VIENNE DEMANDE DES SECOURS
mois (i). Le 15, il écrit: «Mgr de Vienne est venu me représenter au nom de S. M. le mauvais état des affaires et l'urgence des secours, promettant qu'en outre des efforts des populations il aurait diminué les dépenses. J'ai répondu que, pour que je puisse m'en occuper, il fallait donner du crédit à ma personne me donnant les satisfactions ; et m'ayant promis de s'en occuper, j'ai répliqué que bien souvent on m'avait fait ces promesses. Dans un avis du jour on lit : qu'on fait de grandes acquisitions et que sous peu on publiera un décret de la contribution de I °/o sur tous les biens meubles ou immeubles ; en sont exceptés ceux qui ne possèdent que 1000 fl. mais il n'y a d'autre exception ni de qualité ni de classe des citoyens » (2).
Le même jour, il répète à Cybo qu'il travaille à faciliter l'union avec la Pologne On ne doute plus de la sincérité du roi, affirmant même que c'est lui qui fit séquestrer les lettres du ministre de France aux révoltés, et les donna à l'empereur, de manière qu'il a rompu avec la France et il s'est uni à César. Reste à voir comment le roi pourrait s'engager sans le consentement de la Diète, qui peut être contraire par des intrigues de princes étrangers et du grand-Trésorier qui craint de perdre sa place — lui qui a acheté bien des terres en France. — « Les ministres, en me posant cette question, demandèrent mon opinion et j'ai répondu que le roi avec son autorité et son habileté aurait imposé sa volonté à la Diète et, qu'en tout cas, il
(i) Le 21, Cybo lui répond : « la description qu'il fit au vif de la Hongrie a ému le pape, qui n'a pu l'apprendre sans grand trouble de son cœur paternel ; ni V. Em. s'est trompée, écrit-il, en croyant que les prières de S. S. pour une aide divine ne soient pas incessantes, tant en faveur de S. M. que de la chose publique. Le pape recevra bien bénignement le comte Martinitz et, de mon côté, je ne manquerai pas de coopérer avec le comte pour obéir aussi à S. M. qui me l'ordonne par l'entremise de V. Em. »
(2) Le 5 décembre, Cybo approuve ses réponses à l'évêque qui, au nom de S. M. le pria de référer sur l'état dangereux de la Hongrie et sur la nécessité d'avoir des secours. « V. Em. en l'assurant qu'elle ferait des démarches, a bien répondu, que pour les obtenir il faut se résoudre à donner les réparations qui depuis longtemps sont dues. Pour cela V. Em. doit insister, et, de mon côté, j'insisterai auprès de S. S. ».
6o4 l'attente de l'empereur.
aurait suffi de faire avancer au roi de l'argent, et que S. M. pourrait le passer sous main à quelque seigneur d'importance. Le chev. Lubomirsky a offert déjà de se rendre dans la Hongrie supérieure avec dix ou douze mille polonais ; en s'appuyant aux trois' places fortifiées, il aurait tenu en échec les Transylvains — qui, au fond, ne demandent qu'un prétexte pour rester chez eux ; on empêcherait ainsi Tokoli de s'unir aux Turcs et de troubler la Silésie et la Moravie, en même temps que les polonais pourraient faire des incursions dans les pays des Turcs. J'ai conclu que pour tout cela il fallait s'unir avec le roi de Pologne. Je crois que mes paroles ont fait grande impression... Mgr de Vienne me parla de Tévêque de Posnanie et m'avoua que l'empereur connaissait son projet de mariage ; que S. M. en fut mécontente et a dit que voulant faire du bien au roi on lui nuirait comme s'il prétendait ce qu'il n'avait jamais pensé. J'ai donc bien fait, écrit Bonvisi, de ne pas répondre à l'évêque, suivant les ordres de V. Em. »
Le 22, il énonce à Cybo son étonnement de la teneur du décret du centième : Tous, laïques et ecclésiastiques, sont obligés sous serment à la contribution, tandis qu'on lui avait fait supposer que ce serait une contribution volontaire. « Que dois-je faire, afin de ne pas promouvoir une agitation parmi le clergé ? car, ne trouvant d'autre source à tirer de l'argent on jetterait ainsi à terre l'unique moyen de sauver l'Etat et la chrétienté. vSi on oblige les ecclésiastiques, contre les Canons, on va aussi contre les privilèges dont jouissent les laïques, de manière que si on s'oppose d'une part, de l'autre aussi on tâchera de se soustraire ; et ce sera moi qui en aura la responsabilité. Je serais d'opinion de mettre entre les mains de l'empereur une protestation pour obtenir au moins une déclaration : qu'on n'a pas prétendu d'imposer de propre autorité les ecclésiastiques au-delà de l'habitude, désapprouvant la forme, et qu'à l'avenir on ne procédera plus de cette manière ; du reste, j'espère recevoir deé instructions de V. Em. »
Le 29, Bonvisi déclare que les ministres ne doutent plus