‹ Innocent XIChapitre 308 sur 430 · ENCORE LE RAPPORT · texte numérisé non relu

ENCORE LE RAPPORT

Le 23, Pallavicini écrit à Cybo (i) : l'attention spéciale doit être dirigée à dissiper toute occasion d'amertume afin que la ligue s'établisse fortement ; si déjà on a ôté l'ombrage auquel avaient donné lieu le traitement de César et les plaintes pour le manqué de vivres aux soldats, toutefois on ne peut

puo senza hiperbole dirsi, che la parte sinistra del Danubio rosseggiasse del Sangue Turchesco il più bello dcU'Impero Ottomano, essendo in questa occasionc perita quasi tutta la militia Europea. Il numéro de' Prigioni non passa 1000, e ciô perché i nostri soldati irritati délie crudeltà usate da Turchi contro i nostri il giorno antécédente non hannc permesso il salvare la vita à maggior numéro, Fra detti prigionieri si sono trovati due Bassa l'uno di Silistria e l'altro d'Alep, altri sono stati uccisi, e sin hora non si sa se sia riuscito il salvarsi ad alcuno di quelli che sono stati presenti à questa attione, havendosi qualche rincontro, che due altri siano celati fra i Prigioni ne vogliono scoprirsi. La vittoria è stata per tutti i conti gloriosa et inticra. L'inimici del tutto disfatti, la Città et il forte preso, il Ponte rotto, il Campo saccheggiato, e venute in mano de' nostri tutte l'Insegne e bandiere nemichc. Per il gran numéro de' Cavalli tolti à Turchi la nostra fantena è divenuta Cavalleria. Finalmente fra li morti nel fîume e li uccisi nel Campo e sopra il Ponte si contano sopra 18,000 compresivi li 1000 Gianisseri trucidati nel forte. La diversità délie nationi che componevano questa Armata, rende la vittoria ancora più considerabile cssendovisi trovati presenti molti venuti dalle parti più remote dell'Imperio Ottomano e sin dalPArabia felice.

Un fatto cosî grande comminciô e fini nellc spatio di sole cinque hore comparando la présente vittoria con quella di Vienna questa puô dirsi la sanguinosa e quella la famosa e la grande. Già si è avvisato, come il Gran Visir incolpando il Kam de' Tartari che non havesse voluto combattere nella giornata di Vienna lo dépose e costitui altro in suo luogo, hor questo non pare niente più pronto del primo. Questo si trova accampato à Pest dirimpetto à Buda, con un corpo considerabile de' Tartari, et hà solo inviato^oo de suoi per esser presenti à quest ultimo fatto ; dal che il Rè hà preso occasionc di farli un complimento sopra la sua gran modestia e moderatione havendoli à questo fine rimandato un Tartaro di consideratione preso in quell'ultimo combattimento, et incaricatolo di fare al Kam à nome délia Maestà il complimento sudetto.

Terminata l'attione il Rè fece intonare in Barcan fra suoni di Trombe e Tamburi e sparo di moschetti e Cannone il Te Deum per ringratiare Iddio d'una si gloriosa vittoria, e nell'istesso tempo fece mettere il fuoco alla Moschea de' Turchi.

(i) A la même date, Cybo l'engage à avoir des nouvelles du nommé Luigi Marsili, bolonais.

dire qu'il en soit de même touchant la Hongrie. « La reine a toujours dans sa tête le projet, exposé dans mon chiffre du 26 d^ J'ai rédigé un mémorial mettant en relief les dangers qui menaceraient la maison royale etc.. et j'ai même réussi à le faire lire au roi qui m'a semblé n'être pas de l'avis de la reine. Mais je crains aussi un autre danger pour la ligue : il peut venir de la France car Béthunes veut venir ici comme particulier et pour féliciter le roi. Son arrivée fait redouter* ou des ordres secrets ou que le marquis veuille se faire valoir auprès du très-chrétien, travaillant contre la ligue ; et il peut occasionner bien du mal connaissant beaucoup de monde et le milieu polonais. J'en ai parlé avec un sénateur très influent, ami du roi et fauteur de la ligue ; nous nous sommes mis d'accord en rappelant les anciennes intrigues de Béthunes, touchant la succession quand il croyait au peu de vitalité du roi et nous convînmes aussi que S. M. devait le faire repartir de suite sous le prétexte que, à cause de ses anciens rapports avec les révoltés hongrois, il pourrait se faire que l'empereur en prit ombrage. Et, ce matin, le sénateur vint me voir pour m'informer qu'il en avait écrit longuement au roi, sans me nommer, mais concluant qu'il agissait pour le bien de S. M., de la patrie, de la chrétienté et dans le but de raffermir toujours plus la ligue » (i). Et, le lendemain, il lui déclare qu'à présent il est opportun que l'armée prenne ses quartiers d'hiver avec le roi dans des contrées ennemies ; le soldat polonais nuit plus à son pays que l'ennemi, car il pille tout. Il faut aussi dire qu'il est plus prudent que les soldats soient

(i) Et, le 31, il ajoute : « le gr. chancelier, homme sage, de bonnes intentions et qui a confiance en moi, m'a fait lire une lettre de Béthunes qui voudrait venir pour quinze jours dans l'espoir de réussir à rétablir l'ancienne confiance entre les deux Cours, car le très-chrétien montre plus que jamais son estime pour le roi ; et le marquis prie son beau-frère de faire agréer son arrivée à la reine. Le chancelier m'a dit, au contraire, qu'il n'en parlera pas parce que ce serait contre le bien public. On peut supposer que Béthunes a écrit dans le but d'obtenir la réponse qu'il ferait le bienvenu, mais cela n'a pas été écrit. Je travaille toujours pour faire abandonner à la reine son projet en Hongrie. »

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