A QUOI ON DEVRAIT EMPLOYER LES CROATES
consentir, et ce n'est pas en son pouvoir de forcer les princes de l'Allemagne à se séparer; S. M. a toutefois confiance en l'aide de Dieu, quoiqu'elle voit le préjudice que lui occasionnent les mouvements des Français, car déjà les troupes de la Bavière, Franconie et Souabe ont fait demande de rentrer chez elles. Et, aussi par la quatrième, il assure que le voyage à Ratisbonne paraît abandonné ; c'est plutôt à Prague qu'on voudrait aller ; mais il y a de l'opposition par la nécessité de veiller aux affaires à Vienne et en Autriche ; si Bohème triomphe je partirai aussi ». (i)
Le 6, Cybo l'informe qu'en remettant les 25.000 fl. au Ban de Croatie, N. S. a beaucoup loué la foi et les vertus dont celui-ci a fait preuve dans les dangers actuels ; et il a été d'avis de faire dire à l'ambassadeur césarien à Venise qu'il aurait été utile que le Ban tentât avec les siens de prendre Canissa,dont du fait de la consternation qui aura saisi l'empire ottoman à la suite de la défaite de Vienne, l'entreprise serait facile, aussi parce qu'à présent sont secs les marécages qui entourent cette ville. La proposition n'a pas déplu à l'ambassadeur, mais il répondit que le Ban ne pourrait rien faire sans la permission impériale et sans quelque corps d'infanterie ; mais que toutefois il en écrirait à Vienne ; et Cybo engage S. Em. à insinuer ce projet à S. M. (2).
(i) Et, à la même date, il informe avoir participé à l'empereur : que Jacobelli lui a écrit que S. S. a remis 25.000 fl. au Ban de Croatie ; que l'évêque de Bergame a envoyé une remise de 1200 et que Mgr d'Augusta a promis d'en remettre 5500 comme don spontané du diocèse, — quoiqu'on devait verser des contributions à l'électeur de Bavière et que quelques ecclésiastiques n'ont rien voulu donner. — « J'ai aussi rapporté à S. M. que le card. Mellini écrit avoir demandé que les riches populations des Indes envoient quelque chose ; et j'ai laissé à S. M. le billet d'Astorga dans lequel il avertit le nonce que le catholique a remis 120,000 pièces et 50,000 autres, et que en cela a eu grand mérite le Saint-Siège. L'empereur a dit qu'il voit combien il doit remercier de tout S. S. »,
(2) Le 2 novembre, Bonvisi lui répond que S. M. loue l'idée de tenter l'occupation de Canissa, lorsque les circonstances le permettront, mais qu'elle ajouta que déjà deux fois on a tenté cette entreprise, et qu'il faut faire bien attention ; Montecuccoli dans la dernière guerre se montra con-
Le 9, Cybo (i) écrit à Bonvisi :
La Regina di Polonia si è lasciata intendere con quel Mons'" Nunzio di desiderar l'honore dello stocco per il Rè suo marito, e quello délia
traire. Du reste ce n'est pas une entreprise pour les Croates qui manquent d'infanterie. Ils ne forment pas une milice régulière mais indisciplinée (tumultuaria) et habituée aux incursions ; on ne pourrait non plus y envoyer des allemands, car les Turcs sont plutôt en fuite que détruits. Il est impossible, ajouta S. M., d'y faire camper du monde car les grandes pluies nondent tout; peut-être pourrait-on faire une tentative en hiver tirant profit de la glace, mais on court le danger qu'elle ne soit pas bien gelée et qu'on y perde tout, car sur la glace il faut faire des approches avec des fagots et ceux-ci dans les derniers sièges n'ont pas résisté aux coups de canon ; il est plus opportun de se valoir d'un grand nombre de sapeurs, mais ils entraînent à une forte dépense. S. M. reconnaissait que c'est, une entreprise importante et à présent on tâche de ne pas y laisser entrer de secours pour s'en valoir plus tard. On profite des Croates pour rompre les ponts et empêcher le passage aux Turcs qui pourraient bloquer les places hongroises. «Enfin l'empereur, tout en approuvant le projet du pape, dit que çs généraux visent Buda qui partage en deux la Hongrie et ferait tomber Neùhausel qui tient en respect l'Autriche, la Moravie et la Silésie et soutient le parti des révoltés... Je travaillerai pour le projet de N. S. mais avec prudence, afin qu'on ne prétende pas que cette entreprise se fait avec l'argent pontifical ».
P. S. Je n'ai pas la force, étant indisposé, de traduire la présente en chiffre. « Et, à la même date, il ajoute qu'à cause de son indisposition il devra retarder de répondre à Salzbourg touchant la restitution des 50,000 fl.; il s'attend à des plaintes parce qu'on voit diminuer toujours plus la somme des 100,000 écus qu'on attend. « Et à ce propos, écrit-il, Lelio Paravicini m'informe qu'une partie serait arrivée en or et une autre en argent, mais que celle-ci n'aurait pas été d'aussi bon poids que par le passé, parce qu'on ne trouve pas de doubles d'une meilleure qualité. Ici, en est si peu expert qu'on ne sait convertir cet or en ungheri, et on s'accorde avec les marchands d'Augusta, leur donnant les doubles à raison de 6 fl. et 2 quarantani pour retirer des ungheri calculés 3 fl. et 3g quarantani, espérant ainsi ne pas perdre. Il faut aussi tenir compte que, après les derniers désastres, l'écu romain est évalué seulement 117 et non 120 quarantani commo. avant l'évaluaient les marchands. Les secours de S. S. ne sont pas des prêts à intérêt et, s'agissant de change, il est nécessaire qu'on s'arrange aux situations actuelles ; il est certain que la pénurie d'argent eçt grande, et je ne vois pas comment on fera les recrues ».
(i) Le même jour, il l'engage à veiller à ce que l'argent du Siège apostolique soit dépensé pour l'armée, car S. S. serait bien affligée si elle appre-