‹ Innocent XIChapitre 232 sur 430 · RAPPORTS ENTRE SAINT-SIÈGE ET MOSCOVIE · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE SAINT-SIÈGE ET MOSCOVIE

titre de plusieurs princes, mais non de l'empereur. Si on réussit à s'accorder sur la formule, l'annonce de l'avènementdes nouveaux Czars seraitl'occasion opportunede reprendre les rapports ; et le roi pourrait rassurer les Moscovites s'ils sont soupçonneux. Au cas où l'on traiterait ici cette affaire avec l'ambassadeur qu'on attend, je voudrais qu'elle fut initiée par des tiers qui en parleraient comme pour leur compte, et ils m'en référeraient ensuite. Je crois qu'il vaudrait mieux charger de la négociation l'envoyé césarien à Moscou, car les ambassadeurs Moscovites n'aiment pas à s'occuper d'autres sujets que du contenu de leurs instructions ; en tout cas ils seraient obligés d'en écrii'e et d'attendre longtemps les réponses. Il me semble que ces rapports tenus déjà par des papes auraient une grande valeur dans les guerres contre les Turcs, et dans l'exercice de la religion » (i).

Le 8, le nonce écrit qu'il lui vient à l'idée que l'empereur a engagé la Pologne, afin que dans la prochaine Diète elle ne puisse plus refuser la ligue, et il pense que son idée est plus vraisemblable que celle de ceux qui disent que l'on n'a engagé la Pologne que pour obtenir une amélioration des rapports des Turcs avec Tempereur. « Il me paraît toutefois, ajoute-t-il, que si ici on avait eu une plus forte volonté on aurait dû répondre qu'on fermerait les yeux au passage d'hommes par la Pologne, comme on les a fermés pour les révoltés. Dernièrement, par ordre du roi, on m'a communiqué sa lettre dans laquelle il souhaite vivement l'accord entre Tokôli et César, offrant même sa médiation ; cela semble une contradiction aujourd'hui du moment que César a accepté le projet de la ligue, et fait craindre qu'ici on ne veuille pas de guerre. Le gr. Trésorier, le premier partisan de la faction française, parlant de la ligue, m'a dit qu'on ne doit pas y penser si l'empereur accepte les propositions françaises à Francfort ; et que s'il fallait en arriver à rompre la Diète pour empêcher la ligue, on la romprait

(i) Le même jour, il annonce que Laverne s'est retiré à Dantzig, où il dit qu'il restera jusqu'au printemps pour retourner ensuite en Hongrie.

invoquant comme raison apparente que cette ligue ne serait que profitable à l'empereur, car celui-ci, dans la nécessité de défendre l'empire, manquerait de forces pour la Hongrie et c'est sur la Pologne que retomberait tout le poids. On dit aussi que l'ambassadeur français à Constantinople a déclaré au gr. Vizir que, si la Porte tourne ses armes contre la Pologne, le très-chrétien aidera celle-ci avec ses troupes. « Je crois, conclut-il, que si on rend publiques ces paroles, ce ne sfera que dans le but d'endormir ceux qui ne veulent pas d'une guerre. On voit qu'il y a toujours de grandes difficultés ».

Le g, il informe qu'il paraît qu'à Moscou on a étouffé la révolte des prétoriens. Les Czars ont fait venir à Moscou un corps de soldats qui tuèrent 3000 Strelitz, et ont amnistié le reste de ceux-ci, à condition qu'ils s'éparpillent dans différentes localités... Il est certain que la Diète se convoquera le 20 janvier; dans les instructions aux diétines on met en relief la triste situation de la Hongrie, qui peut tomber toute dans les mains des Turcs, avec la perte de Cracovie capitale du royaume, et on fait voir la nécessité de la sauver. Les préparatifs des Turcs augmentant toujours, il est donc nécessaire que la République prenne les dispositions indispensables à sa défense, d'autant que le roi, élevé dans les armes, se trouvera mieux sous une tente que dans un palais Dans les instructions on dit aussi que les révoltés hongrois ont passé par le territoire du royaume pour dévaster la Silésie et qu'ils ont ainsi fait voir aux Turcs le chemin à prendre, d'où il est nécessaire, de se sauvegarder pour l'avenir. Enfin on recommande que l'armée qui est aux frontières soit payée ; on parle de la défense du sol étranger. On recommande aussi d'indemniser le palatin de Valachie pour les dégâts soufferts. Et, le même jour, il annonce :

E'un pezzo che si dice che da Svetia si spedisse qui un'Ambasciatore il fine délia venuta del quale in Vienna et in Francia si è publicato essere per trattar una lega fra la Polonia e la Svetia che in qualsivoglia modo seguisse Brandemburgo la terria fatta contro dî se.

Li giorni passati seppi corne il Résidente Cesareo sollecitava appresso il Ministro di Svetia che è qui, la venuta di detto Ambasciatore, esor-

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