‹ Innocent XIChapitre 199 sur 430 · LA DECLARATION ROYALE A LA DIÈTE · texte numérisé non relu

LA DECLARATION ROYALE A LA DIÈTE

Pac et Sapiea, à laquelle appartient le trésorier... S. M. a fait déclarera la Diète parle gr. chancelier du royaume — et cette déclaration pour avoir toute son efficacité aurait dû être faite avant — « quoique la conduite du gouvernement eût pu faire voir la vérité, on a répandu le bruit que S. M. était réfractaire à la guerre et qu'elle devait se déclarer. Or, le roi veut la guerre comme nécessaire à la conservation du royaume et, ne pouvant pas l'entreprendre avec les seules forces de la République, il voudrait la faire uni aux Moscovites; très partisan de la ligue il serait tout prêt à la jurer lorsque le czar consentirait aux conditions fixées par ses ambassadeurs ». Le gr. chancelier déclara aussi qu'au cas où les Moscovites changeraient d'idée il conseillait de préparer une valide défense, en mettant sur pied une armée de 32,000 hommes afin d'empêcher la délimitation de l'Ukraine, ajoutant toutefois que la guerre finie S. M. n'entendait pas tenir sur pied l'armée. Il déclara que le roi ne gardait rancune ni à César ni à l'électeur, qu'il leur pardonnait, même bien que l'électeur l'ait outragé ainsi que la République ; qu'il ne se vengera d'aucun d'eux et que dans l'avenir il réglerait sa conduite envers Brandebourg de manière que des sentiments hostiles de maintenant, s'ils existent dans l'avenir, on n'en admettra pas l'existence ; et il conclut qu'après avoir ainsi entendu les intentions royales la Diète devait continuer à travailler. Les paroles royales eurent un accueil enthousiaste, et plusieurs offrirent ce qu'ils possédaient ; on imposa le secret le plus absolu. S'il n'y avait pas l'incident des Lithuaniens on pourrait déjà clore la Diète. Un rescrit a été rédigé pour le royaume où on dit que les Turcs n'étant pas fidèles à la paix on veut s'unir aux Moscovites etc selon les paroles royales (i).

(i) Le 9, il ajoute que la résolution de la Diète touchant la guerre dépend des négociations avec les Moscovites dont la ligue, qui semblait certaine, à présent devient douteuse. «Les ministres de Brandebourg ont de fréquentes conversations avec les Moscovites et on me rapporte qu'ils ont dit que la ligue entre la Pologne et la Moscovie n'aura pas lieu. Je crois que les ministres de l'électeur ont mis dans la tête des Moscovites de ne pas conclure

Le 14, Pallavicini répond à Cybo qu'il a déjà représenté aux français la nécessité de la ligue entre l'empire et la Pologne et que S.B. voulant que tous les princes chrétiens y prennent part, s'était déjà adressée à leur roi ; « toutefois je ne crois pas opportun d'insister sur ce sujet afin que les français n'aient pas à suspecter qu'on veuille traiter de nouveau la ligue avec l'empereur à laquelle ils s'opposent et cela pourrait troubler le courant actuel tout porté à la guerre .. Ici on ne parle plus de ligue avec César et peu de monde la désire. Je tâcherai toutefois d'en parler, l'occasion aidant, faisant ressortir que le pape la désire avec le concours de la France » (i). Et, le même jour, se référant à ce qu'il a écrit sur son entrevue avec Mgr de Beauvais, touchant la ligue avec les Moscovites, il dément le bruit que les ambassadeurs français fussent contraires, car ils ont dit que leur roi la considère comme la sûreté du royaume ; et que dans l'éventualité d'une rupture avec les Turcs, les français ne voulaient pas faire de grandes promesses ni prévoir un résultat heureux, car à quoi servent les promesses quand il y a si peu d'union parmi les principaux du pays et quand chaque Ordre essaye d'esquiver

une ligue avant que la paix perpétuelle fut signée, parce qu'à la suite de la ligue, les polonais après quelque avantage obtenus sur les Turcs, pouvaient faire la paix avec ceux-ci et aller contre la Moscovie. Il paraît même qu'ils auraient dit aux Moscovites de ne pas se fier au roi, le peignant comme un homme faux et leur adversaire. Toutefois, ceux-ci en quittant Moscou eurent l'ordre du czar de ne pas jurer les accords qu'ils auraient pu conclure, parce qu'à Constantinople les Moscovites négociaient aussi ; or il est à craindre que si le traité d'union ne se conclut pas, pour les Polonais existant toujours les motifs pour lesquels ils l'ont demandé ils ne pourront plus donner suite à l'idée de repousser les exigences des Turcs dans la délimitation de laPodolie. On sera obligé ou d'accepter leur volonté ou de faire la guerre ; peut-être celle-ci pourra induire les Turcs à la modération, mais pour cela il faut une année et il est douteux qu'on prenne les résolutions à temps vu la négligence habituelle lorsqu'il s'agit de la défense; difficilement on prend des précautions et tout empire sans remède ». (i) A la même date, Cybo l'engage à surveiller les intrigues de ceux qui regardent de mauvais œil les accords pour engager la guerre contre les Turcs ; « V. S. doit tâcher de les découvrir et d'y faire opposition »

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