‹ Innocent XIChapitre 300 sur 430 · DETAILS SUR LE SÉJOUR DU ROI A VIENNE · texte numérisé non relu

DETAILS SUR LE SÉJOUR DU ROI A VIENNE

reine. Le français (i) trouva S. M. à l'église et en prières devant le Crucifix ; elle fit demander aussitôt le nonce et révêque étant arrivé on chanta de suite le Te Deum ; l'église

(i) L'ingénieur français, était Philippe Dupont, attaché au roi comme chef de l'artillerie. Dans ses mémoires qui ont été publiés par Mr J. Janicki en 1885 à Varsovie. Mr Dupont, dans sa préface, écrit : « Après avoir servi pendant trente trois années le feu roi de Pologne, Jean Sobiescki, troisième du nom, dans sa Cour et dans ses armées, et me voyant parvenu à un âge fort avancé, j'ai la douleur de ne voir rien paraître en aucune langue sur la vie et les grandes actions de ce prince.... Le silence qu'on a gardé sur la vie de ce grand roi m'engage, avant de mourir, à laisser par écrit, malgré mon incapacité, quelques mots de ses faits militaires »... Voici comment Mr Dupont .raconte sa mission auprès de la reine, pour lui annoncer de la part du roi la délivrance de Vienne : « Ayant demandé au roi ses ordres pour Cracovie * vous direz à la reine, dit-il, que l'état où je me trouve et le lieu où je suis ne me permettent point de lui écrire, vous ajouterez que je la prie de se souvenir, que celui dépêché du camp de Cotchim, ne lui rendit point de lettre de ma part, il lui présenta seulement un petit étui d'un ouvrage exquis du butin des ennemis, preuve de leur défaite, n'ayant rien maintenant autre chose, vous lui présenterez cet étrier, qu'on assure avoir servi à celui (le gr. Vizir) qui a fait tant d'efforts inutiles pour se rendre maître de Vienne ». Et plus bas M^ Dupont raconte que le roi rentré à Vienne : « la cathédrale, dont on avait fait un hôpital, étant remplie de blessés et malades il dut descendre aux Augustins où le clergé et le peupile chantèrent le Te Deum, après avoir entendu la messe. Le roi, ayant observé que le croissant marque du premier siège était encore à la pointe du clocher de la cathédrale, qui est une des plus belles du monde, pria le duc de Lorraine de lui donner la satisfaction de le voir ôter avant qu'il sortît de la ville. Ensuite il fut dîner chez le comte de Staremberg où la compagnie fut très-nombreuse. Avant la fin de ce repas, le roi eut le plaisir de voir renverser par terre cet indigne croissant qui fut foulé par le peuple ». (Il y a des chroniqueurs qui ont écrit qu'un boulanger viennois a voulu perpétuer le fait de ce croissant, inventant à cette occasion le petit pain qui a encore cette forme). M^" Dupont donne aussi la liste des princes assemblés sous les ordres du roi de Pologne pour le secours de Vienne le 12 septembre 1683 : le duc de Lorraine généralissime ; les princes Hermann de Baden, de Saxe Lanemburg, Louis de Haden, trois Neubourg, deux de Hanovre, deux d'Anhalt,deuxde Saxe-Gôtha,deux du Wurtemburg, deux Croj, dont un fut tué, de Salm, de Hesse-Cassel, le chevalier de Savoye qui, ayant été tué, fut remplacé au commandement de ses troupes par le prince Eugène qui

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était remplie de peuple qui pleurait en glorifiant Dieu. Dimanche ou chantera la messe et lundi il y en aura une pour les morts en guerre. Parmi ceux-ci il. y a plusieurs hussards nobles et le trésorier de la Cour, personnage de grande valeur....

devint généràf fameux, les princes de Saxe-Eizenach de Holstein et le prince chevalier Lubomirski, polonais à la solde de l'empereur. Il y avait en outre comme généraux des contingents de leurs troupes nationales : l'électeur de Bavière et celui de Saxe. Le roi de Pologne avait avec lui : le prince Jacques son aîné, le prince de Courlande et celui de Wisniowiecki.

Le P. F. Wagner résume les faits de cette journée...

Patratam victoriam pulchrius modestiae certamen excepit. Duces singuli ad Regem gratulabundi affluunt : eius felicitatem diei, uni ascribunt. Ille humaniter : minimum laudis ad se pertinere ; Electorum auxiliis, Lotharingi Ducis sapienti consilio partem deberi maximam. Non eadem secutis postea scriptoribus fuit aequitas Horum permulti ad suam gentem pertrahunt omnia ; caeteras aut silent, aut velut umbras, ac spectatores inutiles describunt. Quasi nisi obsciiratis alienis laudibus, parum splendide de suis locuti viderentur. Quantum cuivisgloriae imputare velis, ex iis, quae verissime commemoravi, arbitraberis Lector. Certe singulos afficio egregie functos exploratum est. Postridie ad praedam se miles convertit. Poloniae Régi Vezirii papilio cessit ; unaque praegrande Mahometis vexillum ; equi fatalis cauda ; sanctius sigillum ; diurni Vezirii commentarii, de militum numéro, Ungarorum foeda conjurationc, rébus in dies gestis conscripti ; nummorum aureorum duo milliones ; Asprorum (minuti sed probi argenti moneta est) sacci permulti ; pretiosarum vestium, pellium, equorum vis ingens. Princeps vexillum Innocentio Pontifici ab Rege dono transmissum, hodieque ad Divi Pétri pro anathemate visitur. Gregario Polono ad direptionem non minus quam ad pugnam impigro, spoliorlim plurimum cessit, ut adeo, praeter làudem, ingens itineris sui emolumentum coeperint. Direpta insuper vigintiquinque, seu, quod allii scripsere, centum papilionum millia. varia supellectile instructa ; equi innumeri ; camelorum quina, dena Coccum millia ; frumenti, orizi, ac leguminum,quae Caffé' vocitant, vis tanta, ut inde barbarus hic potus [populus ?] velut civitate donatus, per Austriam, Germaniam, reliquam Europam invalesceret. Tormenta variae formae trecenta, rerum ad bellum pertinentium, quam credi possit, maior apparatus, in publica armamentaria relatus. Ut ne defensionis rerumque pars magna, suae praedae vacaret ; orbos infantes prope quingentos totis castris ipse conquisivit et paterna denique charitate, curis, impendiis rite educandos suscepit. Polonias Rex Ducum corona stipatus per ipsas ruina^ urbem subire voluit.

Wagner Franciscus — Historia Leopoldi magni Caesaris Augusti — Augustae Vindel. Ad. A. C. MDCLXXXVI (Biblioteca Casanatense. Roma.)

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