HÉSITATIONS DES MOSCOVITES
les contributions ? « Je crois aussi que les ambassadeurs ont ajouté : que si la France faisait des promesses, on finirait, au cas où la réussite ne serait pas heureuse, par l'inculper de n'avoir pas aidé la nation » (i). Et le 21 il écrit : « pour faire la guerre il faut une aide étrangère ; et la Moscovie est la plus propre. Si le Czar accepte les accords stipulés ici il n'y a plus rien à demander ; mais s'il les refuse on est décidé à conclure la paix perpétuelle avec les Moscovites ; ils ne le dirent pas ouvertement afin qu'on ne le sache pas à Moscou. Avec finesse et, presque sans que la Diète s'en soit aperçue, on a fait donner à quelques sénateurs et nonces la faculté de décider; et à présent ceux-ci sous le serment du secret, se sont engagés à conclure la paix perpétuelle avec le Czar, s'il refuse les accords, quatre feuillets ont été rédigés ; chacun de ceux-ci contient des instructions qui vont de crescendo jusqu'au quatrième qui traite de la paix perpétuelle. Si cette méthode a été suivie c'est parce que les Moscovites veulent voir les instructions particulières des négociateurs et que l'on ne veut pas que, dès le commencement, ils sachent jusqu'à quelle limite on peut aller. J'espère pouvoir transmettre à V. Em. la copie de ces feuillets. A mon avis c'est la chose la plus utile et la plus importante en ce moment. »
(i) Et, dans un feuillet à part, il annonce que la conciliation a eu lieu entre le gr. général et le gr. trésorier, en présence de la reine, le nonce apostolique étant intermédiaire, que seulement le général ne voulant pas qu'on l'accuse d'avoir refusé le défîe, il demandait qu'à la première guerre il eût à faire partie avec son rivai d'un des avant-postes les plus dangereux, mais, le nonce déclara que sur ce sujet il ne répliquait pas... Dans la Diète on discuta à qui devait revenir le commandement de l'armée lithuanienne et on finit par tomber d'accord ; du reste, la Diète tire à sa fin ; on en craint la rupture et plusieurs, renonçant à tout égard pour les intérêts de la République, ne travaillent que pour obtenir des faveurs et donner cours à leurs passions; tellement qure le nonce apostolique, mandé par le roi, travaille en même temps que la reine à y mettre ordre. ...Il y a eu aussi discussion sur les subsides des princes caries Lithuaniens en réclamaient le tiers. Le gr. général a dit aussi en public que son armée ne sera prête qu'au printemps prochain, tandis que le roi voudrait entrer en campagne en hiver car c'est la saison la moins propice au.x Turcs.
Le 27, il informe que Mgr de Kiovia vint lui dire, que vu l'impossibilité d'obtenir de la Diète, en peu de temps, les contributions pour mettre sous les armes un corps suffisant à résister aux Turcs, au cas où ils voudraient la délimitation de l'Ukraine, S. M. prie N. S. de vouloir, dans sa paternelle bienfaisance, permettre, de prélever sur les subsides qu'il a accordés pour la sûreté du royaume, de quoi enrôler 12,000 Cosaques qui seraient payés par un ministre, que le nonce désignerait. S. M. se mettra à la tête de ces hommes, unis aux soldats du royaume et de la Lithuanie, et se rendra aux frontières pour résister à une invasion. Le roi ne voit pas d'autre moyen d'empêcher ce désastre, ne voulant pas être responsable devant la chrétienté et le royaume. S. M. reconnaît que l'opposition de la noblesse aux contributions a fait commettre des erreurs à la Diète, mais il en repousse la responsabilité, étant prêt à donner sa vie et à sacrifier sa Maison. «J'ai répondu que les lenteurs de la Diète rendaient la République bien inquiète et que moi, qui n'ai jamais manqué de reprocher à la Diète ses lenteurs, je ne pourrais l'excuser, alors qu'elle mérite tant de blâmes pour son obstination devant les dangers de la patrie. J'ai loué la générosité du roi ; quant à la demande de subsides je n'avais pas de pouvoirs me permettant d'en décider. Comme le prélat semblait laisser croire dans la conversation, que je doutais du consentement du pape, sachant que sa volonté était de ne donner les subsides que lorsque la guerre serait déclarée, je lui ai dit qu'il fallait donc trouver d'autres remèdes, en obligeant les plus riches à faire un prêta la République, en prenant pour exemple le roi. Mgr de Kiovia répliqua qu'un emprunt était impossible car il fallait consulter tout le monde, et que le pays n'avait personne qui pût faire des prêts à la République; il dit encore que SI même le roi avait de l'argent il devait penser à ses enfants, et qu'en outre la République n'avait pas assez de crédit au dehors parce qu'on savait qu'elle ne payait pas ses dettes ; et qu'enfin il n'y avait qu'à compter sur l'argent du pape. Voyant toutefois que je n'avais pas de pouvoirs, l'évêque déclara que