LE PAPE RENOUVELLE SES DEMANDES AU ROI. 70I
lasciando tutto il loro denaro, e non ci era modo di haverne in prestito, e l'istesso era seguito à i cavalieri, sichè non sapevano corne poter resistere, e se Vienna si perderà, troveranno i Turchi immenso tesoro di denari, argenti e mercanzie ; A mè è noto tutto questo, perché se bene havevo fatto alcune prevenzioni per salvare la mia robba, ad ogni modo mi è convenuto lasciarne molta, e gl'altri non hanno salvato niente, e la maggior parte sono fuggiti col solo vestito che havevano in dosso, senz' baver una camicia dà mutarsi, tanto grande fù la costernazione, che si hebbe nella fuga ; E veramente se fosse stato vero che i Turchi sifossero già avvicinati ad unalega, si perdeva l'istessa notte Vienna, e non ci era scarapo per le persone Cesaree, e per le nostre. In questo miserabile stato di cose, spero che N. S^^ mi bavera compatito se propuosi partiti troppo arditi, per ottenere presti, e potenti aiuti, perché se Vienna si perde prima, che arrivi il soccorso tutto è perduto, e bisognerebbe arrischiar subito una battaglia, e se si vincesse tentar subito la recuperatione di Vienna, per il quale effetto ci bisognerebbero molti denari per le provisioni, e per tener contente le truppe ausiliarie ; Certo è che la Christianità non è mai più stata in tanto pericolo, ne mai le cose di quà più disordinate, perché come V. E. vedrà dà i foglietti l'Ungaria è tutta rivoltata, l'Austria inferiore tutta incenerita, e seguirà l'istesso délia superiore, di dove tutti fuggono ; Parte délia Moravia, e délia Silesia, e délia Stiria provano gl'incendij, e molto dubito di Vienna, mal proveduta di munizioni di guerra, et é cosi strettamente assediata, che non possiamo sapere in quale stato si ritrovi, e quanto i Turchi si siano avanzati. lo non posso esprimere l'angustia dell'animo mio vedendo tante miserie, le quali sono certo, che muoveranno l'animo di N. S'"^ à far tutti gli sforzi per soccorrere, e con immutabil divozione bacio ecc.
Le 30, Ranuzzi informe Cybo qu'ayant appris que les Turcs assiègent Vienne, et trouvant qu'il ne pouvait plus attendre pour remettre au roi le bref touchant la Hongrie, il s'est rendu chez Croissy pour lui demander l'audience du roi. Il exposa au ministre qu'il avait l'ordre du pape de représenter à S. M. la situation de la chrétienté, et de faire appel à sa piété (i)
(i)Le2 août, Lauri informe Cybo : qu'on a envoyé des courriers pour arrêter le prince de Conty, qui est parti pour la guerre de Hongrie avec le prince Eugène de Savoie-Soissons. Et, le 9, il ajoute que Conty a été rejoint à Francfort par le message du roi.
pour que l'empereur ne soit pas obligé de distraire des troupes de la Hongrie, ajoutant qu'il y avait urgence, car il fallait du temps pour que les troupes du Rhin allassent à Vienne. Il lui dit qu'on devrait retarder l'époque des négociations de la paix, assurant aussi l'empereur qu'on n'envahirait pas l'Allemagne ; car si Vienne doit se perdre, la gloire dont le trèschrétien s'est couvert devant le monde sera aussi perdue ; il ajouta que, d'autre part, il serait juste qu'on ne trouble pas la paix et que S. B. y coopérera, car à présent il y a urgence. Croissy répondit que les affaires de l'empereur ne sont pas en aussi mauvais état qu'on le dit ; qu'à Vienne il y a 10,000 soldats pour sa défense ; que l'île Schut et les places deCommorna et Giavarino, les plus importantes de la Hongrie, appartenant encore à l'empereur on peut conclure la paix avec les Turcs d'autant plus que César est pressé de l'obtenir. Par contre l'empereur éprouve de l'aversion à la conclure avec le roi, et en persistant à la refuser malgré que la plus grande partie des électeurs soient unis pour la vouloir, il est bien clair que son intention est de faire la guerre à la France. Et S. M., pour le bon gouvernement de son royaume et l'intérêt des peuples, ne peut plus les laisser exposés à la crainte d'une guerre, car en accordant une prorogation on se moquerait d'elle comme il est arrivé une autre fois. « Je n'ai pu obtenir d'autre déclaration, écrit le nonce, ni même l'espérance qu'on retirera les troupes. J'ai parlé ensuite de la facilité de conclure la paix avec l'Espagne, et Croissy m'a répondu que cela était une autre affaire ; que les Espagnols sont déjà d'accord avec l'Angleterre et qu'ils savent ce qu'ils ont à faire : céder le comité d'Alost et quelque autre chose, ou donner une compensation en échange de la place de Luxembourg qui unit les possessions du roi... On dit même qu'on est en train de publier un manifeste touchant les questions entre le roi, l'empereur et l'Espagne, fixant un terme pour la remise des localités... Comme on voit, conclut-il, les jalousies augmentent/ (i).
(i)Le3 août, Cybolui écrit qu'il espère qu'il aura déjà vu le roi qui doit ctrc rentré à Paris ; et qu'il lui aura parlé des démarches paternelles de