‹ Innocent XIChapitre 223 sur 430 · ENCORE SUR LA RUPTURE DE LA DIÈTE · texte numérisé non relu

ENCORE SUR LA RUPTURE DE LA DIÈTE

de la Diète. Une personne de l'entourage de la reine m'a écrit : rupttiram comitioruin ex Gallis provenisse sciimcs autentice. Sachant que par le passé S. M. pensait différemment, j'ai craint qu'il s'agissait d'influences du moment pour les questions touchant sa sœur à Paris ; et afin d'éclaircir la chose j'ai cherché Mgr de Kiovia, — à présent de Luceoria — , qui m'a dit que le roi lui écrivait ses jugements, non leur source, mais qu'il comptait s'aboucher avec S. M. A moi également on a écrit de la Cour de ne pouvoir mettre sur papier les motifs de cette croyance ». Et, le 12 août, il ajoute : « ceux qui sont ici ne savent rien autre, sinon que le roi croit à la coopération de la France et que Mgr de Beauvais a déboursé au palatin de Posnanie quelque somme ; je ne trouve personne qui ait la confirmation du discours du roi à Vitry ; je sais seulement que Mgr de Varnia, neveu du roi et très-aimé de lui, a écrit en France : la reine m'a parlé de l'affaire du chapeau rouge comme si elle voulait revenir de sa première décision, mais on ne sait de quelle manière s'y prendre, s'agissant de matière aussi délicate ».

Le 5, il annonce que le roi a été bien désolé de la perte de Cassovia (i), et il s'étonne que Tokoli ait pu s'en rendre maître, ayant peu de soldats avec lui et presque tous des cavaliers ; il accuse les Allemands d'être négligents et craint la perte d'autres places ; et vu que Tokoli manque d'infanterie, S. M. prévoit que les Turcs la lui fourniront, et comme Cracovie n'est pas loin elle craint pour le royaume. * Il y a quelques

(i) Et, le 3 septembre, Cybo lui écrit à ce sujet :

E' veramente lacrimevole la perdita délia cittadella di Cassovia, e N. Sre la sente molto, anche per que' mali, che possono derivarne à cotesto Regno, massime quando quella piazza sia consegnata in mano de' Turchi, non è perô maraviglia, che questo tristo successo risvegli in S. M. il pensiero d'unir le suc armi à quelle di Cesare, per far argine al torrente vicino, che minaccia prossime dcsolationi alla Polonia, e S. Stà ben vede, quanto sarebbe stato bene di concluder tal unione molto prima d'hora ; onde senza aggiungerle altro in tal proposito, mi riferisco ail' annesso foglio di numeri, e auguro à V. S.

jours le roi, causant avec des personnes de la Cour en la présence du résident impérial des affaires hongroises, a dit : primiim vicina respicientur , ubi omnia priiis perdita fuerint. Or, le ministre, très-habile, en-'a déduit que le roi, par ses paroles, a laissé voir qu'il désirait la ligue avec César pour sauver leurs royaumes ; ainsi, dans une audience particulière, le résident demanda à S. M. si véritablement elle avait pensé cela, et le roi lui répondit : non îantum id. àD.V. cupio sed et rogo, paroles précises du roi comme me les a rapportées le résident, qui ajouta que quelque ministre causant de la manière de faire la ligue après la rupture de la Diète, déclara que le roi cherchait un moyen pour en prévenir les effets. Il semble que S. M. est d'opinion qu'il n'y a plus d'espoir d'en finir avec les affaires hongroises moyennant la réconciliation, d'où il voit la nécessité de penser à ses propres intérêts ».(i) Et il ajoute :

Scrissi la posta passata l'opinione del Re, che i Francesi havessero cooperato alla rottura délia Dieta, e vi feci sopra qualche riflessione, nella quale persiste ; nondimeno stimo mio debito di registrare qui sotto cio che mi scrive il Résidente dell' Imperatore da Javorova con le lettere del 31 Luglio che ricevo hora.

Nudius tertius accessit Marchio de Vitry legatus Gallicus Regem petendo, ut siquidem res Romae cum suo Rege componi videantur, velit S. M^as denuo scribere in favorem Episcopi Belluacensis quatenus, juxta suam nominationem adCardinalatum pertingat.Respondit rex jam antehoc scripsimus, nunc vero de animo episcopi Belluacensis et quae adversus res Christianitatis nostrumque et regni nostri interesse egit, rumpendo Comitia aliter persuasi sumus. Ad hec Legatus. Ordinarium munus est quod Palatino Posnanicnsi datum fuit sed Rex iterato respondit documentaliter scimus quomodo qualiter et quo fine corruptiones haec factae sint.

(i) Le 12, il annonce que le résident césarien, dans la conviction que l'argent de la France destiné aux hongrois continue à passer par le royaume, s'en est plaint au roi et lui a remis un mémorial. S. M. réunit un Conseil et ordonna de demander à l'ambassadeur de France de faire partir Laverne du royaume. Le vice-chancelier s'est rendu chez Vitry, qui lui répondit par des généralités, ajoutant que Laverne a le caractère de ministre auprès du Transylvain et faisant même voir des lettres du très chrétien qui lui octroient ce titre... Le roi ne veut pas employer la force, mais il a dit que si l'empereur arrête l'argent ou des lettres, ou empêche les communications avec les hongrois, il ne réclamera pas.

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