‹ Innocent XIChapitre 205 sur 430 · RUPTURE AVEC LES MOSCOVITES · texte numérisé non relu

RUPTURE AVEC LES MOSCOVITES

et que sous peu on attendait à Moscou l'envoyé du gr. Khan des Tartares avec un Chiaus ; il ajoute qu'après sept jours on lui avait remis les lettres, mais qu'il fut contraint de retarder son départ de quatre jours ; et qu'enfin à Smolensk il avait appris la rupture de la Diète. La lettre du Czar au roi contient un résumé, comme c'est l'habitude de cette nation, de ce qu'on a fait jusqu'à présent touchant l'union. Le Czar finit par se rapporter à ce que de vive voix diront ses ambassadeurs, priant le roi de les entendre avec bienveillance et de les renvoyer en Moscovie. Cette lettre a fait mauvaise impression. Le lendemain les députés polonais se réunirent avec les moscovites et à leurs demandes ceux-ci répondirent : que le Czar pendant longtemps avait soutenu la guerre contre les Turcs, refusant la paix, et désirant l'union avec la Pologne, et que des négociations avaient eu lieu à se sujet, mais sans résultat. En attendant, bien des chrétiens sont devenus esclaves des Turcs et, le Czar ayant envoyé enTartarie le ministre Tiapkin, celui-ci fut d'abord très mal accueilli et ensuite on lui a fait comprendre, qu'avant tout, il fallait faire la paix avec les Turcs ; et qu'alors Tiapkin,sans demander des ordres,s'est permis de traiter avec les Turcs une trêve de 20 ans, et ainsi les chrétiens purent être libérés, notamment le général Cheremetief et le jeune Romadavsky, très-estimés du Czar ; toutefois la trêve n'avait pas encore été ratifiée, mais le grand duc voulait en informer le roi et la République. Les Polonais demandèrent ensuite si le grand duc ratifiera la trêve et s'il a accepté les traités qu'on a discutés. Les Moscovites répondirent qu'ils ne savaient rien car le grand duc ne les avait chargés que de donner la nouvelle, de prendre congé et de partir. Les Polonais furent indignés de se voir traités de cette manière barbare et se plaignirent fortement de tant de malice. Le roi, aussitôt informé de tout, ordonna aux députés de dire aux ambassadeurs, en son propre nom, qu'ils ne peuvent pas ignorer que, pour consentir au traité de l'union, la Pologne avait accepté la prolongation de la trêve et de traiter la paix perpétuelle ; qu'ils devaient donc bien réfléchir sur la situation, car la Répubhque

peut considérer la trêve comme finie, et toute négociation pour la paix rompue ; les ambassadeurs ont entendu cette déclaration avec des manifestations de regret ; car ils voient que si, pour être tranquilles, ils ont fait la paix avec les Turcs, ils n'ont peut-être fait que changer d'adversaire... Toutefois les discordes de la Pologne pourraient rassurer les Moscovites s'ils n'étaient pas aussi timides ; et, touchant le traité de paix, ils ont ajouté que le Czar s'en remettait au plaisir du roi tant pour changer des arbitres que pour l'époque de la réunion des médiateurs; et de cette manière ont fini les conférences, augmentant la tristesse générale ». Et le ii, il informe :

Fù hieri tenuto avanti il Rè un lungo consiglio sopra la conferenza ultima havutasi da deputati Polacchi con grambasciatori Moscoviti. Varii furono i pareri, coma convenisse comportarsi con loro, hor fù seguito il più mite, che e' a punto quello, che il Nuntio apostolico consiglio al S^ V. Cancelliere, ministro il più essercitato, e forse più accreditato in queste materie, che primo del consiglio, volse vedersi et udire il senso del medesimo Nuntio.

Disse il Nuntio, che il voler trattar aspramente gl'ambasciatori non giovava, che ad una vana sodisfatione, et ad sfogo inutile, se non anco dannoso. Che ciô haveria accresciuto sommamente l'odio délie due nationi, onde si renderiano'sempre più diffidenti, et irreconciliabili. Che lasciandosi partire, e trattandosi civilmente gl'ambasciatori, e conosciuta da Moscoviti la buona volontà de Polacchi, cessando le cagione délie gelosie, e sospetti col farsi una volta la pace perpétua, era da credere, che potesse effettuarsi un giorno cio, che non era riuscito hora per diffetto forse délia pace. Che fra poco tempo i Moscoviti si pentiranno délia tregua fatta col Turco, onde in l'hora penseranno forse à far quello, che non hanno voluto adesso, e dal quale dépende la commune sicurezza. Doversi pensare alla propria salvezza, e conservare à questa l'odio, e l'ira benche giusti. Bisognar lasciar luogo al Trattato délia pace perpétua, che fattasi una volta aprire la strada ail' unione maggiore degl'animi, dalla quale puô anco un giorno seguire quella délie forze.

La risolutione dunque fù che si licentiassero gl'ambasciatori con ogni modo e civiltà. Che doppo qualche tempo si mandasse anco al Czar un mviato per fare modeste doglianze, e più tosto in forma di dispiacere, che di risentimento per non essersi conclusa la Lega offen-

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