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SATISFACTION GÉNÉRALE

envoyer au nonce, en recevant les instructions de V. Em. ; on promettrait à la reine la Rose pour une autre occasion. »

Le 25 (i), Bonvisi informe Cybo que les révoltés hongrois ont attaqué le château de Giovannelli aux frontières de la Pologne ; qu'on se défend avec beaucoup de vigueur et que viendront des secours de la Pologne, les troupes impériales se trouvant loin... On dit que Stratman qui a été au congrès de Nimègue sera nommé chancelier de la Cour. Et, le même jour, il prévient qu'à la suite de la mort du comte Albert de Zinzindorff, majordome, le comte Fr. Auguste de Valdestein aura cette charge (2).

Le même jour, Bonvisi lui écrit :

Aile mie nuove istanze, che si entri in Trattato con la Francia, par aggiustare le pendenze, che distraggono le forze Christiane, e quelle deirimpre dalla necessaria applicazione di résistera al Turco, hanno date l'istesse risposte, che con altre mie hô accennate à V. Em^^ mostrandosi prontissimi al Trattato générale, che comprenda la sicurezza di tutti i CoUegati, e principalmente dell'Italia, perche altrimente non si toglierebbero le gelosie, et i péri Joli, ma solo si cambierebbe il luogo délia Francia e si disciogliorebbero tutte le leghe, che sono ben necessarie per le sicurezza dell'Europa ; et incalzandoli io con il motivo, di esser questi pericoli più remoti, e presenti quelli del Turco, mi hanno detto, che con la risposta al Brève renderanno persuasa S. S^^, che il Trattato deve esser générale, altrimente sarebbe maggiore il danno dell'utile, che si caverebbe dalle convenzioni particolari. Forse per

(i) Le 24, Bonvisi annonçait que le courrier d'Espagne avait apporté des promesses d'argent à l'empereur, et aussi 200,000 pièces en bonnes lettres (polizze) de change à Brandebourg, ainsi que 300,000 autres pour un achat de sel dans le but que l'électeur s'unisse à l'empereur ; dans cette éventualité les Hollandais lui payant aussi 200,000 thaï., on espère donc que l'électeur, pouvant en avoir d'un seul coup 700,000, se détachera du parti français et que de cette manière on aurait la majorité dans le collège électoral des princes ; le roi de Danemark sera aussi obligé de s'unir à l'empereur.

(2) Mais, le 16 mai, il annonce que le château de Denovitz fut rendu par Giovannelli aux révoltés, ayant été forcé par cinq canons. Les rebelles lui avaient assuré qu'ils laisseraient indemnes les effets et les personnes, mais au contraire aussitôt qu'on leur ouvrit les portes, Giovannelli fut gardé prisonnier, tout saccagé, ne laissant libres que sa femme et ses enfants.

hoggi manderanno la risposta, ma non me ne assicuro per )e battaglie, che fin'hora sono state nella Corte ; E con devoto ecc.

Le 28, Pallavicini mande à Cybo que le roi s'étant convaincu que les envoyés de Tokoli n'avaient d'autre but que d'espionner, il les retenait jusqu'à ce que l'armée soit prête ; S. M. fait la même chose avec le Tartare, lui retardant le payement des pensions, car la Diète a destiné à l'armée l'argent nécessaire. Le roi garde aussi l'agà turc afin qu'il ne renseigne pas exactement ses maîtres et que l'envoyé polonais à la Porte ne soit pas maltraité. Pour mieux le garantir on lui a envoyé une lettre ostensible l'accusant de négligence dans ses renseignements et le rappelant de Constantinople, et par une lettre on a avisé de tout le Gr. Visir... A la suite du conseil du nonce, on a écrit en Transylvanie afin qu'Abafii, qui est toujours peu disposé à suivre les Turcs, soit mis au courant des événements... En congédiant l'ambassadeur césarien, le roi lui a dit que pour convoquer le Conseil de guerre il voudrait connaître d'avance les projets de César ; S. Exe. lui demanda, selon les ordres reçus de Vienne, l'envoi de 4000 hommes dans la Hongrie supérieure, enrôlés en ces jours par César et S. M. l'a concédé. On a décidé qu'après le conseil post comitiale, on mettrait la main aux préparatifs de guerre et le roi dit que pour la S*^ Jean tout sera en ordre ; il surveille tout et on veut doubler les compagnies... S. M. voyant que les négociations avec les Moscovites pour la paix perpétuelle trainent en longueur, leur propose de prolonger pour huit ans la trêve et de donner, s'ils ne veulent pas rompre avec les Turcs, des aides contre les Tartares en envoyant contre ceux-ci les prétoriens que le gouvernement désire abolir. Il leur propose, au cas où ces conditions ne plairaient pas, que les Czars donnent 20,000 fantassins, qui unis à bon nombre de cavaliers polonais pourraient entrer en Crimée. En tout cas on demande aux Czars de permettre aux Cosaques de s'enrôler sous la Pologne. ,

Le 2 mai, Bonvisi écrit : «j'ai participé à S. M. l'envoi de 50,000 autres florins et que SS. préparait une contribution

l'empereur remercie le pape. 665

sur le clergé, ayant déjà expédié les brefs au prince du Portugal et aux évêques d'Allemagne (i). L'empereur a montré sa reconnaissance pour tant de grâces, et déclara que c'était le moment de faire ressusciter la chrétienté opprimée par les Turcs, à cause des divisions entre les princes, et à la suite des armements il espérait résister avec l'aide de la Pologne, tout en reconnaissant que cette union était le résultat des insistantes démarches deN. S., S. M. reconnaît que de cette manière on était arrivé à conclure une ligue dont on ne peut trouver aucun autre exemple, ce qui faisait que le nom de S. S. devait toujours être glorieux ». Et il ajoute que, engagé par le nonce de Pologne, il avait représenté à l'empereur qu'il serait opportun d'envoyer à son ministre à Varsovie les pouvoirs pour entrer en ligue avec les Moscovites, au cas où, au retour de l'envoyé du roi et des ambassadeurs moscovites, les Czars auraient montré de la disposition, car cette ligue serait l'écroulement de la puissance ottomane. « J'ai dit aussi qu'on ferait bien d'envoyer un message en Perse pour informer de ce qui se passe en Europe, car ainsi les Persans pourraient profiter de ce que le gr. Vizir a retiré ses milices des frontières de l'Asie. Pallavicini écrit que le roi de Pologne envoie un ministre en Perse ; le ministre de César pourrait s'unira celui-ci. . Et, comme conclut Bonvisi, je pense nuit et jour à soumettre à V. Em. ce qui passe par ma tête pour le bien de la chrétienté, je propose que S. S. écrive les brefs aux

(i) A la même date, Bonvisi ajoute encore que parlant à l'empereur des nécessités d'argent, il lui dit que les ministres sont la cause des pertes, car si on avait demandé au pape de suite le consentement au centième, même les laïques auraient contribué volontiers, d'autant plus que N, S. se serait contenté qu'on grevât davantage les abbés qui ont beaucoup de superflu, et les laïques voyant ceux-ci taxés auraient été plu,s généreux ; difficilement le pape aurait envoyé un bref comme Alexandre VII, parce qu'il serait presque impossible de remplacer ensuite ce qui aurait été vendu ; du reste on ne ferait pas grand mal à astreindre les abbés à contracter des dettes car, supprimant les dépenses superflues, ils auraient pu réparer le mal. L'empereur agréa mes dires et, à son retour de Luxembourg, il donna l'ordre à l'évêque de Vienne de préparer la lettre au pape ».

deux Czars et au roi de Perse (i) pour qu'ils adhèrent à la ligue, car on les remettrait aux envoyés. Le gr. Trésorier de Pologne, qui n'a pas voulu suivre mes conseils, se trouve perdu ; à présent on veut voir ses comptes ; c'est la punition de Dieu à ceux qui s'opposent au bien universel ».

Et, le 19, il lui annonce que S. S. a écrit au roi de Perse un bref l'exhortant à s'unir à la ligue. « V.Em. pourra le participer à l'empereur ». Et, à la même date, il annonce l'envoi d'une indulgence pour les soldats qui se battent contre les Turcs et une caisse d'Agnus Dei bénites par le pape.

A la même date, Bonvisi écrit à Cybo.

La dignità cardinalizia porta sempre nuovi imbarazzi in questa Nunziatura, perché al Sig'' Elettore di Baviera, benchè professi di esser venuto incognito, hanno dato il luogo nella cappella dell'Imperatore, che suol tenere l'Arciduchino, e l'Arciduchessa con lo stratto di velluto pendente. Forse grAmbasciatori non se ne formalizzeranno, perché con questo Ellettore non pretendono la parità, ma à mè come Cardinale non pare di poter consentire à questa superiorità di trattamento, perché se dicessi di non guardarci facendo nell'istesso tempo la figura di Nunzio,pretenderebbe l'Impératrice Eleonora,ch'iomi regolassi nelle dispute che ho con lei, con la qualità di Nunzio, e non con quella di Cardinale. Penso percio di fingermi non informato di haver bisogno di più longghe audienze sfuggire di andare à Luxemburgo ne giorni délie cappelle, per haver tempo di pensare, et di haver risposta da V. E., sètanto sarà possibile di destreggiare senza darsi per inteso, à non pigliare impegno per una parte, 6 per l'altra. E col mio ecc.

(i) Le 22, Cybo mande à Bonvisi.

Ciô che à persuasione di Monsr Nunzio in Polonia si è dall'E. V. insinuato a Cesare si intorno all'entrar in lega cô Moscoviti, in caso, che questi vi si mostrassero disposti, si ancora intorno alla missione d'un inviato al Persiano peravvisarlo de' moti d'Europa ond'egli si approfitti délia buonacongiuntura che se gl'offerisce, hà riportata Tintera approvazione di N. S^e Ai Czari non puo farsi la spedizione de' Brevi, ch'ella mi accenna, poiche essendosi più volte tentato di haver commercio di lettere con esso loro, non mai si è trovata in essi volontà di corrisponder con tcrmini proprii verso la Dignità pontificia colle risposte. Si farà ben qucllo, che V. E. mi accenna per il Pcrsiano, al quale pur scrisse in congiunture simili il B. Pio V, di s. m., e si mandera quanto prima ail' E. V, a cui bacio per fine ecc.

LE PAPE APPROUVE L'hÔPITAL. 667

Le 5, Pallavicini annonce que le cardinal Barberini a écrit au roi qu'il avait présenté à l'audience du pape les lettres royales en faveur de Mgr de Beau vais, que S. S. s'est exprimée en termes de grande affection pour le roi, et a montré le désir que dans la Diète on prît les plus opportunes résolutions à la sûreté du royaume et de la chrétienté ; mais que, pour ce qui touche l'évêque, elle n'avait pas été satisfaite de la conduite de ce prélat à la Diète de 1682, laissant voir qu'elle savait la part qu'il avait prise à la rupture de celle-ci. Le cardinal ajouta qu'il tâcha de prouver son innocence, mais bien que le pape ne semblait pas tout à fait contraire au prélat, sa conviction était de n'avoir pas eu de succès dans son plaidoyer. Son Em. conclut que, convaincu de l'innocence de l'évêque, il engagea le roi à le soutenir le plus possible, s'agissant aussi de sa dignité et de celle de la Couronne ; et « il conseille à S. M. de me prouver l'innocence de l'évêque, faisant ainsi une œuvre à l'avantage de la religion. Je pense, conclut Bonvisi, que Barberini a conseillé à S. M. de s'adresser à moi, afin que le pape sache bien que c'est la volonté du roi et que les lettres royales n'ont pas été écrites par simple courtoisie ou par importunité. J'ignore la réponse qu"a pu faire le roi au cardinal ; car personne ne m'en a parlé ; et je continue à suivre les instructions de V. Em. ».

Le 8, Cybo (i) écrit à Pallavicini : « N. S. a appris avec une

(i) Et, le 15, il lui annonce qu'il vient d'expédier encore 100,000 fl. qui seront à la disposition de V. S. Toutefois N. S. veut que les premiers, comme ceux-ci, ne soient déboursés que lorsque la Pologne entrera en campagne ou lorsqu'on saura de Vienne que les Cosaques se sont engagés à combattre pour César ; si les Polonais ne veulent pas sortir en cette année, cet argent ira à César pour la Hongrie, S. S. étant convaincue de secourir ainsi par ce moyen la Pologne. Aucas'oii le roi presserait V. S. pour sortir l'argent, elle ne doit pas se lasser de persuader à S. M. par des façons soavi et prudentes que S. S. n'a d'autre but sinon que de secourir et sauver la chrétienté ; et qu'on n'obtiendrait pas cela en laissant l'argent infructueux, tandis que S. S. veut le voir employé à la guerre. » Et, le même jour, il ajoute :

Hô rappresentato à N. S''e tutto ciô che in ordine al modo insinuato quà da V. S. 111. di provedcrc ad uno hospitale, mobile che seguiti l'armata in

paternelle satisfaction tout ce que V. S. lUme a fait pour la conclusion de la ligue, qui est un vif témoignage de l'activité et du zèle avec lesquels V. S. coopère à la sûreté publique, mettant ainsi en relief la charité pontificale. Le pape en fait les éloges, bénit l'œuvre engagée et l'action effective de la ligue. » Et, le même jour, il ajoute : « N. S. rend grâce à la bonté divine, car par une union — qui est son œuvre — elle voudra que la chrétienté soit défendue. V. S. doit participer l'agrément de S. S. au roi et à tous ceux qui y ont coopéré ». Dans une autre lettre, il mande qu'en lui transmettant un bref pour le roi, il regrette de ne pas pouvoir donner une large assistance (i), l'avertissant toutefois qu'il vient d'expédier une remise sur Amsterdam de 100,000 fl.de b. m. par l'entremise de Rezzonico, espérant sous peu en mettre encore autant à sa disposition. N. S. doit en même temps faire ressortir les besoins du Trésor, la nécessité d'aider les deux parties et aussi la chrétienté qui a des besoins partout ». Et, à le même date, il donne connaissance de cet envoi à Bonvisi, ajoutant que, malgré la pauvreté du Trésor, on a décidé de remplacer la somme qui se trouvait entre les mains du nonce et qui est passée au service de César. « N. S. voudrait faire davantage, mais l'état du Trésor et tant d'autres dépenses qu'on fait pour la religion dans différentes localités, ne le permettent pas. »

tempo di giierra, onde non periscano senza sacramenti i poveri soldati, che vi restan fcriti, ô che per patimenti, ô altro accidente vi rimangono infermi. La S. S. si è mostrata assai disposta à secondarne il pensiero ; Ma poichè del denaro decretato da S. B. che s'impieghi per la beatificazione del presupposto monaco d'Andreovia vi è il moto proprio délia S. S. à questo è neeessaria la derogazione con altro sim'ile moto proprio, non essendo altrimente bastante à ciô una semplice lettera, corne ella dice. Col seguente ordinario dunque lo rammenterô alla S. S. per la spedizione, e à V. S. 111. ecc. (i) Le 20 avril, Mellini avertissait Cybo qu'au sujet des subsides des évêques espagnols à la guerre contre les Turcs on remettra à Bonvisi 170 doubles en outre des 614 déjà envoyés.

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