‹ Innocent XIChapitre 253 sur 430 · LA DIÈTE SE PRONONCE POUR LA LIGUE · texte numérisé non relu

LA DIÈTE SE PRONONCE POUR LA LIGUE

pereur seront dissipées ; mais, en tous cas, le roi ne cessera de lui donner des preuves de son amitié. Le 20, il ajoute ; que, après les nominations, la Diète passa aux votes. Tout le monde avoua que la Pologne est en danger et qu'il est nécessaire de pourvoir. On déclara que le meilleur remède était la ligue avec César ; et le Palatin de Russie, avec d'autres, fut d'opinion qu'on devait entendre d'abord ce que proposera le césarien. Et, afin de pouvoir finir la Diète en six semaines, on a décidé qu'une partie des questions sera renvoyée après la clôture et que les nonces, extraordinairement, se rendront dans la salle des sénateurs huit jours avant l'ordinaire. . Le bruit a couru de la mort de l'électeur ; et on attendait la poste de Konisberg; mais on a appris qu'on a dévalisé celle qui devait arriver et celle en partance d'ici ; on croit que des papiers compromettants ont été saisis et surtout d'avoir la preuve que l'électeur tenant ici des correspondants il y a des personnes très compromises (i).

Le même jour, Cybo lui annonçait que l'abbé Denoff ayant fait instance au pape pour des secours à la Pologne, S. S. a répondu que, à cause de la pénurie du trésor, il ne peut pas subvenir à plusieurs parties et qu'elle croyait, pour le moment plus opportun secourir César attaqué par les rebelles et les Turcs, et pensant rendre également service à la Pologne.

Le 17, Pallavicini mande : la Diète s'est occupée : i*^ de la demande du nouveau duc de Courlande de n'être pas obligé à venir ici pour recevoir l'investiture. Après une discussion on l'accorda pour cette fois seulement à son ambassadeur, obligeant toutefois le duc à se présenter plus tard pour la rati-

(i) A la même date, il ajoute que la correspondance est du gr. trésorier et qu'aujourd'hui il y a eu un autre svaligio doppio... L'ambassadeur impérial fera à L L. M M. des propositions avantageuses pour elles et leur maison ; il a ordonné de dépenser pour acheter ceux qui veulent se rendre; et de tout cela on a l'espérance de réussir. « J'ai donné à l'ambassadeur toutes les informations possibles et je tâche de disposer les gens à accepter les propositions qu'il fera. ».

fication ; 2° la question des présides que Brandebourg tient dans des forteresses de la Pologne pour les droits de la dot de la princesse de Radziwill. On se borna d'accepter les serments de ces présides. Sur le troisième sujet il y a eu bien des contestations, car il s'agissait de remettre en vigueur une vieille loi qui interdit à tout ambassadeur de prolonger son séjour en Pologne, au delà de la négociation de l'affaire pour laquelle il y est venu ; cette proposition semble avoir été faite parles partisans de César et paraît viser la France. On a fait voir le mal que la nation ressent lorsque les ambassadeurs veulent se mêler des affaires de la République, tout en tenant correspondance avec les voisins rebelles ; on est allé même jusqu'à proposer d'ordonner aux maréchaux de dire à ces ambassadeurs qu'ils retournent auprès de leurs Cours. Contre cette proposition, a pris la parole Gembiski, nonce de la Pologne majeure, .qui répondit que le premier ambassadeur qui aurait dû partir c'était le césarien et à l'observation de l'arrivée récente de celui-ci, il modifia sa demande et proposa d'envoyer à S. M. deux nonces pour la prier d'entendre de suite les ministres afin de pouvoir au plus vite les dépêcher. Le roi répondit à cette députation qu'il était content d'apprendre le désir de l'Ordre équestre car cela prouvait qu'on veut finir la Diète dans le temps fixé par la loi et qu'il espérait qu'elle hâtera le choix des députés qui doivent entendre les ambassadeurs. Pour le moment on ne parle plus de cette affaire... On n'a pas trouvé grand chose dans les valises ; et d'après ce que l'on dit elles ne contenaient aucune lettre du prince électeur (i). Le 3 mars, il ajoute ;

(i) Et, le 24, il écrit qu'à la Diète il n'y a rien de nouveau ; que seulement le roi ayant demandé aux français de mettre par écrit leur réponse, 11 n'a rien su, toutefois l'ambassadeur a envoyé un gentilhomme à Paris pour solliciter une réponse... 11 paraît qu'à Moscou il y a de nouveaux troubles, on aurait tiré sur plusieurs nobles et on a changé les personnes qui devaient venir ici comme ambassadeurs. Chaque Czar veut y avoir une personne de confiance ; et les envoyés polonais se trouvent arrêtés aux faubourgs de Smolensko, car on les a empêché d'avancer.

Page 1