‹ Innocent XIChapitre 304 sur 430 · FÊTES A ROME · texte numérisé non relu

FÊTES A ROME

Le 2 octobre, Cybo mande une circulaire aux nonces afin qu'ils info'rment les Cours que le roi de Pologne a envoyé son secrétaire à Rome (i) pour annoncer au pape la victoire concédée aux armées chrétiennes, et que le roi s'étant rendu maître du principal étendard qui se trouvait dans le pavillon du gr. Vizir, il en fera cadeau à S. S. Et, dans un postscriptum, il ajoute que l'étendard sera présenté au pape dans la Chapelle prochaine, parle secrétaire qui l'a apporté et par l'abbé Denoff envoyé de Pologne (2).

Le 3, Pallavicini informe que le roi lui a écrit, se plaignant de ce que son armée a souffert de la faim ; la cavalerie fut spécialement éprouvée pour n'avoir pas de fourrages pour les chevaux, tandis qu'on aurait pu en faire des provisions par le Danube ; S. M. en a écrit aussi à Bonvisi et au card. Protecteur afin que N. S. le sache. « J'en ai averti Bonvisi, tâchant de persuader le roi à prendre en considération la grande Qon-

(i) Et, dans une lettre du 9, il écrit qu'on a fait cadeau de 50 doubles au courrier qui vint de Vienne.

(2) Dans la gazette de Paris du 5 octobre, on lit que le 27 sept,, à Rome, on a célébré dans toutes les églises une messe à la mémoire des morts à la défense de Vienne ; le 29, le pape avec le Trirègne tint chapelle pour recevoir le grand étendard des Turcs, envoyé du roi de Pologne. M"" Talenti l'a présenté au pape au milieu de la messe, amené par l'abbé Denoff envoyé de Pologne, qui prononça un discours en latin, à la lin de la Messe on a chanté le Te Deum au son de toutes les cloches de la ville. L'étendard est de brocarat d'or à fond rouge avec vert et or ; sur l'étendard il y a des paroles du Coran ; il a été consigné au marquis Nasi, Gonfalonier de l'Eglise, et il doit être exposé dans l'église de St Pierre. Le pape a fait distribuer beaucoup d'aumônes aux pauvres, et le 25 d^ il avait envoyé à l'empereur 80,000 écus en eu promettant d'autres si les chrétiens attaquaient quelque place turque. Et, le 28, on lit que dès le 20 était arrivé un courrier de Florence avec la nouvelle de la délivrance de Vienne, mais le 22 arrivèrent d'eux courriers, un de Bonvisi et l'autre du card. Acciajoli, légat à Ferrare ; ils sont allés chez le pape qui s'est mis à genoux pleurant devant le Crucifix; le lendemam est arrivé Talenti de Varsovie qui resta avec le pape deux heures... Les cardinaux Pio et Barberini ont donné des réceptions et fait beaucoup d'aumônes.

fusion du moment ». Les Lithuaniens ont reçu l'ordre de partir pour la Hongrie et de rejoindre l'armée, mettant les canipements dans des localités occupées par les révoltés (i).

Le 5, Bonvisi transmet quatre lettres à Cybo. Dans la première, il annonce que, pour se libérer des censures des médisants, il a renoncé à rédiger ses feuilles publiques (2) en les réservant seulement pour S. Em. « Nous avons, écrit-il, le majordome en fin de vie ; c'est le bras droit de l'évêque de Vienne et ce prélat m'a dit que, s'il le perdait, il voulait se retirer parce qu'il ne pourrait plus résister à ses adversaires ; je crois qu'il ne le fera pas ; mais il est certain que Zizindorff était très-habile et difficilement on pourra le remplacer ; du reste il présageait sa fin prochaine et s'opposa à la visite à Vienne de l'empereur, prévoyant le mal qu'elle aurait produit, toutefois il n'y a pas eu de désagréments avec le Polonais, car on s'est rencontré à la campagne comme on l'a fait aux Pyrénées ». Parla seconde il informe : que l'empereur est disposé à laisser la moitié des 100.000 écus au roi de Pologne ; « mais S. M. m'a dit aussi qu'elle n'avait encore reçu aucune décision touchant les propositions françaises... J'ai mandé à Jacobelli d'avertir Lelio Paravicini qu'il ne doit pas insister pour envoyer en comptant, mais qu'il tâche de faire des remises par lettres car les trésoriers sont embarrassés pour échanger des doubles ». Et, dans la troisième, il annonce que l'empereur au sujet des princes, lui dit : que la France refuse totalement le traité général mais en veut des particuliers pour dissoudre les ligues et opprimer chacun séparément. César ne peut y

(i) Et, le 10, il ajoute qu'ils ont délivré le château d'Arava, qui tout en étant propriété héréditaire de Tokoli avait une garnison impériale, il était assiégé par les révoltés qui furent coupés en morceaux... On dit que le roi a écrit à Tokoli avec le chiffre dont celui-ci se servait avec Laverne, qui habite Dantzig, de manière que le rebelle aura vu que toutes ses intrigues ont été découvertes... L'ex-gr. Trésorier voulait que son fils le rejoignit à Dantzig et emportât les choses plus précieuses, mais tout a-'été séquestré.

(2) Le 23, Cybo approuve sa décision ; « ce sera, écrit-il, le seul moyen d'enlever l'occasion aux critiques de peser le contenu et la qualité des nouvelles, d'autant plus qu'on les voyait circuler partout à Rome ».

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