CHAPITRE XI
La Pologne en 1682.
Le pape était découragé de ne pouvoir arriver à la conclusion de la ligue et surtout au sujet de la Pologne, qui, à cause des dissensions intestines et des rivalités, n'arrivait jamais à une conclusion. Toutefois, au cours de l'année, survinrent des incidents qui semblaient devoir préparer le terrain à la nouvelle Diète.
Le 3 janvier 1682, Cybo envoie deux lettres à Mgr. Pallavicini. Dans la première, il écrit :
Si vede che i Polacchi non hanno voglia di Lega, ma forse col tempo, e non molto lontano, s'avvederanno dell'errore. V. S. 111^"^ non ne parli più, si governi pero in modo che non possano attribuire à disapplicatione di Roma la perduta opportunità ; mentre in sostanza sono essi che la fuggono ; e S. S^^ non vuol inquietarsi più inutilmente per collegarli con Cesare.
Et, par la seconde, il lui répond :
Si hebbero già à tempo debito i fogli, che da V. S. 111. mi furono trasmessi sii le considerazioni fattesi dal savio avvedimento di lei per la sicurezza di cotesto Regno, e di quei di Cesare contro il Turco ; et io che à N. S. ne feci la relazione, risposi già per parte délia S^à Sua, che ella più oltre in ciô non si avvanzasse. Rinuovo percio à V. S. I. presentemente l'istesso ; E la prego ecc. (i).
(i) Mais, dès le 7, le nonce l'avertissait : qu'il a déjà commencé à ne plus entrer en matière s'il n'y est pas invité par la Cour ; je continuerai à rompre le fil du traité pour l'offensive, et à répéter que l'on doit chercher autre chose pour le salut du royaume, les dangers augmentant tous les jours.
Le 14, Pallavicini transmet à Cybo l'avis qu'un polonais de condition, qui a été longtemps prisonnier à Brialgrod, a dit au roi à Javorovia que les Tartares, dont il fut le captif, craignent que la paix entre les Turcs et les Moscovites ne se fasse pas ; ils regrettent d'avoir mis en liberté Cheremetieff contre une rançon de 70,000 th., et Romadanowski contre une de 40,000. Il a ajouté qu'un des fils du khan avec beaucoup de Tartares passe l'hiver à Brialgrod ; qu'un autre fils va en Valachie et que plusieurs jannissaires et spahis de Camenitz ont passé le Danube. vSi ces nouvelles sont vraies— car tout ce qui vient de l'Orient mérite confirmation — on a raison de soupçonner que les Turcs veuillent entrer en Hongrie.
Le 21, il écrit : la reine a été contente de ce que le trèschrétien a levé la délense à la marquise de Béthunes, sa sœur, de paraître à la Cour. Le Palatin de Sandomiria a envoyé au roi une députation, afin qu'il convoque la Diète et signe une citation contre le gr. Trésorier du royaume pour des affaires touchant sa personne. S. M. a répondu d'abord qu'elle ne manquera pas de convoquer la Diète lorsqu'il y aura opportunité, mais ensuite qu'on ne peut pas lancer de citation à cause d'une loi de l'interrègne du roi Michel et que, dans la diétine, il y eut une protestation du Palatin même. Beaucoup trouvent mauvais que le Trésorier ait acheté des terres en France lorsqu'il y était ambassadeur ; on se demande si celui qui achète des biens à l'étranger plutôt que dans son pays peut être bon citoyen. Morsztyn dit pour sa défense, que s-'il a fait des acquisitions ailleurs, c'est parce qu'il a vu la patrie en danger sans pouvoir la sauver (i).
Le 31, il informe qu'il a vu les dépêches de l'envoyé polonais à Moscou (2). « En proposant la mission, dit-il, j'avais con-
(i) Le 17, Cybo lui avait écrit : S. S. désire savoir si le Brandebourg a des prétentions sur l'église Piltense ; et ce qu'il en est du bruit dee^ armements des Turcs contre la Hongrie.
(2) Et le 7 mars, Cybo lui répond : « que S. S. en entendant la lecture du rapport des négociations de l'envoyé polonais à Moscou, a trouvé, comme dit V. S., qu'on ne s'y est pas bien pris, tout au moins après les conseils
l'envoyé polonais a moscoue. 555
seillé d'offrir la paix perpétuelle, et de tâcher, en cette occasion et sans en avoir l'air, d'empêcher la paix avec les Turcs. A présent, comme on a changé de tactique, toute négociation sera superflue et il peut arriver, au désavantage de la Pologne, que les Moscovites avertiront les Turcs des propositions polonaises, afin d'en obtenir quelque concession dans le traité de paix » (i). Et, le 4 février, il ajoute :
Mandai sabbato passato à V. E. un ristretto de' negotiati fatti dall' Inviato Polacco in Mosca con occasione d'una straordinaria speditione fatta à Vienna, onde suppongo, che quello le sarà giunto prima dell' arrivo del présente dispaccio, con il quale l'invio la traduttione di cio, ch'è passato nelle conferenze (2). lo non posso à meno di ridire qui,
de prudence de V. S. En ce qui touche le commerce avec Rome, S. S, s'est complue d'entendre qu'à Moscou ont été mises au clair les bonnes intentions de S. B., de manière que les Moscovites puissent en tirer profit.
(i) Le 28, il avait écrit à Cybo que \q gazzettista allemand à Vienne avait publié la nouvelle de Paris, de l'arrivée d'un gentilhomme, pour négocier la concession de l'indigénat français au prince, fils du roi, et traiter pour l'acquisition de terres. S. M. s'est beaucoup fâchée de ce que l'on publie de telles faussetés et elle en fit des doléances au résident césarien. « J'en ai écrit à Bonvisi,car il est étrange que l'on répande de fausses nouvelles à l'égard de cette Cour, ce qui peut troubler les bons rapports que nous devons tâcher de maintenir. La mission du gentilhomme regarde la marquise de Béthunes et a pour but de savoir quel accueil on ferait au prince polonais dans le voyage que son père veut qu'il fasse en France, en Italie et en Allemagne ».
(2) Copia literarum S. C. M^is ad Sermum Regem Poloniae.
Quam luculenta vicini Confederati fratris benevoli iuxta et amici confidentis, et quietis publicae amantis documenta erga nos Ser. V. recenter adhuc non tantum in eo, quod in nos de minitantibus periculis sincère premonitos voluerit, illinc vero hostilibus contra nos conatibus reipsa preverterit, ac animum inconstantem nobiscum amicitiam obfirmet, sed vel maxime etiam in hoc exhibuerit, quod subditis nostris rerum novationes spectantibus, ut bono eque suo privato, ac Christianitatis publico ad frugem potius, et obedientiam nobis tam régi suo legitimo debitam revertantur, auctor fucrit, atque pcrsuasor, de iis singulis fidelibus, et accuratis nostri apud eamdem Ser. V. Residentis Consiliarii de Zicrowa Zierowski relationibus ad gratissimum animi nostri sensum percepimus, eiusmodi enim sunt, quae praeterquam quod nobis, communique Regum causae iuvandae conducunt ; Perturbatores ctiam tranquillitatis publicae a contrariis suis moli-
corne secondo il mio tenue intendimento e previdenza, questo negotiato non è stato preso per suo verso. I Moscoviti senza la pace perpétua non sono per fidarsi de' Polacchi, onde bisognava parlare di ciô, che concerneva quella, e farlo apparire per soggetto principale délia missione, et intanto impedire destramente, se si poteva, la ratificatione délia pace, e secondo, che si fosse vista dispositione à ciô inoltrarsi et insinuare quel che giudicava à proposito o si voleva. La via tenutasi hà obligato i Moscoviti à congediare l'Inviato per non dare a credere che la ratificatione délia pace, che pende, non sii sincera dal canto loro, dando essi orecchie aile proposition! di guerra.
Vedrà V. E. nella 2^ conferenza dell' Inviato quello che è passato in proposito délia Commissione, che haveva di negotiare per ripigliare la communicatione colla Corte Romana, il che hà fatto opportunamente, e servando il decoro, parlando da se, et in termini generali, ciô è che poteva sperare il Czar d'essere honorato nel trattamento da S.S'^^ corne mérita. Penso che volesse principiare di qui, per passare poi oltre.
Anco nella 3^ conferenza introdusse destramente il negotio proponendo, che il Czar scrivesse à S. S^'^, nel quai caso si séria potuto entrare nella materia, e concertare la forma di scrivere. Ma i commissarii preclusero la via con dire, che havendo il Czar scritto in ultimo luogo, e mandato ministri, non havendo havuto risposta, toccava à S. S^^àï scrivere, et inviare. Se l'inviato potesse trattenervisi, potria portare le ragioni, onde non si è data risposta, et attendere quel che piacesse à N. S'"^ che si dicesse proseguendo il trattato, ma corne hô detto di sopra, credo, che la partenza sera già seguita non volendo i Moscoviti ingelosire il Turco, et intorbidare la loro pace, che vogliono almeno godere per qualche tempo, come cavo dalle conferenze. Una cosa si è fatta, che penso gradirà à S. S^'^, ciôè, che quella natione sa la bona dispositione, che hà N. S'"^ d'honorarla quando (come certamente si persuadera) essa facci il suo dovere. lo non hô havuto sin' hora particolari avvisi dall'Inviato, ô dal suo confessore, ma quando l'haverô, se conterranno qualche cosa di più ne ragguaglierô l'E. V.
minibus merito revocent, atque deterreant, quam proinde confidentiam, ac animorum coniunctionem sicuti cum Serte V. reciprocis rerum argumentis firmare, atque etiam pruducere (sic) nobis semper voluppe çrit, itaque quinde fraterna, ac grata mente nostra eandem hisce assicuraremus, haud nobis praetermittendum duximus, quoignoscat quid officiorum vicissim nos Ser. V. debere libenter profiteamur, cui, quod reliqum est foelices rerum, consiliorumque successus ex animo precamur.