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RANUZZI DEMANDE DES SECOURS AU ROI

Cracovie,où il se trouvera lui aussi. Jeudi il fut à Villanova avec le comte Délia Torre et le comte Valdstein. Le premier porta au roi la parole impériale et ensemble on décida que le général Sienaraski s'unirait avec 7000 h. au duc de Lorraine, pour rester sous ses ordres durant toute la campagne et que le roi se préparerait pour aller au secours de Vienne si elle était assiégée, autrement S. M. fera les diversions déjà arrêtées.... Avec les Moscovites il a été décidé que le congrès aurait lieu aux frontières du Palatinat de Plosco, le 11 octobre, sans médiateurs. Le nonce en donna avis à Bonvisi, recommandant de travailler afin qu'il eût ainsi une troisième puissance contre les Turcs, (i)

Le 23, le nonce Ranuzzi informe Cybo, de Paris, que lorsque Croissy passa la nuit en ville, il vint lui faire une visite. On

moltiplicar le glorie del suo regio nome, e délia sua valorosa condotta, cosî spera, et si ripromette S. Bne, la quale ne porgc continu! voti alla bontà divina, e dà lodi ben copiose à V. S. I., che hà saputo porgerne si forti eccitamenti alla M. S., e augura etc.

Le même jour, il ajoute : « V. S. aura vu qu'en outre des 300,000 fl. en aide aux armées de la Pologne contre les Turcs, j'en ai envoyé encore 100,000 ; tout en assistant César qui en a demandé à S. S. pour aider et retenir les auxiliaires et spécialement ceux de la Pologne. Il n'y a pas de doute que N. S, fasse son possible pour subvenir aux besoins de l'Allemagne ». Et, le 15 septembre, il lui répond que le compte est exact ; en outre des 400,000 V. S. a bien fait de comprendre les 112,000 qu'elle tenait auprès d'elle. »

(i) A la même date, il accuse réception des autres 100,000 fl. de b. m. qui sont d'une grande utilité en ce mom.ent. Et, le même jour, il informe que le roi a été content de lire le texte du bref au roi de Perse et que S. M. est d'avis de le remettre à l'archevêque d'Axivan de la Cour Césarienne, qui partira bientôt. Dans une autre dépêche de la même date, rappelant les difficultés que soulevèrent les impériaux à la signature du traité de paix, touchant le partage des dîmes et la restitution que s'était réservée César au cas où elles auraient été allouées à la Pologne, Pallavicini fait remarquer à S. Em. qu'il serait plus opportun, afin d'éviter des contestations qui pourraient devenir graves, au cas où N. S. désiderait accorder l'exaction des dîmes, qu'on dise qu'elles sont pour la guerre contre les Turcs sans autre indication, S. S. gardant la liberté d'en distribuer le montant à son gré, tenant compte des stipulations signées entre les deux nations.

parla de la Hongrie, des dangers de la puissance des Turcs et de l'utilité que le roi vienne au secours de la chrétienté. « J'ai fait remarquer au ministre qu'ici on est irrité non seulement parce que l'empereur montre de la répugnance à conclure la paix avec la France aux conditions proposées par le roi, mais encore parce qu'on a l'idée — qui est celle aussi de S. Exe. — que l'empereur est prêt à tout accommodement avec les Turcs afin d'avoir pleine liberté de faire la guerre à la France. A cette préoccupation de l'empereur on doit attribuer, me répondit Croissy, la guerre actuelle, car le grand désir de l'empereur d'avoir la paix à n'importe quel prix, a été attribué par les Turcs comme une faiblesse de sa part et les a poussés à lui faire la guerre. Et Croissy ajouta que la volonté de l'empereur se manifeste plus particulièrement dans la forme dont fut rédigé le décret à Ratisbonne et il m'a promis de m'en donner une copie ; on y menace cette paix et l'empereur n'aurait pas dit davantage s'il avait non seulement repoussé, mais subjugué les Turcs. De tout l'entretien, continue Ranuzzi, j'ai compris qu'on ne peut faire aucun fondement sur un secours du roi, s'il ne s'ensuit la paix et si les différends entre l'empereur et cette Cour ne sont pas aplanis... On a parlé aussi à propos de la neutralité, et Croissy a dit que le roi, voyant qu'on ne veut pas la paix, était prêt à commencer la guerre, toutefois à la suite des mouvements des Turcs non seulement il ne Ta pas fait, mais il a même enlevé le blocus à Luxembourg, ce dont l'empereur en a si peu de reconnaissance que les Espagnols en parlent avec dédain et le tournent en ridicule. Du reste,conclut le ministre, du moment que des électeurs veulent la paix, le roi est obligé de tenir ses armées aux frontières de l'Allemagne. De cette conversation, V. Em., écrit-il, pourra déduire que la paix entre les deux Couronnes est le seul moyen de décider cette Cour à suivre les conseils paternels de N. S. et à concourir avec des aides au secours de la chrétienté. On peut espérer que le roi, ayant dans son programme de consolider par la paix ses acquisitions sit'r le Rhin, peut le réaliser et rendre service à l'empereur. Et le nonce conclut qu'il attendra, pour faire des démarches, les ordres de

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