PLAINTES DU ROI CONTRE LA FRANCE
toute chance de ceindre la Couronne. Le bruit court que le roi est mécontent de la manière que l'on traite à la Cour de France la sœur de la reine; il se rend compte que l'on n'a plus pour lui la même considération parce que l'ambassadeur actuel ne travaille pas en sa faveur. S. M. voit que la France ne veut plus se servir de la République pour ses desseins, qui au fond visaient à entretenir chez l'empereur, en cas d'une guerre avec la France, la crainte d'une attaque de la Pologne, pour reprendre la Silésie et la Lusace, qui jadis ont appartenu à la République. S. M. est mécontente aussi de ce que les français cherchent à créer ici un parti non seulement indépendant du roi, mais contre lui, en vue de donner la Couronne à un autre que son fils (i).
Le 22, Pallavicini informe de la mort, survenue en Prusse, d'Overbeck, polonais de naissance, qui fut résident à Varsovie et durant bien des années rendit des services à l'électeur, par sa connaissance des polonais et son habileté. On dit que le prince veut le remplacer ici par Morstino, polonais du palatinat de Cracovie, habile et intelligent, et qui sert la princesse de Radziwill, mariée au second fils de Brandebourg. Le désordre qui règne dans les affaires de ce royaume, fait qu'on ne refusera pas de recevoir l'électeur à cause de sa qualité de sujet et d'arien... Les étudiants de Wilna, poussés par un zèle
(i) Et, le même jour, il ajoute que le roi, après avoir interrogé des sénateurs et des conseillers, a déclaré qu'il n'y a pas lieu à la citation demandée par le palatin de Sandomir. Mais le gr. Trésorier n'est pas entièrement hors de cause, car il pourra bien être de nouveau accusé dans les diétines... Il y a eu un autre incident entre Brandebourg et cette Cour, car l'électeur, enorgueilli par ses succès, se montre arrogant vis-à-vis de princes plus forts que lui. C'est ainsi que des caisses de médicaments pour la reine, en transit par son territoire, furent ouvertes ; une partie du contenu en fut enlevée et ensuite on laissa partir l'expédition sans aucune explication. Ce qui est plus grave eficore, il a écrit au roi, en le menaçant de représailles, à propos d'un procès de si peu d'importance, que ce n'est point le cas de faire de telles menaces.
Innocent XI — III - 36
peut-être trop ardent mais dont on pourra juger avec le temps, ont démoli les écoles et le temple calvinistes (i).
Le 29, il ajoute que les 16,000 ungherir ont été remis à un député de Tokoli, à condition que l'on rompe l'armistice avec César ; or, cet argent eut pu être confisqué. « Un polonais du parti français m'a dit ingénument qu'il ne pouvait pas concilier la déclaration du très-chrétien touchant la levée du siège de Luxembourg avec ce qui se fait ici ; mais je crois en avoir trouvé la raison : il y a quelques mois le très-chrétien écrivait au roi en demandant sa coopération auprès des princes allemands, ses amis, afin qu'ils ne consentissent pas à la rupture de la paix entre l'empire et la France, mais plutôt de la confirmera perpétuité en acceptant le projet communiqué à Francfort ; le roi n'en a rien fait et laissa voir que dans l'état présent des choses il ne lui déplaisait pas que la France ait à courir, elle aussi, les chances de la fortune » (2). Et, le 6 mai, il écrit que le césarien a renouvelé au roi la plainte de ce que l'on fasse passer par le royaume les secours aux rebelles hongrois ; et que dans les environs de Javorova séjourne l'envoyé français, près du Transylvain. S. M. a reconnu le bien fondé des plaintes (3), et a déclaré vouloir se conformer
(i) Le 15, il avait annoncé aussi la mort de Pac, gr. général de Lithuanie ; « c'est peut-être un bien pour la Pologne, car il était peu dévoué au roi ; beaucoup de charges sont vacantes. »
(2) Le 30 mai, Cybo lui répond que la nouvelle, d'après laquelle on aurait fait passer par la Pologne 16,000 unghcri destinés à la Hongrie, est très importante et de même celle rapportant les sentiments du roi envers la France ; et il engage le nonce de tâcher d'être au courant de tout.
(3) Particula literarum Ill™i Pro Cancellarii Regni Poloniae ad Nuntium Apostolicum. Dat Javoroviae pa maii 1682.
Illud latere nolo Illmim Exe. Vestram. Ante aliquot septimanas venerat hue in ipso obitu Regio D. Residens Caesareus quaestus coram supremo Regni Cancellario contra ministres Galliae rebillionem Unghariae ab illis foveri, ipsos vero aula nostra abitu cuius auctoritate pallientur. Monuit Serenissimus eo nomine Legatum perD. Zarnoski, quod tuletit responsum illa vice mihi non patuit. In reditu magis ista praefatus D. Residens expressit. Unde S. R. M^^s D. Clementissimus mandavit mihi hanc provinciam cum supremo ministerio Gallico expostulandi.