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INQUIÉTUDE DU PAPE

à Rezzonico, à Venise, de taire remettre par les places d'AugLista, Ulm et Nuremberg encore 50,000 fl. pour compléter les subsides du Portugal (i). Et le même jour, il répond

Qualunque significazione io facessi a V. E. dell' intime cordoglio di N. S. par i tanti patimenti, e dissaggi softerti dall' Imp''^, e da tutta la Casa Impériale, corne ancora dall' E. V. medesima^ nel partir da Vienna, e far viaggi si disastrosi, ei pericolosi, sarebbe certamente sempre minor del vero. Conviene, che V. E. si figuri per se stessa il tenerissimo compatimento di S. B., e che poi lo rappresenti a S. M*^'^ nelle più vive, et espressive manière proporzionate alla paterna dilezione délia S. S. verso l'augustissima Casa ; assicurando S. M^^ che corne S. B"^ non lascia di far anche più di quel che puo per eollevarla dalle presenti angustie con nouvi sussidij, cosî fervidamente le implora l'assistenza del Divino aiuto ; con fiducia, che l'insigne pietà délia M. S. sia finalmente per conciUargliela molto abbondante. Nella persona di V. E. riflette pur S. S^^ con particolar affetto, e le prega vigor di salute pari alla costanza dell'animo. Di me, e del cuor mio creda l'E. V. cio che deve parsuaderle il mio parzial ossequio in tali frangenti ; e degnisi di gradire, ch'io la compatisca al dovuto segno, ma non senza spécial riflessione, che ad una virtù straordinaria, com' è quella di V. E. dalla Providenza Divina sia stata riservata, ecc.

Et, le 10, Cybo écrit à Ranuzzi :

Non senza un acerbissimo dolore hà inteso N. S. le invasion! de Tartari, dei ribelli, e de' Turchi nell' Ungheria, e nell' Austria ; gli eccidij, le rapine, le uccisioni e gl' incendij, che hanno patito quel luoghi, che sono stati esposti alla di loro barbarie, et empiéta. Ma di piii trovandosi al présente assediata la città di Vienna da un numéro considerabile de' Turchi con l'erezione di fortissime batterie, si è

(i) Et, le II, il ajoute que pour aller plus vite il a écrit à l'archevêque de Salzburg d'anticiper 100, oao thalers, que S. S. lui remboursera sur les 500,00011. promis. Et, le 14, il l'informe qu'en outre de l'envoi de Salzburg S. Em. recevra de Rezzonico 100,000 fl. et par la voie de Gênes encore 100,000; et on en donne avis afin qu'on puisse déjà s'en servir s'il est nécessaire. Mais Bonvisi, le 3, avait écrit : « Mgr de Salzburg se réserve de répondre sous peu affirmativement touchant l'emprunt de 100,000 th. ; mais que pour ce qui regarde l'engagement des vases précieux et des joyaux de l'église, il prie le nonce de donner les ordres lui-même, car ce sont les laïques qui pourraient le mieux faire cela soutenus parle pouvoir civil. Bonvisi toutefois ajoute qu'il lui avait fait connaître les brefs reçus à ce sujet.

7o8 LA LIGUE ET LA GUERRE.

veduto N. S. obligato psr il carico che tiene di Vicario di Christo, e difensore délia Cristiana fede non solo di sostenere la causa publica délia Cristianità, ma di dare ail' Imp^^ nuovi soccorsi di denaro oltre li già dati à S. M. Cesa et al Rè di Polonia, e di procurargli validi sussidij dai principi cristiani per resistere al commun nemico, che non hà altra sete, chè di annichilare la nostra religione (i) : Ma sapendo, che nel grado présente, in cui si trova l'Europa non vi è chè il solo Rè di Francia, chè habbia forza, valoree coraggio per opporsi alla vastità di un mare, che minaccia di sommergere la maggior parte délia Cristianità ; e per esser imminente, et notorio il.pericolo, che hà risoluto di spedire un corriere à V. S. lll'"^ con l'acchiuso Brève per S. M. Crisf"* che S. B. havrebbe anche scritto di proprio pugno, se l'impedimento délia mano non l'havesse trattenuto di farlo, e di cui si manda à lei l'aggiunta copia, accioche secondo il tenore di essa prenda udienza da S. M., e gli esprima vivamente lo stato calamitoso, e deplorabile, nel quale si trova non solo la Germ.ania, ma ilpericolo che corre la Polonia, l'Italia e tutta la Cristianità, e preghi efficacemente S. M. à dar prontamente l'aiuto délia sua poderosa mano per il soccorso di Vienna, dalla preservazione délia quale dipende quella di moite altre provincie cattoliche. Ma se per avventura il Rè havesse qualche difficoltà in dare positivi soccorsi, ô nella forma di secondare l'intenzione di S. Santità, che per altro non puo, ne deve dubitare délia pia intenzione dell' animo suo religiosissimo, V. S. 111'"^ lo preghi almeno efficacemente in nome di S. B. à togliere ogni ombra, e gelosia à tutti li principi cristiani, et assicurare tutta la Cristianità di un intiera pace, e quiète, accioche senza alcun divertimento possa esser tutta intenta alla difesa di se stessa, e délia Religione, délia quale il Rè hà rimostrato in tante occasioni quanto la porti radicata nel cuore, et quanto prema alla sua coscienza di non lasciarla opprimere dalla potenza Ottomana. Si persuade N. S. che V. S. lU'"^ adempirà intieramente le sue parti in una materia, che parla per se stessa, e che è propria

(i) Dans la Gazette de Paris en date du 17, on lit que le pape a tenu consistoire et que les cardinaux Pio et Barberini y ont juré solennellement l'exécution de la ligue... Le pape est allé en procession de la Minerva à l'Anima, visitant les 4 églises pour l'Induit... Il a ordonné de sonner les cloches à deux heures du matin pour exciter le peuple à prier pour le secours divin contre les Infidèles ; défendant aussi toute fête publique ou concert durant la journée... Le pape a donné un Induit à l'électeur de Bavière pour l'exaction des 100,000 fl.sur le clergé de son Etat, en considération des secours donnés à l'empereur.

PLAINTES DE BONVISI 709

singolarmente, di un re cristianissimo, onde à me non resta di aggiungere altro motivo alla sua prudenza, et efficacia se non di attendere quegli effetti, che speraS. San^^ délia connatural pietà del Rè, e dalle sue valide insinuazioni. E bacio ecc. (i).

Le II, Bonvisi transmet à Cybo quatre lettres ; dans la première il écrit, que bien de raisons Pont persuadé de différer de se rendre à Passau afin de ne pas s'exposer à de nouveaux dangers après celui de rester assiégé à Vienne, et l'autre de tomber deux fois entre les mains des Tartares. « Je sais par expérience, écrit-il, que la Cour ne pense qu'à elle et abandonne les autres sans leur donner aucun moyen de fuir ; mais -si Vienne tombe le même sort est réservé à Passau et la Cour n'a pas licencié les cochers, qui restent toujours prêts ; moi, étant un étranger, connaissant peu ces contrées, je resterais donc en panne, sans souci de la part des ministres (2). A la suite de quelques lignes de l'empereur, j'ai résolu

(i) Et le même jour, il lui mande qu'il doit ajouter à ce qu'il a écrit en clair, touchant la situation de l'Allemagne, d'ordre de S. S. que V. S. ait à relever que difficilement pourrait se présenter une occasion semblable pour acquérir de la gloire auprès de Dieu et du monde, adhérant aux justes requêtes de S. S.

(2) Dans la quatrième, il répète ses doléances : j'aurais voulu, même au prix d'un discrédit, être mauvais prophète, mais Dieu a voulu me donner raison ; le parti qui était le plus puissant, épouvanté par un ministre, regardait plutôt le Rhin, et le Président de guerre laissait croire à César qu'il avait en main la paix avec les révoltés hongrois et, en conséquence, on diminuait les forces contre les turcs. Le bon empereur se flattait de pouvoir faire une guerre offensive alors que je lui disais clairement, que même la défensive lui était impossible du moment qu'on gardait tant de soldats sur le territoire de l'empire, et qu'on le trompait en lui faisant croire à 80,000 hommes. On a bien vu plus tard la fraude et l'inertie de ces colonels; je disais de mettre tout en sûreté : la personne de César et les effets les plus précieux, on me répondait que j'étais trop craintif, et ceux qui se croyaient les plus hardis se sont enfuis les premiers ; deux fois la personne de César fut en danger et à Vienne sont restés les objets les plus précieux. V. Em. sait combien j'ai déploré qu'on n'aidât pas l'empereur pour la contribution des 500,000 fl. ; mais je n'étais entendu par personne. Je suis épouvanté toujours plus, voyant que la volonté divine a dû décréter l'extermination finale de ce pays, comme l'a préconisé le P. Marco d'Aviano, disant que si l'empereur ne remédiait pas aux injustices et ne corrigeait pas les vices,

d'aventurer ma vie et le peu d'effets qui me restent afin qu'on ne dise plus de mal de moi ; quoique je prévois que mes conseils n'auront pas de succès et qu'on retombera dans les mêmes erreurs. Je crois qu'ils ne marchent pas dans un bon chemin, et tout cela parce que Lorraine, par émulation du roi de Pologne, veut se tenir dans des localités où celui-ci ne peut pas se faire honneur. J'ai, par conséquent, écrit au majordome majeur que l'on fasse connaître au roi la localité où Lorraine est arrivé, afin que S. M. n'ait pas à se plaindre d'avoir été entraînée parmi les bois et les montagnes. Je doute que mon conseil soit suivi car à la Cour tout est en désordre ; on attribue ce qui arrive à l'évêque de Vienne, au majordome et au marquis de Baden, président de guerre ; ils auraient écouté l'ambassadeur d'Espagne qui tâchait de tout attirer à la défense des Etats de son roi, persuadant de laisser traîner les affaires de Hongrie ; tout le monde se plaint et on est réduit à la misère et à la pauvreté. Il me sera difficile de naviguer à la Cour : parlant avec franchise à César, ou usant de la froideur je mécontenterais tout le monde, et par conséquent j'attendrai les instructions de V. Em. à laquelle je recommande ma situation. » Dans la seconde, il défend Pallavicini

la perte ne serait qu'une punition légère, car Vienne sera perdue. Tout le monde espère que N. S. sera un nouveau Tinée (a) qui implorera la miséricorde de Dieu et fera cesser tant de maux. Ce sont les communications de V. Em. touchant la nomination du nonce à Venise, et la provision des églises de cette République qui augmentent ma confiance ; N. S. par ses démarches paternelles pourra induire ce Sénat prudent à réfléchir, que si Vienne est perdue, on perdrait Gratz et les Turcs pourraient pénétrer dans leFrioul ; la ligue avec l'empereur est donc nécessaire pour maintenir la Styrie, et celle avec les autres princes par la voie de mer à laquelle pourraient contribuer le prince du Portugal et le roi d'Espagne, supposant que le très-chrétien ne cause pas des ennuis.

(a) Sans doute, ici, Bonvisi fait allusion à Thinees, fils d'Eleazar dont parle l'Ecclésiaste (ch. 45, vers, 28-31) qui dit : Thinees est le troisième en tant de gloire imitateur d'Aaron dans la crainte du Seigneur; et rejetant toujours parmi l'ignominie de la nation, avec la bonté et les mouvements de son cœur il réussit à apaiser Dieu en faveur d'Israël. Pour cela Dieu fit avec lui un accord de paix, le rendant prince des choses saintes et de son peuple...

VIENNE ASSIEGEE. 71I

comme excellent prélat, même s'il a hésité à verser l'argent. Et, dans la troisième, il transmet à Cybo la copie d'une lettre de Ranuzzi, écrite le 8, de Paris, dans laquelle le nonce écrit : « que quoique n'étant pas encore en public, il a travaillé à dissiper les jalousies attisées par le concentrement des troupes du très-chrétien le long du Rhin ; qu'il n'a pas réussi à savoir si à Paris on agit ainsi dans la conviction que César veut la guerre avec la France plus tard, et si en ce moment il est disposé, poussé par l'électeur de Bavière, à faire la paix avec les turcs et ne peut retirer les troupes des frontières pour défendre les princes d'Allemagne ses adhérents. Ainsi on fait espérer au nonce que si l'empereur signe la paix avec le roi, celui-ci est même disposé à le secourir ».

Le 13, Bonvisi écrit : « aussitôt arrivé à Passau (i) j'envoie

(i) Le 21, Cybo l'informe : N. S. a eu un grand plaisir reconnaissant et louant le grand zèle de V. Em., apprenant par l'agent de Neubourg que V. Em. s'est rendue à Passau près de S. M. Et, à la même date, il prévient S. Em. qu'en outre des envois annoncés le 7, avec l'ordinaire de ce jour, on lui a remis 50,000 écus comptant par la voie de Gênes et 100,000 fl, par Rezzonico, comme le lui écrira lacobelli. Tout cet argent est à décompte des 500,000 fl. promis dernièrement à S. M. Et, le 28, il ajoute:

Ho esposte à N. S^e, come V. E. mi comanda, le angustie dell' animo suo per le tante agitazioni, nelle quali si trova ; e l'E. V. si assicuri, che il Cuor di S. B. verso di lei è veramente paterno, e che teneramente la compatisce di tanti travagli. Ma la S^à Sua crederebbe di far torto alla virtià singolare dell' E. V., et un gravissimo pregiudizio alla causa publica, se, per contribuire alla sua quietc lasciasse di confortarla con benignissimo affetto à tollerar la présente sorte colla solita sua costanza per haver poi l'honore, la gloria, e'I merito d'haver servito utilmente non più a Cesare, che alla Sede Apostolica, alla Chiesa, et à Dio in si gravi, e rilevanti occorrenze. S. M. Cesarea ascolterà certo i consigli di V. E. d'ottimo grado, e questi, come prudentissimi, e accréditât! anche soverchio dalle passate sciagure, non potranno non esser in gran rispetto appresso tutti, i ministri. Inogni caso il savio, e libero zelo dell' E. V. incontrerà le lodi publiche, e le benedizioni di S. B. ; che fin da hora ne la cumula con intimi sensi di paterno amore; et io rassegnando à V.E. la mia singolare divozione, ecc. (a)

(a) Dans un avis de Passau, en date du 25, on lit:que les révoltés hongrois agissent comme des barbares désespérés ; n'observant pas les conditions ils ont brûlé Tirnavia et coupé en morceaux le peuple. Samedi il y a eu un ieûne général au pain et à l'eau pour la conservation de Vienne.

un résumé des nouvelles : On n'en reçoit plus de Vienne depuis le 21 juillet ; quelques Turcs déserteurs disent qu'on aurait tenté de faire sauter un autre fort, mais avec de grandes pertes ; Lorraine ayant appris que les révoltés s'étaient avancés pour incendier des villages, a envoyé 6oopolonais, qui croyaient n'avoir à faire qu'à 800 adversaires, mais trouvèrent que les révoltés étaient 4000. Ils les attaquèrent, en en tuant 300 ; c'est le deuxième fait des Polonais, et il est très commenté ; à présent il faut savoir si Vienne peut tenir encore quelques semaines. Le roi de Pologne marche à son secours mais est-ce avec les forces qu'on dit ? L'électeur de Saxe vient avec 9000 des siens ; on négocie avec Brandebourg mais il n'arrivera pas à temps, et on attend Valdeck avec 12,000 de la Franconie ; on se sert de chameaux et de mulets pour les transports. On dit qu'un paysan a réussi à entrer à Vienne pour leur dire que vers le 20 arriveront les secours, et que de la Tour de la Cathédrale on avait fait signe d'avoir reçu l'avis ; l'armée qui tentera le secours sera de 75.000 hommes... On voudrait que l'empereur aille à l'armée. Et, le 15, il ajoute que S. M. a été bien contente d'apprendre que S. S. a fait expédier en Pologne 100.000 fl. de b. m. ; la présence du roi est nécessaire d'abord par sa haute valeur, ensuite parce qu'il y a bon nombre de princes électeurs qui n'acceptent pas de rester sous Lorraine. « L'ambassadeur d'Espagne et d'autres personnages conseillent à S. M. d'y aller, mais j'y suis contraire ne trouvant pas que ce serait de sa dignité, car on voudrait qu'elle restât à deux lieues de la bataille ; toutefois je crains que les ministres ne finissent parla persuader, parce qu'ainsi ils espèrent donner des ordres et tout embrouiller ; la dépense aussi serait très-forte parce que l'empereur devrait faire des cadeaux à tous les princes. On a dit que l'impératrice voudrait avoir auprès d'elle son père et sa mère ; je m'y suis opposé car ce seraient des dépenses inutiles ; je ne veux pas charger ma conscience en donnant en gage les joyaux de l'Eglise » (i). Et il répond à Cybo que «S. Em. doit' savoir par

(i) Dans la Gazette de Paris, en date du 14, il y a de Rome ; que le pape n'est pas intervenu à la procession, à cause d'une attaque de goutte...

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