‹ Innocent XIChapitre 211 sur 430 · INTRIGUES DE BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

INTRIGUES DE BRANDEBOURG

appunto segui al tempo del Rè Casimiro, che hebbe un simil disegno. N. S. non dà credito à questa fama. Contuttocio la gelosia, che hà délia sainte del regno, e de vantaggi di S. M^^ l'obliga à non trascurar cosa alcuna che possa cooperare à questo fine. Hà percio voluto che V. S. 111"^^ sia de me incaricata di far sopra tal materia qualche insinuatione à S. M^^ affinche possa colla sua prudenza ovviare ad ogni sinistra opmione, la quale potesse nuocere à suoi generosi disegni in tempi di tanta nécessita ecc.

Le i6, Pallavicini écrit : Quoiqu'on dise que l'électeur de Brandebourg ne s'opposerait pas à la vente des biens acquis par son fils, toutefois sur une partie de ceux-ci, certains prétendent avoir des intérêts, et d'autre part on ne trouve en Pologne personne qui pourrait les acheter, car le roi même ne peui: acquérir d'immeubles sans une décision de la Diète générale, et il paraît aussi que l'électeur veut venir à des accords avec ceux qui prétendent avoir des droits sur ces biens ; à ces négociations s'intéresse Overbeck, son ambassadeur, lequel a reçu l'ordre d'obtenir l'appui de la France, voulant d'abord s'excuser auprès du roi qui se considère toujours offensé de ce fait. « Voyant que ces négociations avançaient j'ai été voir Mgr de Beauvais pour lui exprimer mes regrets de ce qu'avec son collègue il coopérait à enraciner Brandebourg dans ce royaume, au préjudice, de la religion, de la République et du roi ; faisant aussi voir qu'il serait plutôt de son devoir de faciliter un accord entre N. S. et l'électeur afin que chacun des deux n'ait à troubler les Etats de l'autre durant quatre ou cinq ans; et j'ai ajouté que le pape a regretté le mariage. L'évêque m'a avoué que réellement il s'agissait de négocier un rapprochement des deux princes, demandé par Overbeck ; que le très-chrétien en avait accepté la médiation, et que de cela, il y a des mois, il m'avait averti, sans avoir d'ordres particuliers, mais les ^.mbassadeurs agissant de leur initiative. Monseigneur ajouta que son roi ne travaillait pas pour que Brandebourg ait à augmenter son pouvoir, cet électeur étant inconstant et ami de nouveautés. Il m'a dit aussi que je devais rester tranquille, qu'il agirait bien froidement et qu'on finira par ne rien conclure, essayant de

maintenir Overbeck avec des espérances jusqu'à son retour en France ; le marquis de Vitry m'a tenu le même langage. Je les ai remerciés et en attendant, à moins de nouveaux ordres de la France, Overbeck s'en ira r^ ^w/^c^« et l'électeur devra chercher un autre chemin pour réussir... Toutefois,, même si ces négociations ne réussissaient pas, il y a toujours le danger que l'électeur de Brandebourg ne s'implante dans ce royaume, car j'entends dire qu'il fait de grandes offres à S. M., par la cession d'une forte créance qu'il a contre la République, dans l'espoir de gagner le roi ou au moins à le faire dissimuler ; et s'il y réussit personne ne travaillera à le déraciner du royaume ». Et il conclut qu'il en parlera au roi (i) : Le 30, il annonce que Mgr de Beauvais, en partant

(i) Et, le 25, il informe que ceux qui doutent que la France a eu la main dans la rupture de la Diète, se basent sur l'intérêt qu'a le très-chrétien que les Turcs se mettent avec les hongrois pour occuper l'empereur ; mais ils ne voient pas ce qu'il arrivera de la Pologne si ensuite elle est attaquée par les Turcs. Probablement elle serait démembrée et César y gagnerait, mais cela ne ferait pas le compte de la France, qui veut voir un royaume, fort et très ami, aux frontières de la Maison d'Autriche. On peut aussi dire que la suspension de la Diète ne met pas en danger la République, parce que les Turcs tourneront leurs armes vers la Hongrie; toutefois il est certain que le très-chrétien ne peut affirmer jusqu'où iront ceux-ci, car ils sont occupés toujours à gagner davantage. « Cela me fait induire que la France n'est pas coupable de cette grave et infâme action ; je ne crois pas que Beauvais en ait été l'instrument : je le sais très estimé de son roi, qui pour lui être utile s'occupe, durant l'absence de l'évêque, de l'élection dans son diocèse dès députés à l'Assemblée du clergé ; com.ment peut-on croire que S. M. ait voulu envoyer le prélat se suicider en Pologne, alors qu'elle a cherché de lui épargner la honte de coopérer à cette Assemblée? Il ne faut pas beaucoup d'adresse en Pologne pour faire rompre une Diète ; il suffit d'un ministre d'intelligence ordinaire, pourvu qu'il ait de l'argent, pour gagner quelques membres de la Diète, et il y en a beaucoup qui ne demandent qu'une petite somme pour s'allier à un parti. Il est hors de doute que le roi qui croyait avoir plus d'influence que ses prédécesseurs, du fait de^a rupture de la Diète, a subi un échec qui lui a fait perdre de sa gloire et de sa réputation ; on ne croit pas que Mgr de Beauvais ait voulu se rendre tant odieux au roi, qui aurait pu se venger en demandant sa révocation ; et on ne peut dire non plus qu'il a agi secrètement étant donné la perspicacité et l'habileté du roi et les nombreux amis de S. M., dans une République où sont ouverts

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