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LES PRINCES D'ALLEMAGNE

Le 15, Bonvisi informe que le président de la Chambre hésite à sortir l'argent pour les levées ; mais il devra se soumettre parce que les princes vivent dans la crainte d'être prévenus par des mouvements de la France dans l'empire : le cercle de Souabe, le plus exposé et le plus négligent, prie l'électeur de Bavière de l'aider, celui-ci serait bien disposé mais demande à son tour un corps d'impériaux ; l'électeur de Saxe est lié à l'empereur et assure la paix ; le duc de Hanovre a négocié avec l'électeur de Brandebourg mais il n'a pas signé d'accords, parceque, tandis que lui est pour l'empereur. Brandebourg est pour la France et sera neutre. On espère en l'Angleterre, mais la place de Luxembourg reste sans secours (i). Et, le 12 avril, il annonce que le duc de Hanovre a envoyé l'abbé Ballati à Munich pour découvrir terrain à conclure le mariage ; on dit que l'électeur y, est favorable à moins qu'il ne veuille l'archiduchesse dont il a demandé le portrait (2).

(i) Le 25 mars, il ajoute : le comte de Limbourg, de retour de Berlin où il représente l'empereur, dit que Brandebourg menace d'occuper par la force les biens ecclésiastiques ; « la même chose, poursuit-il, m'a écrite l'abbé Ballati qui séjourne dans le Hanovre. Mais l'empereur assure que jamais il ne fera de telles concessions... Les traités de Brandebourg avec la France visent seulement la neutralité de l'électeur durant un certain temps ; celui-ci veut marchander avec l'autre parti ; on lui a promis un cadeau de 200 mille écus et en outre une allocation chaque mois de 30,000 écus, si on peut obtenir, avec le concours de ses nouveaux amis, que l'empereur accepte les propositions de paix de la France, qui garderait les pays qu'elle occupe en Allemagne et en Flandre, à l'exclusion de l'Italie et de l'Espagne... Si l'empereur, conclut Bonvisi, n'est pas aidé et s'il a la guerre avec le Turc il se trouvera bien en danger ; son armement est grand, mais il ne pourra pas résister de deux côtés à la fois, à cause du manque d'argent, de sorte que les places de la Hongrie n'ont pu être fortifiées ».

(2) Et, le 19, il ajoute que l'abbé se trouve bien dans l'embarras, car, arrivé à Munich, n'y trouvant pas l'électeur, il donna pour motif de son voyage qu'il était en route pour l'Italie et il feignit de s'être fait mal à un pied. « Je suis toujours de l'avis, écrit 1^ nonce, que le duc veut l'archiduchesse, mais je ne fuis pas sûr que l'empereur la lui accordera. Le roi de Pologne la voudrait aussi pour son fils, car il n'y a pas de doute que l'évêque

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Le 28 juin, il informe que voyant bon nombre de conseillers persuader l'empereur à faire des concessions aux Turcs même dans l'intérêt des hérétiques, il a supplié S. M. de ne pas être trop généreux envers ces barbares, car les hérétiques Hongrois en profiteront pour s'attacher davantage aux Turcs voyant que par leur protection ils obtiennent des concessions (i). Et, le 19 juillet, il écrit qu'il y a de grandes dif-

de Posnanie a écrit ses lettres d'ordre du roi ». Et, le même jour, il annonce avoir reçu deux lettres de cet évêque dans lesquelles il déclare que, pour conclure la ligue, l'empereur devrait donner l'archiduchesse en mariage au fils aîné du roi avec toute la Hongrie. « Cette proposition, venant de ce prélat m'aurait fait rire, mais je suis convaincu qu'on la lui a fait écrire. Je n'ai pas répondu ; on y dit que quoique le prince n'ait pas une situation toutefois il est le fils d'un très grand père ». Le 25 juillet, Cybo l'informe à son tour : « que l'évêque a écrit aussi à S. S. lui demandant d'ordonner à V. Em. de négocier avec l'empereur le mariage aux mêmes conditions. La nature de l'affaire est si lointaine de la vraisemblance qu'elle ferait rire, même ne connaissant pas la facilité de ce prélat à de telles propositions et la mauvaise satisfaction qu'a de lui son roi. Toutefois, ayant répliqué, on lui a répondu qu'on a écrit à V. Em. et elle verra comment le détourner de ses idées ». Et, le 20 septembre, Bonvisi transmet à Cybo la copie de sa réponse à Mgr de Posnanie pour mettre fin à ces chimères ; « du reste, écrit-il, lui-même dit que si les Français avaient connaissance de ses projets il en arriverait une confusion à précipiter toute chose... Le nonce de Varsovie m'écrit qu'on propose d'envoyer un ministre césarien à Moscou pour travailler selon les idées du roi, mais je ne crois pas opportun d'en faire parole, après ce que j'ai dit à Mgr de Vienne ; d'autant plus que souvent les suppositions du roi sont plutôt politiques que réelles : c'est au résident impérial en Pologne de proposer ce qui peut être utile à son maîlre, d'autant plus qu'un sénateur polonais m'avertit que les deux Czars sont bien contents de la paix qu'ils ont avec le Turc, et se montrent toujours plus hostiles envers la Pologne avec laquelle on a défendu à leurs sujets d'avoir commerce ».

(i) Le 31 mai, Bonvisi avait mandé dans une feuille à part : quoique ne soient pas encore commencées les négociations de Caprara à Constantinople, court le bruit à la Cour que les Turcs veuillent améliorer leur situation en Hongrie afin d'augmenter l'influence de Tokoli -dans la partie supérieure, où se trouvent de nombreux hérétiques, leur accordant des conditions meilleures que celles de la Diète... Ici on veut envoyer 25,000 h. en Hongrie, en tenir prêts 15,000 dans les pays héréditaires, et 25,000 dans

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ficultés à conclure la paix avec les Turcs parceque Tokoli (i) prétend réunir deux comités au delà de la Theiss, qui jadis ont été concédés à Behlen Gabor et ensuite à Ragozzi, mais

l'empire pour les unir aux troupes des cercles et de l'électeur de Bavière... L'abbé Ballati est rentré en Bavière du Hanovre où il a été pour traiter le mariage de cette princesse qui se fera catholique.

(i) Voici le texte de l'armistice existant entre le roi-empereur et Tokoli : Sacratissimae Caesae Regiaeque Mt's Camerarius Aulae Bellico-Consiliarius Cavalleriae Generalis, unius Regiminis Cataphractorum equitum actualis Colonnellus, partium superiorum, et inferiorum Regni Hungariae supremus Generalis Aeneas Comes a Caprara etc. Universis et singulis, quibus competit, notum reddo : Posteaquam Illmus D. Comes Emericus Tockelij de Kesmarck una cum adhaerentibus suis ad oblatam benignitatem, Sacratissmae Caesa« Regiaeque Mtis Dni nostri Clementissimi innatam benignitatem, prius obsequiose accurrat, et fidelissima cura intendat amplecti clementiam, eademque Mtas Sacrat^a pro bono, et emolumento totius Christianitatis pacatum inclyti Regni Hungariae statum reddere clementer desideret, cuius benignissimae menti me démisse accommodans, conformiter cum parte adversa infrascriptorum punctorum contenta armistitij sancte et inviolabiliter servanda statui.

Primo siquidem adhaerentes praefati lUmi D. Com. Tockelij perhibeant incapacitatem Comitatuum Bereg, et Ugetta pro subsistentia eorum, eapropter ad facilitandum hoc in passu quoque bonarum intentionum progressuum, ac ne incolae dictorum Comitatuum nimie aggraventur, neve adhaerentes D. Comitis Tockelij ob penuriam victus in viciniores comitatus discurrant, excepta quoque Arce Munkatsch^ quae nullatenus interturbet praelibatis Comitatibus Berigiensi et Ugochen, tertius Halkamariensis supradicti ad ulteriorem benignissimae M<-'s Sacrat^ae resolutionem desuper fiendam, ita tamen, ne Illmus D. Comes Tockelij vel adhaerentes eiusdem in praefato Comitatu Halkmariensi, médis hoc tempore, continue consistant, ne praesidiarii Suae M^is Halkmarienses victualibus destituant, uti etiam dicti praesidiarii tam Germani,quam Hungari libère, ac sine passu Illmi D. Com. Tockelij solito, propriori modo, universis victualibus, nemine impediente, potiri, eaque exigere possint, pariter incolae Cottenses à devehendis Halkmar rébus vecturis, ac quovis nomine vocitandis servitiis praesidio, et inclytae Camerae Estradis nullatenus interturbentur.

2» Casu quo mutatio aliqua militis Caesarei in confiniis, vel praesidiis fieret lU^a D. Comiti Tockelij propriori idipsum notificabo mature, quo circa aut minima diffidentia, ac suspicionis materia tollatur.

30 Cum semper mos usitatus fuerit in armistitiis, passus a parte adversa haberi, ideo si quos Illmus D. Comes Tockelij extra très praelibatos comitatus adhaerentes cum congrua comitiva mittere velit, in particularibus suae,

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après la mort de celui-ci ils ont été repris. Il y a du monde qui dit que c'est inutile de les garder, car dans le cas d'une guerre ces comités seront les premiers occupés ; mais peutêtre on les cédera pour sauver la meilleure partie de l'empire, arrangeant le reste avec la Cour ottomane par argent (i).

vel adhaerentium agendis negotiis, iis passum ego non negabo, verum necessario Illmus D. Cornes Tockelij eosdem reconîendabit, secus passum non habebunt, e contra si qui sub praetextu huius passus publicae tranquillitatis turbatores, ac incitatores malorum comperientur, eisdem omni modo contravenientur ; si vero aliqui divagantes sine passu meo extra loca assignata deprehendentur, ii, qui capi poterunt, ad forum proprium remittentur, qui vero armis ad resistendum usi fuerint, tanquam inobedientes Ilimo D. Comiti Tôckelij conformiter tractabuntur, nullus tamen ob culpam alterius arrestabitur, aut damnificabitur.

40 Nulli ex adhaerentibus Illn^i D. Comitis Tôckelij suppeditabitur ansa, durante praesenti armistitio, avellendi se a devotione eiusdem D. Comitis, eidem rémittent, nullam adhaerentes D. Comitis cum milite Suae M'is habent correspondentiam, quae vice versa a D. Comité promittuntur.

50 Si Sua M^as Sacratissima quopiam modo huic armistitio non consentiret, aut aliqua alia occasione rumperetur, tali casu ego vel successores mei obligantur lUmo D. Comiti Tôckelij 15 diebus prius pro certo notificare, nec in eorumdem dierum spatio ullam tam Illmo D. Comiti Tôckelij, quam eius adhaerentibus, Marte, vel arte, aperte vel occulte, illaturos hostilitatem spondemus, pari passu lUmum D. Com. Tôckelij se obligat armistitium hoc servaturum donec a me perceperit, aut successore contrarium proprio modo quindecim dierum. Ad quae praemissa universa, et singula in omnibus punctis, clausulis et articulis* sancte, stricte et inviolabiliter per me, ac universos militares Ordines, Generalatu meo subiectos, cuiuscunque nationis, officiales ac milites, necnon reliquos quoscunque Suae Mtis Sacratissi- 'mae fidèles, bona ac christiana fide servanda obstringo. — Actum in Castris Caesarcis ad Oppidum Solsua positis die 15 Novembris 1680.

(i) Et, le 26, il transmet l'Avis : que les parents de l'empereur ne veulent pas quitter la Cour, oià ils occasionnent de grandes dépenses... Qu'à Ratisbonne la pluralité des princes s'est prononcée contre les Français... Un courrier arrivé de la Hongrie a rapporté que l'armée turque devait le 24 cour, laisser Pesth, qui est vis-à-vis de Bude, pour se diriger vers Agria où se réuniraient les chefs du pacha de Temignas avec Tôkqli, pour aller assiéger Fileth et ensuite Cassovie dont les Turcs veulent faire la résidence de Tôkôli^ le constituant prince de la Hongrie supérieure, mais on ignore quand les troupes césariennes pourront aller s'y opposer.

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