LE TRAITÉ DE LA LIGUE
négocier à l'avantage des deux états : ils ont remis au roi une grande quantité de zibelines, hermines et autres fourrures précieuses, dont plus de la cinquième partie était destinée à la reine, dans l'audience privée ils dirent aux députés royaux qu'ils avaient pour instruction de recevoir le serment du roi, comme c'était fixé à chaque succession au trône ; il paraît toutefois que les Polonais veulent y introduire des changements... A propos de la Diète, voyant que celle-ci traîne en longueur, le nonce travaille, avec l'ambassadeur césarien et
toscritto. La cosa veramente è assai ardua e di poca speranza ; tuttavia si tentera, et in ogni caso parmi, corne dicevo, che facilmente possa darsi rimedio per quel che tocca la sede Apostolica.
Doppo la sottoscrittione del Trattato délia Lega poca si è fatto nella Dieta, la felice conclusione délia quale vien sospirata pendendone l'efïettuatione délia Lega, mentre tutto anderia in vano, se essa si rompesse.
Molti discorsi di nuovô si son fatti in proposito del danaro Pontificio offerto la Dieta passata, pretendendô alcuni che questo che somministra hora l'Imperatore sii lo stesso, e solo si sii voluta quest' apparenza per facilitar la lega altri insimulando i Promotori di questa et amici del Nuntio, quasi che siino stati da lui guadagnati con parte del danaro che è qui ; onde ne sono nati molti contrasti, che poi il Nuntio hà procurato di sopire. Si è anco dibattuto longamcnte, corne si potessero aumentarc le Contributioni mancando un milione in circa alla somma necessaria. Hor' alcuni piià perspicaci havendo voluto investigare la cagione di questa mancanza, reputano che qualche ministro habbia voluto sollevare i Palatinati ove lui ô i suoi congionti hanno Béni ; il che ha fatto e fà gran strepito.
Procura il Nuntio, che doppo essersi tentato se questi Palatinati quali allegano la Povertà possino aumentare le Contributioni, ô lo faccino ô nô si sodisfi la Republica : e perché mancheria qualche numéro di soldatesca va ponendo studio che i Prelati più cospicui del Regno offeriscano di mantenere soldatesca à loro spese, et in virtù de suoiufficii et istanze si sono dichiarati i seguenti di dare alla Republica.
Arcivo. di Leopoli : 100 fanti — I vescovi : di Cracovia : 300 et una compagnia d'Ussari ; Di Vilna : 100 ; Di Vladislavia : 100 ; Di Plosco : 100 cavalli Di Varmia due Cornette di Raitri ; Di Premislia : 60 fanti ; Di Culma : 100. L'Abbate di Cervena una Compagnia de' fanti.
Anderà lo stesso Nuntio proseguendo l'opéra presso i presenti, e lo farà per lettera con gl'assenti.
Travaglia il Nuntio et i Ministri di Cesare che si finischino una volta queste proroghe délia Dieta, che sono perniciosissime e pericolosissime.
66o LA DIÈTE DE VARSOVIE.
ses amis, pour en finir. Ainsi sachant que le gr. trésorier de Lithuanie pour une certaine obligation de 50,000 ungheri en faveur du palatinat de Volhynie donnerait lieu à une discussion, le nonce tâcha de le persuader d'attendre la prochaine Diète pour demander la cessation de l'obligation. Tout paraissait donc tranquille lorsque surgit la question sur ce que le chev. Lubomirsky ayant deux commenderies de Malte, le chev. Pac en voulait une ; et le nonce prit sur lui-même de la lui faire obtenir plus tard. Il y a eu aussi une question touchant l'Eghse, car des sénateurs et des députés de l'Ordre équestre allèrent chez le nonce, se plaignant que Mgr de Léopol, qui manque de rentes suffisantes, ne puisse pas avoir la commenderie de l'abbaye d'Andreovia, et cela, disent-ils, parce qu'à Rome on ne respecte pas le patronat royal, et on préfère donner des bénéfices aux courtisans — on désigne ici de ce nom ceux qui sont favorisés par Rome — «enfin voyant qu'on tenait beaucoup à ce que l'arche.vêque ait les revenus de l'abbaye durant la vacance, j'ai dit que par la poste précédente j'avais écrit à N. S. pour qu'on appliquât ces revenus à un hôpital de campagne, et j'ai ajouté que j'espérais que N. S. agréerait le projet ; ils me remercièrent voyant qu'on veille à leur bien ». Et, le 18, il annonce que, pendant la nuit, la Diète a siégé, et que dans cette séance (i) on a satisfait au grand désir de S. S. ; décidant la guerre de la Pologne avec César con-
(i) Le même jour, il ajoute que le très-chrétien vient d'envoyer ici les deux frères Noblet, dont un est commissaire en Flandre, pour aider l'ambassadeur à faire valoir sa volonté à la Diète. Dans la nuit de vendredi l'ambassadeur, avec les deux frères n'a fait que parcourir la ville — le gr trésorier fit de même — pour gagner des adhérents ; les troubles de la réunion de samedi sont attribués à ces menées. Le roi a fait tous ses efforts pour terminer la séance, dans la crainte que si elle continuait la Diète se rompît. Il n'est pas douteux que les personnes suspectes voulaient la prolonger attendant de jour en jour les réponses de France. Le roi a réussi à faire ce qu'il voulait, ôtant au moyen des chiffres séquestrés, tout crédit aux opposants, inspirant à chacun la crainte d'être considéré coupabk s'il faisait de l'opposition, et déclarant que si la Diète ne prenait pas de résolutions convenables il appellerait la Pospolita adoptant les mesures de sang contre ceux qui sont considérés corrompus et empêchent le bien public.
CLÔTURE DE LA DIÈTE. 66l
tre les Turcs. C'est une grâce spéciale concédée par Dieu à N. S., car après tant d'obstacles de tout genre la victoire n'a pas été une chose humaine. Le roi et la reine y ont beaucoup contribué. Pallavicini recommande les secours pour la Pologne, car elle en a bien besoin. Et, le même jour, il ajoute que la Diète a siégé samedi de 9 heures du matin à 3 heures du lendemain. Aussitôt qu'il reçut l'annonce de la clôture il se rendit à la Cour où eut lieu la cérémonie de la levée du Seigneur du sépulcre. Demain on enverra à Moscou l'avis de la clôture de la Diète.
Le 21, il expédie deux dépêches ; par la première il assure : qu'aussitôt qu'il eut reçu les brefs et la lettre demandés pour agir auprès de la Diète contre les constitutions touchant l'Immunité et la liberté de l'Eglise, il insista auprès des nonces, qu'on dit officina legum, afin qu'on ne touchât pas à ces matières ; on y a consenti et ces nonces se réunirent aux sénateurs pour s'occuper plutôt de la ligue et d'autres affaires. Et, dans la seconde, il annonce que les Moscovites semblent contents de la ligue, la trouvant utile aussi à leurs intérêts. On dit que l'envoyé Moscovite à Constantinople ayant reçu l'ordre de rompre les négociations pour la paix, s'est pendu (i).
Le 24, Cybo remercie Pallavicini des renseignements transmis touchant la Diète, et de ses démarches pour apaiser les discordes. Et il mande aussi une circulaire aux nonces de Pologne, Madrid et Vienne pour les informer que S. S. ne cesse pas de coopérer avec les moyens humains qui sont en son pouvoir à aider l'empereur contre la puissance turque qui cherche à bouleverser tout l'empire. Le pape ne cesse aussi d'implorer avec de ferventes prières l'assistance divine. Ainsi il désire que ces peuples fassent de même. V. Em. prendra des
(i) Le même jour, il déclare que ce n'est pas de sa faute si on a appris que l'argent qui se trouvait ici a été envoyé à Vienne, car c'est de cette ville que partit la nouvelle. La duchesse après les 20,000 fl. en a payé 150,000 de m. c, elle doit encore 40,400 pour solder les 120,000 de b. m. dus par son mari; à la St Jean le duc son beau-frère a promis d'en payer 29,000.
accords avec les évêques pour que, par des processions et d'autres exercices de piété on apaise la colère divine, afin qu'avec plus de force et d'avantage on puisse défendre la chose publique contre un aussi puissant ennemi.
A la même date (i), Bonvisi annonce à Cybo que vient d'arriver de Varsovie le neveu de l'ambassadeur césarien, porteur de l'avis de l'heureuse clôture de la Diète avec l'établissement de la ligue ; «j'en envoie à V. Em., par courrier à Venise, la confirmation afin de gagner une semaine. Tout le monde est content ; et la joie générale est indescriptible. Je suis obligé de faire l'éloge de Mgr Pallavicini, qui a tant travaillé à enlever les obstacles ; tout le monde acclame sa conduite prudente ; j'en rends témoignage. Je me crois encore obligé d'écrire que, depuis longtemps, le roi désirait être honoré du stocco et cappello — qu'on donne à ceux qui font la guerre contre les infidèles — et que la reine aussi voulait la Rose d'or ; il me paraît que l'occasion serait favorable. Déjà le stoque et le chapeau sont ici à la nonciature et je pourrais les
(i) Le jour suivant il avertit que Rezzonico de Venise lui a envoyé quatre recapiti (lettres de change) sur des marchands, pour la somme de 50,000 fî. ; tout est prêt pour le payement. S. M. en a été très-contente et se réserve de médire l'emploi que je devrai en faire. «J'ai fait observera l'empereur combien est grand l'intérêt de N. S. et le dommage qu'il y a à ne pas demander le consentement pour le i 0/0 puisque sans celui-ci on rend difficile l'exaction même de la part des laïques. Ainsi dans la province de Styrie il faut en venir avec les Etats à des transactions désastreuses et il en sera peut-être de même en Bohême et en Silésie,tandis que les ecclésiastiques auraient servi d'exemple et, une autre année, on aurait pu répéter le subside chargeant davantage les Abbayes au lieu de rendre les biens. Il m'a paru que ma réflexion a fait de l'effet sur l'empereur; j'espère que le nouveau majordome qui a l'autorité de parler à S. M. arrangera tout. C'est un chevalier de bonnes intentions. » Et, le même jour, il annonce qu'ayant parlé à l'empereur des garanties qu'on demande pour la restitution de l'argent du sel, S. M. se montra contente et assura qu'on avait écrit à Prague qu'il sera restitué en deux ans ; elle agréa aussi la vente de Tanovitz polir que le produit lui soit donné en prêt. Dans la crainte que tout cela ne suffise pas on a mis en vente quelques principautés de la Silésie, S. M. voulant faire tous ses efforts pour qu'elle et la chrétienté soient sauvées.