VIENNE EN MAUVAISE SITUATION
mière il annonce : Quoique la poste de S. Em. soit arrivée dans la nuit, il se rendit chez l'empereur, qui, étant rentré dans ses chambres, a tout de même voulu le recevoir et se montra trèstouché de la grande générosité de S. S. « Il me remercia, écrit-il, avec tant d'émotion que les larmes lui coulaient des yeux ; et d'autant plus qu'il était affligé de la nouvelle apportée par un cavalier que les Turcs autour de Vienne travaillent sous terre ; S. M. m'avoua que dans la place il n'y avait pas assez de poudre... on dit que Lorraine a expédié des courriers au roi de Pologne et à l'électeur de Saxe pour qu'ils accélèrent leur marche ». Dans la seconde, il informe que Staremberg a écrit au duc de Lorraine où, après avoir remercié Dieu qu'enfin le duc ait pu recevoir ses lettres, il l'assure que jamais il ne cédera la place qu'avec la dernière goutte de son sang ; mais je supplie, lui écrit-il, aussi V. A. de hâter les secours autant qu'il est possible car une vigoureuse résistance comme celle-ci ne se fait qu'avec perte de monde ; outre que les officiers manquent aussi et les munitions de guerre commencent à se consommer, malgré la dihgenceque l'on fait à y porter remède. Du reste, nos gens n'ont point peur des Turcs qui sont faciles à battre quand on les attaque vigoureusement, et grâce à Dieu 30 ou 40 de nos hommes ont toujours battu et délogé partout plus de 100 Turcs. Le baron dit aussi qu'un prison-
humanité du très-chrétien, mais que même sans rupture les jalousies qui tiennent occupés les princes suffisent ; et j'ai cité l'exemple de Brandebourg qui, quoique se plaignant de l'empereur pour avoir été laissé seul à faire la paix, toutefois se disposait à envoyer à présent un contingent ; mais de 5000 h. tandis qu'il devait en donner 15,000 s'il y avait eu un accord avec la France ; et j'ai ajouté que la France ne demande à l'empereur rien des états patrimoniaux dont César peut disposer à son gré, mais des parties de l'empire et alorsle consentement de la pluralité des voix de la Diète est nécessaire ; est-ce en ce moment, devant tant de dangers, qu'on peut négocier des sujets aussi graves ? Toutefois j'ai conclu que je parlais pour mon compte comme ecclésiastique et ministre de S. S. L'envoyé excusa l'occupation d'Argentina, disant que les citoyens avaient voulu se donner au roi, et sur cela j'ai répondu : un membre de lîempire peut-il se détacher sans le consentement des autres ? J'ai laissé le ministre bien pensif, mais j'ai répété que j'avais parlé pour mon compte ».
nier janissaire a avoué qu'ils ont perdu plus de ii,ooo hommes, bien des officiers et deux pachas, celui de Mésopotamie et d'Albanie ; qu'ils manquent de fourrages et attendent un convoi de munitions de Bude ; il serait nécessaire de l'arrêter en chemin (i).
Le 19, Pallavicini informe Cybo,que se trouve ici de passage l'archevêque de Maxivan, dominicain, en voyage pour la Perse ; il le connaît beaucoup ayant employé ses services durant la nonciature en Toscane. «J'ai écrit à Bonvisi, que ce religieux étant allemand pourrait bien travailler en Perse, comme va l'en charger le roi, pour que ce royaume aussi fasse la guerre aux Turcs. Le cardinal a fait agréer mon conseil et vient d'arriver de Vienne un extraordinaire qui charge le prélat de cette mission ; et d'accord avec le césarien je lui ai donné des instructions et il est déjà parti pour continuer sa route. Le résumé des instructions est : mettre en relief la perfidie des Turcs, la constitution de la ligue, les secours des princes chrétiens à l'empereur et l'opportunité que les TurCs soient attaqués de différents côtés. Il serait bon que les Moscovites les attaquent aussi, mais cela ne peut avoir lieu qu'après la conclusion de la paix perpétuelle, avec l'aide de César par son envoyé. > L'archevêque est porteur aussi du bref pontifical, et il dira que cette ligue est promue par le pape qui a toute autorité sur les princes chrétiens. . Et, le même jour, il ajoute : que Brandebourg a écrit une belle lettre au roi, où il dit que considérant le sacrifice que fait S. M. pour sauver l'empereur, conduisant avec lui la fleur de la nation polonaise,
(i) Le 4 septembre, Cybo lui répond : « la conversation de V. S. avec l'ambassadeur de France a été conforme aux sentiments de S. S., qui ne vise à autre chose que de rendre toujours plus sûr le repos de la chrétienté et abaisser l'orgueil des adversaires qui veulent la détruire ; le pape se complaît de se voir secondé par le zèle de ses ministres. Il espère que par les démarches du nonce à Paris le très-chrétien ne s'opposera pas à ses sentiments et sera content de voir mettre un frein à la hardiesse des barbares, féroces adversaires du nom chrétien. S. M. voudra aussi avoir le mérite d'y contribuer en détruisant au moins les jalousies entre les princes catholiques, afin qu'ils puissent librement concourir à la défense de la chrétienté ».