NÉCESSITÉ DE SUBSIDES A LA POLOGNE
dit aussi que l'électeur veut reprendre la question de l'indigénat pour son fils, offrant des avantages de peu d'importance comme la cession de la créance sur Elbing et quelques capitaineries sur lesquelles il a des prétentions... De Moscou un noble est arrivé au roi pour l'avertir : qu'on est inquiet de l'incident des Cosaques, qu'on demande à la Porte si elle est disposée à assister les Moscovites au cas où la Pologne voudrait les assaillir, qu'on est en train de s'allier aux Tartares, que l'on a écrit aux Turcs en termes soumis jusqu'à recommander au gr. Seigneur de protéger les Czars dans leur âge tendre, et qu'enfin on voulait expédier en Pologne une grande ambassade avec Czadaiosi et Holozar, personnages bien connus ici et très habiles.
Et, le 18, Pallavicini informe que les événements de la Hongrie et les préparatifs turcs donneront lieu à des discussions dans la Diète sur la ligue offensive avec l'empereur, qui est la seule à laquelle soient disposés les Polonais ; et sur ce sujet il veut exposer ses sentiments. « Le voisinage de deux royaumes, écrit-il, fait que les intérêts de l'un deviennent ceux de l'autre, et par conséquent que les deux pays doivent agir ensemble. Les Polonais disent qu'une attaque des Turcs contre la Pologne ne peut venir que par Cracovie, place ouverte, sans fortifications et bien pourvue de vivres par la fertilité de son sol. Il faut toutefois noter qu'en Pologne il y a des gens qui, perdant tout courage, désespèrent de la situation, tandis que d'autres, préférant les intérêts privés à ceux de la patrie, laissent aller les événements et ne veulent prêter aucun concours à la République, n'étant attachés qu'à l'argent. Il paraît que la fierté d'antan, qui inclinait à la guerre, a disparu et que maintenant on préfère ne plus être des soldats rigides pour jouir de ces crises. Dans les Ordres, on craint que par la guerre le prestige du roi n'augmente et que son autorité ne devienne absolue... Je ne nie pas que dans la Diète il y aura des âmes généreuses, mais comme les votes ne comptent que parle nombre et non par le poids et qu'il suffit d'une voix d'opposition pour jeter tout à terre, je prévois que l'union entre César et la Pologne, quoique utile et nécessaire, rencon-
trera de très grandes difficultés ; on aura beaucoup à travailler et Dieu seul sait si on en pourra recueillir les fruits. Il n'est pas douteux que le moyen le plus puissant pour que la Diète prenne une décision sera la certitude des subsides et de leur durée ; ceux qui ne veulent ni la guerre ni la ligue, mais en voient la nécessité, se prévalent de la pauvreté de la République pour conseiller de ne rien faire ; toutefois, devant les choses désespérées ils diront de maintenir tant qu'on pourra la situation actuelle et de ne pas signer de ligue ; enfin d'éviter la vengeance des Turcs. Le royaume a vu diminuer ses forces ; il y a des Grands fort riches qui ne veulent pas soutenir tout le poids de, la guerre ; la noblesse généralement refuse de supporter toute aggravation, trouvant que la fortune des particuliers ne doit pas sauver les intérêts généraux. Il y a aussi des gens qui ne voulant coopérer que légèrement au salut de la République, considérant plus utile de s'en aller ailleurs avec leur avoir, amassent des richesses en espèces, se déliant de la patrie, troublant le commerce et cachant l'argent. Il ne reste donc qu'à imposer le peuple qui ne peut supporter de forts impôts... Selon les calculs, le royaume, avec le duché de Lithuanie, peut entretenir 36,000 h., mais ce nombre ne suffit pas contre les Turcs et, ne pouvant soutenir une longue guerre, il faut frapper fort, faire un grand effort pour attaquer l'ennemi. Les armées polonaises, tout en étant plus disciplinées que les turques, n'ont pas la discipline de celles des autres nations chrétiennes, et leur manière de guerroyer demande de grandes masses pour tenir tête aux armées ottomanes. Des subsides sont nécessaires pour augmenter avec de l'infanterie ce contingent, qui n'est presque formé que de cavaliers. L'offre des subsides et leur durée aura la force de convaincre même les plus réfractaires.« Tout cela étant admis, du moment que depuis longtemps N. S. a poussé à la guerre, j'ai cru de mon devoir de renseigner de cela V. Em., la suppliant de me faire savoir la volonté du pape touchan,t les subsides promis jadis, c'est-à-dire 500,000 fl. et les dîmes sur le clergé d'Italie, travaillant à vaincre les difficultés d'Espagne sur ses possessions italiennes ; et je voudrais en outre de la