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CONSEILS DU NONCE SUR L'ADMINISTRATION

confirmation des 500,000 fl., savoir quel est le rendement annuel des dîmes, et si la durée de leur temps est de trois ou quatre ans, car il sera plus opportun de ne s'expliquer avec la Diète que peu à peu. Il faudra aussi prendre des précautions, pour que les subsides n'aient à durer qu'autant que le royaume tiendra sous les armes le nombre effectif de soldats et pour que l'argent soit distribué par un payeur choisi par le nonce ; on a déjà mis cette condition l'année dernière lorsque on a offert les 20,000 ungheri pour les besoins qu'on croyait urgents. J'ai lu dans l'acte du cardinal Morosini que Sixte V, sachant que le trésor de Henri III n'était pas bien administré, refusa de mettre dans ses mains rargent,mais lui fit une grosse offre de soldats ; il me paraît que nous sommes ici dans le même cas. La condition que l'argent soit distribué par un payeur du nonce ne déplaira pas ici, car, si on fait la guerre, l'argent sera employé pour la chrétienté et la défense du royaume, et si on ne la fait pas l'offre du pape restera toujours comme témoignage de charité du Saint-Siège en exemple aux autres nations, et aussi de l'inexcusable négligence des Polonais, qui ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes de leur ruine » (i).

(i) Le 25, il ajoute que circule entre les mainsdetousune publication que, par plaisanterie, on surnomme : les visions de Mgr de Posnanie. Il y est question des malheurs présents de la Pologne et surtout de ceux qui peuvent lui arriver par la rupture des Diètes, dont la conséquence serait la ruine totale du royaume. Le ministre d'un prince disait jadis : que si son maître avait à craindre la Pologne, il ne l'exhorterait pas à préparer une expédition, mais d'envoyer dans la République un peu d'argent pour acheter un nonce, affaire de petite dépense et plus sûre que celle d'affronter l'armée polonaise. Lorsqu'il n'y avait pas la corruption qu'on a introduite avec le luxe et l'intempérance, les lois qui favorisent la liberté pouvaient exister, mais les mêmes à présent livrent la République au caprice d'un seul... Pour cette raison on a proposé un changement à la constitution : que pour rompre la Diète il faut plusieurs voix et même celles de tout un district ; mais la réforme est bien difficile... On garde les frontières de la Moscovie parce qu'on craint la fuite du fils cadet de Kovanoski et qu'on ne veut pas qu'il aille exciter les princes contre la Moscovie ; on a lancé une taille sur sa tête... Les Czars voulant faire marcher sur Moscou une partie de l'armée qui garde les frontières de la Suède, los soldats refusèrent pour ne pas se battre contre les prétoriens.

Le 2 décembre, Pallavicini, après avoir déclaré qu'il était difficile de communiquer avec Moscou, ajoute qu'il voulait profiter de l'arrivée des ambassadeurs des Czars en Pologne pour renouer les rapports de Rome avec la Moscovie. « En février, l'envoyé polonais, à l'audience publique du Czar, en présence des boyards, a dit : que le pape se serait servi du mot Czar en écrivant au grand duc, si le Moscovite avait fait ce qu'il doit ; et les choses en restèrent là ; mais toutefois avec ma lettre du ii mars, j'ai ajouté que le polonais était d'avis qu'avec le temps et les moyens on réussirait. Il n'y a pas de doute qu'on devrait faire connaître comment les Czars traitaient le pape avant les lettres portées par Ménéses à Clément X. En Moscovie il n'y a pas d'archives à cause des guerres ; ainsi le manque de précédents, le barbare orgueil et le peu de flexibilité des Moscovites rendent la solution difficile ; il n'y a que l'exhibition des originaux des lettres qui puisse leur faire prendre une décision. La lecture de Giaccone n'a pas suffi ; car on raconte qu'ayant fait voir aux ambassadeurs, qui se trouvaient ici, les volumes des conciles où sont énoncés les titres donnés par les empereurs schismatiques aux papes, on n'a pas pu les amener à les regarder. Peut-être pourrait-on leur faire voir les lettres de l'empereur, mais ils répondront que César reconnaît dans le pape le Vicaire de Dieu sur la terre... Pour ce qui regarde le titre aux Czars, il était subordonné à la concession du libre exercice de la religion catholique, à l'établissement perpétuel et non temporaire des Missions en Moscovie. Je crois qu'en insistant sur cette concession on rend l'affaire encore plus difficile, car parmi les schismatiques les Moscovites sont les plus barbares, les plus durs adversaires du nom romain ; soupçonneux ils ne donnent aucun signe de vouloir refaire l'union. Je serais donc d'avis de né pas insister, car l'union pourra venir après et à la suite des rapports. Dans une lettre qui m'a été adressée, on suppose que la difficulté vien-t du titre de Czar, mais je. crois qu'elle vient aussi du mot de Majesté auquel on prétend ; on peut s'assurer de ce qui s'est passé au temps de Clément X ; je sais que le grand duc reçoit ce

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