PROMESSES DE MGR DE BEAUVAIS
pour Paris, lui a dit qu'il sait que les affaires en France sont très agitées mais qu'il s'en tiendra loin, travaillant plutôt à apaiser les choses. L'évêque croit pouvoir se valoir de Rosa, vieux serviteur de sa Maison e.t secrétaire de Mgr de Paris, en outre d'un parent qui reste auprès du P. La Chaise, tandis qu'il se réserve de parler franchement à Mgr de Reims. « Il se propose aussi de travailler sous main auprès de l'Assemblée, mes j'ai compris, écrit-il, qu'il ne veut pas se mettre mal avec le cardinal d'Estrées ni donner de soupçons au roi, de façon que je. l'ai engagé à m'informer de ce qu'il découvrirait et croirait opportun touchant l'Eglise, et il a promis de tenir correspondance avec moi, ajoutant que de Vienne il écrira à d'Estrées ayant ave lui une vieille amitié. Il m'a paru sincère dans ses déclarations, bien attentif et empressé d'avancer dans les mérites et les grâces de S. B. ; aussi j'espère qu'il remplira ce qu'il promet » (i). Et, le même jour, il répond : « V. Em. me demande la cause secrète de la rupture (2) ; or.
tant d'yeux et où s'agitent tant d'intérêts. Enfin il est à noter que la Diète n'a pas été rompue par les amis du prélat mais par ses adversaires. Il est aussi certain qu'il est au plus mal avec le gr. chancelier, qu'il n'est pas ami non plus du Palatin de Posnanie et, quant à Przyiemski, nonce de Posnanie, il est partisan de Béthunes contre lequel l'évêque a presque de l'inimitié. » Et le nonce conclut que, pour ne pas être trop prodigue, il n'ajoute pas d'autres réflexions qui feraient croire que la France n'est pour rien dans la rupture de la Diète et Beauvais encore moins. »
(i) Le 30 août, Cybo lui répond : « à N. S. fera plaisir la correspondance entre V. S. et Mgr de Beauvais ; V. S. sera tenue ainsi au courant de quelque particularité à laquelle l'évêque peut coopérer dans les circonstarces actuelles de Rome avec la France. » Mais, le 25 juillet, Cybo lui avait mandé :
Monsigr Vescovo di Posnania hà scritto à S. S'a che voglia dar ordine al Sigr Card' Buonvisi d'interporre i susi offitii appesso l'Impre per un certo affare. V. S. potrà significargli, che S. St^î hà dato l'ordine, e che ella non sa quai sia il negotio. 11 quai la S^à Sua giudica espediente di non accennarle perche possa dir con verità di non saperlo, et esimersi dagl'impegni, ne quali potrebbe il vescovo cercar di metteria. Che trà tanto non hà S. B^ giudicato necessario di faraltra rispostra alla lettera di N. S.
(2) Parle chiffre du 21 juin, Cybo lui avait écrit qu'il faut connaître la véritable et secrète origine de la rupture de la Diète.
d'après les recherches faites aucun fait nouveau ne ressort de ce que j'ai écrit en clair, c'est-à-dire, qu'il est plus que probable que tout le mal a été causé par Brandebourg et ses amis, et qu'ainsi les arguments contre d'autres et spécialement contre le très-chrétien ne méritent pas considération. Je trouve quelque indice de plus contre le gr. chancelier du royaume par suite d'une lettre interceptée de Przyiemski, celui qui effectivement a rompu la Diète, dans laquelle il lui demande conseil, après la rupture, touchant la manière de gouverner, d'où on déduit qu'il y a eu des communications précédemment. Et en attendant il m'arrive une lettre de Ratisbonne, de Stratman, sujet et confident de l'électeur de -Brandebourg, où il m'écrit : Secretarius Scultetus eo plane die quo comitia Varsoviae abriipta fuere de eo sub vesperam secuturo eventu domint electoris hic residentem legatuni Shembech certiorem fecit, sibi tamquam de re bene gesta gratulatus... Le Scultetus doni on parle est le secrétaire de l'électeur. >
Le 2 août, Cybo lui écrit :
Accennai à V. S. 111. con altre mie antecedenti le cagioni, che quà eran crédule di notabile impedimento alla buona condotta dell'affare, che riguarda la sicurezza pubblica del Regno consistenti nelle discordie civili, che son frà grandi, e nelle gelosie, che si hanno di veder favorita più l'una che l'altra parte. Hora le replico esser troppo necessaria costi la riunion de gl'animi de' medesimi SS" e la parte efficace, che deve percio esser interposta anche per dileguar frà essi ogn'ombra di sospetto. Alla M. Sua non ne mancheranno i modi ; e poiche il piii atto, e il più proprio per conciliarsi ancora la benevolenza de popoli è il voler mantener ad essi la lor libertà, e il mostrarsi insieme difensore délie leggi del regno, non lasci V. S. I. col mezo di quelle destre e savie manière, che son si proprie dell'avvedimento suo d'insinuarle al Re, onde la M. S. se ne approfitti opportunamente anche per far la ricurezza propria e prego dal S'" Dio ecc. (i).
(i) Et, le même jour, il ajoute : le roi se décidant à faire la guerre dissipera les ombrages que le projet à la succession avait produits sur les puissants du royaume. « V. S, doit continuer à le conseiller à la guerre, laquelle ne peut qu'être heureuse si les Turcs attaquent la Hongrie ; V. S. pourra aussi assurer le secours de N. S. dans les termes déjà annoncés, et qu'il ne manquera pas de penser à tous les moyens possibles. »