REJOUISSANCES A VENISE
Plus de lo.ooo lithuaniens sont arrivés ; et on écrit au roi pour savoir quelle direction ils doivent prendre... L'ex-gr. trésorier a quitté Varsovie pour Dantzig et il paraît qu'il ne reviendra plus. Dans un post-scriptum du i8, il ajoute que après que le roi a délivré Vienne est arrivé un chiffre d'Abaffi dont on est anxieux de savoir le contenu, car ce prince a été obligé de suivre les Turcs... Après la bataille le roi a écrit à Tokôli, de bien se garder de porter offense à César ou à ses dépendants, le menaçant de le perdre... On répète deux phrases du roi : à l'ingénieur qui lui demandait où il pourrait le retrouver à son retour de Cracovie, il répondit : où se trouve l'ennemi ; et au général champêtre du royaume qui disait qu'après le passage du Danube on ne saurait pas trouver de victuailles, il répondit : ne craignez rien car nous les prendrons aux Turcs.
Le i8, Jacobelli écrit à Cybo :
La Staffetta, che porto hieri sera Tawiso del soccorso di Vienna, e délia sconfitta,e fuga del Turco, causô nella città un giubilo si grande, che per tutta la notte si sono fatti fuochi d'allegrezza concorrendo tutti indistintamente a portare nelle strade botti, barili, e casse per farle ardere, e si è inteso universalmente un Viva, et acclamationi verso la persona di Sua Santità, delllmperatore, e del Re di Polonia ; Ne diedero anco un publico segno tutte le chiese délia città suonando le campane ad essempio di quella di S. Marco, e poi vi fu uno sparo dé cannoni délie fuste, vascelli et altre barche, che sono in queste lagune.
Questa mattina poi oltre un segno publico di tutti i botteghari, e mercanli, che hanno ritenute le botteghe serrate colla Inscrittione di fuori : per la Vittoria dèchristiani : tutti li Senatori ancora ne hanno dimostrato vicendevolmente il contento congratulandosi publicamente l'uno con l'altro, et anco senza riguardo alcuno l'hanno voluto far meco più senatori principali, dicendomi, tutto questo bene lo dobbiamo riconoscere dal gran zelo, applicatione, e generosilà di Sua Santità, perche senza la sua assistenza, e senza si grandi soccorsi dati, non si sarebbero potuto fare le leghe, né sovv^nire l'essercito sino all'arrivo de Polacchi, e ne hanno date a vS. S. ben meritate beneditioni. 11 Sig. Nicolo Cornaro piangendo diceva : dobbiamo tutti pregar Dio per la lunga vita del Papa, perché si deve baver speranza, che Iddio per la sua bontà e zelo ci farà vedere progressi maggiori contro il Turco,
Mi prendo l'ardire di trasmettere a V. E. un Almanacco quale nella lunatione di questo quarto pare che predica chiaramente il felice succeso, e nelle susseguenti aperto dice ; precipitis aU'Imperio Ottomano.
Seguita anche questa sera la città a fare gran festa con suoni di campane e fuochi ; facendo il simile Murano, quale arde quasi tutto (i).
Le 21, Cybo écrit à Ranuzzi :
Per via di Venetia si è havuto quà l'avviso délia libération di Vienna, et ancorche habbia la sua origine assai sicura ; mentre esce da una speditione fatta in Ispruch dal Duca di Lorena alla Regina sua moglie, se ne attende nondimeno la confermatione. Frà tanto N. S^*^ vuole, che V. S. Ill"^» con la prudenza, e desterità sua solita non tralasci di rinovare opportunamente gli offici appresso del Rè Xpmo, accio non potendosi nelle urgenze presenti venire ad un Trattato, ne spedirsi da esso con quella prontezza, che richiede il bisogno, voglia S. M^à in considerazione dell'amor grande, che professa alla Religione, et al ben publico, e délia paterna premura di S. S^^ sospendere le sue imprese, e liberar dalle gelosie l'Imp^^ e gli altri principi Christiani per dar luogo à detto Trattato. Tanto più, che il Sig"" Cardinal Buonvisi scrive quà havergli l'Imp'"^ detto chiaramente che la sua intenzione non era di molestare con le armi S. M^à Xpma, ma solamente di difendersi in càso, che l'Imperio fusse attaccato (2).
(i) Et, lé même jour, il répond qu'ayant manifesté à Lando et à Giustiniani l'affection paternelle de S. S. envers eux, ils lui ont fait dire de supplier N. S. de vouloir accueillir les sentiments de leur vénération ; mais le Procureur Grimani et Nie Cornaro ont dit qu'il est nécessaire que S. S. encourage une bonne ligue contre les Turcs,d'autant plus que le Sénat attendait la réussite de Vienne qui a été aussi heureuse ; et Grimani ajouta qu'il faut la conclure surtout pour l'Italie, afin d'empêcher qu'un attentat quelconque ici ne soit cause de malheurs plus grands ; mais toute ligue ne durera pas si le pape n'en est pas le chef.
(2) Et, à la même date, il ajoute :
Mi scrive ultimamcnte il Sigr Cardinal Buonvisi, che V. S. Illma gli haveva significati i suoi primi ufficij passati col Rè per disporlo ad aiutarc la causa publica, e le risposte, che ne haveva riportate da S. M. senza l'efîetto desiderato, e che S. E. non haveva lasciato di rappresentare ail' Impi'e l'opéra zelante, che V. S. Illma haveva cominciato ad impiegare per conseguiretal'intento si vivamente raccomandatole dalla Santità di N.Sre aggiungendomi l'E. S. che vedendo mandarsi in Ratisbona il Conte di Vindisgratz ne pur havea mancato di pregar l'Imp'^e a dargli le più piacevoli istruzioni. Rispose à ciô S. M. ben sapersi quanto il suo genio fosse alieno
PLAINTES DE BONVISI. > 757
A la mêaie date, Bonvisi écrit à Cybo : « Aussitôt que l'empereur sera rentré je lui donnerai l'avis de la nouvelle remise de 100,000 écus que N, S. a ordonné qu'on fît par comptant voie Gênés, ajoutant que le pape désire qu'on en donne une partie au roi de Pologne, laissant cela à l'arbitre de César ; et la raison voudrait qu'il s'en contentât afin de ne pas mettre la discorde entre les deux nations, pour la différence des secours ; si ici il y avait grand besoin, on risque qu'on se plaigne de n'avoir pas eu les 100.000 promis par le Portugal ; selon mon avis il est préférable que les Polonais soient satisfaits et qu'on ne jouisse pas de ces 100.000 fl. Il me faut du reste procéder avec grande précaution, car, lorsque j'ai conseillé les satisfactions au roi de Pologne, certains m'ont reproché d'être plus polonais qu'autrichien ; et c'est peut-être pour cela qu'on intrigua pour que je ne suivisse pas l'empereur comme je le désirais. Toutefois j'irai saluer le roiau cas où j'apprendrais qu'il y a schisme parmi les armées, car je ne pourrais pas négocier directement avec les ducs et les électeurs ; je tâcherai de m 'arranger quoique le roi soit adroit et marche au positif,tellement que les autres éprouvent déjà pour lui une grande vénération, et je lui ai expédié mon gentilhomme. Je ne doute pas des intentions de l'empereur qui est tout disposé à satisfaire le roi ; mais ce sont les ministres qui voudraient tout pour eux-mêmes et font croire à S. M. que les Polonais ont eu presque tout le butin et demandent d'encaisser encore le produit des dîmes, exigence qui ne concorde pas avec les conditions de la ligue ; il faut aussi agir avec prudence pour ce qui touche la répartition des subsides afin de ne pas compliquer les questions. Il y a tou-
dalla guerra, e che con Vienna in pericolo, e coH'Austria abbrugiata, ne pur era capace di pensarvi ; che niuna lega offensiva haveva fatta contro la Francia, ma solo difensiva, e che hà sempre desiderato, e desidera di conserv^rsi in fraterna amicizia col Rè Xpmo. N. S. ha voluto che io ciô communichi à V. S. Ill^a rimettendomi à quel più ch'ella distintamente havrà saputo dal medesimo S^ Cardinale, accioch'ella possa utilemente valersene nelle occasioni pcr persuadere al Rè le buone intenzioni dell'Impre in ordine all'intento promosso dall'apostolico zelo di S. B. ecc.
jours à craindre des imprudences de ces ministres, qui se plaignent de ce que le roi a fait chanter le Te Deum avant que cette cérémonie fut accomplie par l'empereur, quoique le roi n'y ait assisté qu'en privé ; mais il y a des cerveaux extravagants, et l'empereur se laisse conduire quoiqu'il laisse voir d'apprécier mes conseils ; V. Em. verra par la lettre comment on le détourne et elle verra aussi par la feuille à part que la présence de l'empereur a empêché le progrès de la victoire par les grandes formalités qu'on a dû faire ; les Turcs sont partis battus mais non défaits ; on n'a même pas obtenu le résultat qu'on espérait de la révolte des princes de Transylvanie, Moldavie et Valachie,car ceux-ci voyant que les Turcs restaient puissants, n'ont pas osé se révolter. Je voudrais savoir de ceux qui s'opposèrent à mon conseil, sous le prétexte que l'empereur devait aussi prendre part à la gloire, de quelle manière cette participation aurait pu avoir lieu ; s'étant battu et l'empereur assistant au Te Deum... V. Em. ne doit pas croire que je réussirai à vaincre l'obstination de ces messieurs, toutefois je travaillerai afin que l'argent pontifical soit bien employé ; déjà le Président de la Chambre m'en donne l'assurance, et je prêche pour qu'on procède de même pour celui de l'empereur afin qu'il ne soit pas dépensé en frais inutiles... J'avais écrit au card. Delfino élu d'Aquileja touchant les subsides de Venise, que le moment était arrivé pour l'entrée de la République dans la ligue afin de récupérer les îles perdues, et S. Em. m'a répondu que le Sénat était bien disposé, mais que les Trésors étaient épuisés et qu'on ne pouvait rien décider avant d'être fixé sur Vienne ; toutefois à présent je lui ai écrit encore que si les finances ne suffisaient pas, la République étant seule, après deux victoires et avec les Turcs affaiblis ne sont plus nécessaires de grandes sommes; que Candie est restée sans préside, et que dans la même situation se trouvaient les autres îles car tous les efforts des Turcs sont tournés vers la Hongriç. Mais les Vénitiens sont tourmentés par les jalousies des Français ; ils