc qu'à conclure la paix, tenant en suspens l'union dont on a déjà arrêté les points essentiels. On doutait de l'accueil que la Diète réservait au rapport du v. chancelier sur ces conférences, mais après les avoir entendus, elle déclara, à l'unanimité, qu'il fallait persévérer dans les premières résolutions et que le royaume devait même opérer seul. La Diète a repris ensuite la discussion sur les contributions, entremêlée de questions privées et personnelles, — une d'elles, la querelle entre le gr. général et le gr. Trésorier de Lithuanie sur les comptes à rendre fut assouvie aussitôt. — Parmi les contributions discutées, \2ifumaria (celle des feux) semble la moins antipathique... On dit que les Turcs veulent substituer par un Vizir, le pacha de Kamenitz, et avec la Podolie et la Valachie lui créer un Etat remplaçant l'hospodar par un pacha (i).
Le 26, Cybo l'assure que N. S. ne doute pas qu'il travaille pour tenir ferme le roi dans la décision de rompre en guerre contre les Turcs, qui est le seul remède pour préserver la
(1) Le 30, il annonce qu'il a communiqué à des évêques qu'il tient déjà la faculté d'approuver les subsides que les ecclésiastiques pourront accepter. Il paraît que les prélats ont décidé d'élever à 500,000 fl. la contribution de 300,000 qu'ils payent pour les quartiers d'hiver. Et, le même jour, il ajoute que la Diète procède bien lentement en ennuyant tout le monde ; un des nonces touchant les contributions, aurait dit qu'il y avait besoin des conseils et de l'argent du roi et cela a déplu à S. M. qui ne veut pas être considérée comm.e quelqu'un qui accumule de l'argent.
5o8 LA DIÈTE A VARSOVIE.
Pologne de la ruine et de rendre possible aux descendants de S. M. la succession au trône. Malheureusement les obstacles seront nombreux à empêcher une œuvre aussi sainte comme peu opportune à leurs intérêts ; « mais V. S. saura découvrir les intrigues. Elle, mieux que tout autre, voit combien intéresse la tranquillité et le salut de l'Europe et de la chrétienté la rupture des Polonais avec les Turcs et combien doit s'y intéresser le zèle pastoral de S. S. ». Le même jour, il lui répond :
Sopra l'importantissimo affare délia guerra contro il Turco, io non saprei per hora altro, che aggiungere à V. S. Illa, se non che di riferirmi allô scrittole colle passate, e di più strettamente incaricarle hora la continuazione di quelle parti, ch'ella con pari zelo, e premura hà ben incominciate costi per l'effetto. Questo desidera di veder quanto prima N. S., e se dalle risoluzioni 6 sospese, ô contrarie délia Dieta, che à quest'hora dovrebbe esser conclusa, verra ritardato più oltre, voglia Iddio, che possa essersi à tempo à far le necessarie provisioni, che si richiedono per un impresa di tanta conseguenza e di tanta sicurezza del regno. Non lasci dunque V. S. I. di rinuovarne le sue diligenze, mentr'io la prego etc. (i).
Le 7 mai, Pallavicini annonce à Cybo que dans la Diète il arrive toujours des faits de nature à compromettre le cours des négociations ; ainsi, jeudi, dans l'assemblée particulière de la Lithuanie, il y a eu une dispute entre le gr. général Pac et le gr. trésorier du duché touchant la solde des milices et le général insulta le trésorier ; celui-ci le provoqua en duel mais Pac refusa parce qu'il est supérieur au trésorier qui n'est que colonel. Le nonce tâcha de les reconcilier mais ne réussissant pas et afin d'empêcher le départ du général il traîna les négociations. La lutte entre eux serait un grand malheur, parce que le duché de Lithuanie est partagé entre les deux familles :
(i) Et, le 10 mars, Cybo regrette d'entendre que les disputes/qui ont lieu continuellement dans la Diète entre Polonais et Lithuaniens, retardent le cours des affaires et nuisent à la sûreté du royaume; « toutefois V. S., malgré les difficultés qu'elle rencontre, doit continuer dans ses démarches. »