‹ Innocent XIChapitre 267 sur 430 · DERNIÈRE AUDIENCE DU ROI A VITRY · texte numérisé non relu

DERNIÈRE AUDIENCE DU ROI A VITRY

semaines ; le courrier porta aussi la ratification du traité de la ligue et le renoncement de César aux hypothèques sur les mines de Cracovie ; tout cela a satisfait la Cour bien qu'on espérait recevoir toute la somme. Le roi, sur la prière du césarien mais avec la garantie du nonce, a anticipé le débours de 100,000 fl. L'ambassadeur de France a eu l'audience de congé à Villanova, avec la voiture de gala de la Cour. Le marquis de Vitry trouva le roi assis sur le trône entouré de sénateurs et, après deux révérences, il lui dit que le très-chrétien lui avait envoyé une lettre de rappel et que, quoique n'ayant à répondre de ses actes qu'à son maître, il tenait, se sachant colomnié, à dire en présence des sénateurs qu'il était absolument faux qu'il ait voulu faire passer la Couronne en d'autres mains. S. Exe. ajouta que, contre le droit des gens, on s'était emparé de sa correspondance, mais que, malgré cela, on n'avait rien pu trouver qui justifiât cette accusation contraire aux sentiments que le très-chrétien a montrés pour la Pologne, aussi, pour ce motif, son roi regrette-t-il les persécutions contre les personnages qualifiés de cet Etat, qu'on a considérés coupables d'avoir de l'affection pour les intérêts de la France, alors que ceux-ci sont compatibles avec ceux de la Pologne. Le gr. chancelier du royaume a répondu à S. Exe. que la Pologne a tellement eu soin de conserver son amitié à la France, qu'elle en a été même blâmée, paraissant trop attachée à cette Couronne. Le gr. chancelier ajouta que la République n'a jamais manqué de donner preuve de cette amitié à l'ambassadeur durant sa demeure en Pologne, et que le respect du roi pour le très-chrétien s'est encore manifesté du fait de l'audience accordée au marquis avant son départ (i).

(i) Mais, dans une autre lettre du même jour, Pallavicini écrit :.

... A tutto ciô rispose il Sigr Gran Cancelliere del Regno che in riguardo alla stima, che S. Mtà faceva del Re di Francia, l'haveva ammesso ail' Udienza et non già per ricevcr giustificatione di ciô ; che pur troppo palesemente contro il ben publico di questo Regno e dell'istessa Persona del Rè haveva tentato : Che sempre la Polonia haveva stimato l'Amicitia di Francia e che tutt' hora li dovesse servire d'argomento di continuatione il lasciar partire libero dal Regno la Persona del Sigr. Ambasçiatorc : e non

Ainsi tout était préparé pour que l'ambassadeur quittât Varsovie, lorsqu'arriva un incident. Deux polonais à cheval habillés en nobles et suivis d'un domestique, passant devant la demeure de l'ambassadeur, après avoir demandé si c'était véritablement son habitation, se firent donner un pistolet par le domestique et tirèrent trois coups sur une des fenêtres de la maison, ajoutant que plus tard ils reviendraient ; en effet, le soir ils retournèrent avec dix autres, mais les familiers de l'ambassadeur sortirent et une lutte s'engagea. Un des assaillants avec son cheval fut blessé. Le nonce fut tout de suite averti de l'incident par l'ambassadeur et il se rendit chez le roi, qui envoya faire des excuses au marquis, l'assurant que les coupables seraient punis selon les lois ; mais l'ambassadeur n'a rien^ voulu faire avant d'en référera son maître et, malgré que le nonce l'assura du châtiment des coupables, il déclara qu'il attendrait les ordres de l'avis à la frontière. Mais, le g, il annonce qu'il a réussi à persuader l'ambassadeur de ne pas rester aux frontières mais de continuer vers sa Cour, laissant au roi le soin de condamner, autant que les lois polonaises le permettent, ceux qui ont assailli l'ambassade ; on fait noter que les assaillants devaient être ivres car les premiers n'avaient pas d'armes et que, s'ils étaient mal intentionnés, ils n'auraient pas déclaré qu'ils reviendraient plus tard. Le marquis consentit à se rendre à Dantzig, puis à Berlin pour rencontrer son roi à Argentina (i). ^

havendo S. M. alciina Commissione da darle per il suo Re l'augurava il buon viaggio. Egli senz' altra replica andato al baccio délia mano si parti retornandosene da Villanova senza congedarsi dalla Regina allegando non haver havuti simili Ordini di che ne restô altamente piccata....

(i) Et il ajoute : les diétines ont clôturé aussi, décidant qu'il fallait continuer le procès contre le gr. Trésorier et que, sans toutefois demander son arrestation, il fallait s'assurer de sa personne ; en attendant on a appris qu'il a vendu toutes ses possessions, et à la demande de donner une caution il n'offrit que son serment ; cela a déplu et on se demande si on ne doit pas mettre un garde à son palais ; à l'accusation d'avoir laissé courir le temps sans présenter la clef du chiffre, il répondit que Cassien, son agent, n'avait pas obéi à l'ordre de la lui transmettre... AbafB vient d'avertir que le gr. Vizir, le 15 mai, s'est mis en marche vers Belgrade où il se serait uni au

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